Congrès au leadership du PLC - Michael Ignatieff fait élire près du tiers des délégués
Photo : Agence Reuters
Michael Ignatieff est celui qui a réussi à faire élire le plus grand nombre de délégués en fin de semaine, mais pas suffisamment pour lui garantir une victoire contre ses poursuivants Bob Rae, Stéphane Dion et Gerard Kennedy lors du congrès du Pa
Ottawa — Le prochain congrès à la direction du Parti libéral fédéral sera tout à l'opposé du précédent qui avait couronné Paul Martin: long, riche en tractations et imprévisible. Si Michael Ignatieff a réussi ce week-end à faire élire le plus grand nombre de délégués lui étant acquis, ceux-ci sont largement insuffisants pour lui garantir une victoire. Bob Rae, Stéphane Dion et le moins connu au Québec Gerard Kennedy arrivent à quasi-égalité en deuxième place. Les paris sont ouverts.
Les quelque 200 000 membres du Parti libéral du Canada ont participé de vendredi à hier au «super week-end» en élisant, à raison de 14 par circonscription, les délégués qui se rendront au congrès au leadership à Montréal, à la fin novembre.
Michael Ignatieff, l'universitaire de renommée internationale et politicien néophyte a, comme le prédisaient les sondages, coiffé ses adversaires. Il a réussi à faire élire près du tiers des quelque 4300 délégués, avec un score de 30 %. La plus grande surprise aura surtout été de constater que Bob Rae, l'ex-premier ministre néo-démocrate de l'Ontario, ne lui a pas livré une si chaude lutte. Avec 19 % des délégués élus, il est arrivé à quasi-égalité avec Stéphane Dion (16,5 %) et l'ex-ministre ontarien de l'Éducation Gerard Kennedy (17,3 %).
Les quatre autres candidats ont dû se contenter de miettes. Les ministres sortants Scott Brison (3,8 %), Joe Volpe (4,6 %) et Ken Dryden (5,3 %), qui jouissait selon l'équipe de ce dernier d'une grande notoriété à cause de ses succès dans la Ligue nationale de hockey, totalisent à eux trois moins d'appuis que le quatrième de la course. Martha Hall Findlay, une avocate torontoise délogée par Belinda Stronach lorsque celle-ci est passée du Parti conservateur au PC, termine la marche avec 1 %.
Les résultats étaient incomplets au moment de mettre sous presse, hier soir, certains bureaux de scrutin fermant à 20 h et parfois 21 h dans l'Ouest. Les pourcentages étaient donc sujets à changement.
Les délégués auront l'obligation à Montréal de voter pour le candidat auquel ils sont affiliés au premier tour seulement. Après, le bal des tractations commencera. Seuls les délégués indépendants (une soixantaine) et les quelque 850 délégués d'office (députés, ex-chefs, sénateurs, ex-ministres, etc.) voteront comme ils l'entendent dès le premier tour. Ils représentent environ 20 % de toutes les personnes qui se trouveront sur la plancher du congrès.
Au reste, ces chiffres ne racontent pas toute l'histoire. Ils indiquent le nombre de délégués auxquels chaque candidat a droit: si les candidats n'arrivent pas à trouver autant de personnes volontaires pour se rendre à Montréal en novembre prochain, ils perdront ces appuis. Certains pourraient ne pas se présenter s'ils n'arrivent pas à financer le voyage jusqu'à Montréal, l'hébergement, et les frais d'inscription de 995 $ imposés par le PLC.
Rae déçoit
Michael Ignatieff s'est dit heureux des résultats partiels obtenus. «Je suis un candidat qui a un appui chez les francophones, chez les anglophones, dans les zones métropolitaines, dans les régions, à l'Est, à l'Ouest, partout. C'est ça. Je suis bien ancré dans tout le pays et ça me rend très content, très heureux et très fier», a-t-il dit hier.
La tiédeur de l'appui reçu par Bob Rae en Ontario, sa province-mère, a porté un dur coup à sa campagne. M. Rae, qui avait dirigé un gouvernement en pleine crise économique et qui avait plongé sa province en déficit entre 1990 et 1995, a terminé troisième hier avec à peine 15 % des délégués, loin derrière Michael Ignatieff (29 %) et Gerard Kennedy qui, avec 28 %, effectue sa meilleure performance au pays.
Un organisateur de Michael Ignatieff évaluait ce week-end que cette piètre performance confirmait l'incapacité de Bob Rae à séduire l'électorat ontarien, qui encore une fois déterminera la couleur du prochain gouvernement à l'élection. Cela pourrait convaincre les délégués de se réfugier ailleurs lors des tours subséquents.
L'organisation de M. Rae refuse cette analyse. «Au contraire, notre marge de croissance nous paraît bonne, nous sommes présents partout», explique l'organisateur et ex-député Jacques Saada. M. Saada insiste sur le fait que M. Rae s'est lancé dans la course plus tard que les autres et que six des huit candidats proviennent de l'Ontario, ce qui divise les appuis.
En outre, si M. Rae se classe premier dans quatre provinces (Colombie-Britannique, Manitoba, Terre-Neuve et Île-du-Prince-Édouard), il n'atteint au mieux que la troisième place dans les autres. En Saskatchewan, une province avec une forte tradition néo-démocrate, il se classe même quatrième.
Scott Brison, le seul candidat de l'Atlantique de cette course, arrive premier en Nouvelle-Écosse sa province d'origine, mais, en chiffres absolus, cela ne lui procure quand même que 54 délégués. Michael Ignatieff trône dans les cinq provinces restantes, dont l'Alberta, l'Ontario et le Québec.
Les résultats du Québec confirment que, contrairement à ailleurs au pays, il s'y déroule une lutte à trois entre MM. Ignatieff (37 %), Dion (28 %) et Rae (26 %). La quatrième place est décernée à... Joe Volpe avec à peine 3,1 % des délégués.
M. Volpe a été condamné vendredi par le PLC à verser 20 000 $ pour les irrégularités de sa campagne dans la province. Dans la région de Montréal, il y avait vendu un nombre étonnamment élevé de cartes de membre, y compris à des personnes mortes et à des péquistes qui en ont été les premiers surpris. Hier, on expliquait que le parti avait déployé une énergie supplémentaire pour vérifier l'identité des militants qui se présentaient dans les circonscriptions visées par des plaintes.
Stéphane Dion effectue au Québec son meilleur score, preuve que les militants sont prêts à lui pardonner sa mauvaise presse de l'époque où il était encore ministre des Affaires intergouvernementales. M. Dion, qu'on donnait fort en Colombie-Britannique, n'y est arrivé que quatrième.
Le Devoir
Les quelque 200 000 membres du Parti libéral du Canada ont participé de vendredi à hier au «super week-end» en élisant, à raison de 14 par circonscription, les délégués qui se rendront au congrès au leadership à Montréal, à la fin novembre.
Michael Ignatieff, l'universitaire de renommée internationale et politicien néophyte a, comme le prédisaient les sondages, coiffé ses adversaires. Il a réussi à faire élire près du tiers des quelque 4300 délégués, avec un score de 30 %. La plus grande surprise aura surtout été de constater que Bob Rae, l'ex-premier ministre néo-démocrate de l'Ontario, ne lui a pas livré une si chaude lutte. Avec 19 % des délégués élus, il est arrivé à quasi-égalité avec Stéphane Dion (16,5 %) et l'ex-ministre ontarien de l'Éducation Gerard Kennedy (17,3 %).
Les quatre autres candidats ont dû se contenter de miettes. Les ministres sortants Scott Brison (3,8 %), Joe Volpe (4,6 %) et Ken Dryden (5,3 %), qui jouissait selon l'équipe de ce dernier d'une grande notoriété à cause de ses succès dans la Ligue nationale de hockey, totalisent à eux trois moins d'appuis que le quatrième de la course. Martha Hall Findlay, une avocate torontoise délogée par Belinda Stronach lorsque celle-ci est passée du Parti conservateur au PC, termine la marche avec 1 %.
Les résultats étaient incomplets au moment de mettre sous presse, hier soir, certains bureaux de scrutin fermant à 20 h et parfois 21 h dans l'Ouest. Les pourcentages étaient donc sujets à changement.
Les délégués auront l'obligation à Montréal de voter pour le candidat auquel ils sont affiliés au premier tour seulement. Après, le bal des tractations commencera. Seuls les délégués indépendants (une soixantaine) et les quelque 850 délégués d'office (députés, ex-chefs, sénateurs, ex-ministres, etc.) voteront comme ils l'entendent dès le premier tour. Ils représentent environ 20 % de toutes les personnes qui se trouveront sur la plancher du congrès.
Au reste, ces chiffres ne racontent pas toute l'histoire. Ils indiquent le nombre de délégués auxquels chaque candidat a droit: si les candidats n'arrivent pas à trouver autant de personnes volontaires pour se rendre à Montréal en novembre prochain, ils perdront ces appuis. Certains pourraient ne pas se présenter s'ils n'arrivent pas à financer le voyage jusqu'à Montréal, l'hébergement, et les frais d'inscription de 995 $ imposés par le PLC.
Rae déçoit
Michael Ignatieff s'est dit heureux des résultats partiels obtenus. «Je suis un candidat qui a un appui chez les francophones, chez les anglophones, dans les zones métropolitaines, dans les régions, à l'Est, à l'Ouest, partout. C'est ça. Je suis bien ancré dans tout le pays et ça me rend très content, très heureux et très fier», a-t-il dit hier.
La tiédeur de l'appui reçu par Bob Rae en Ontario, sa province-mère, a porté un dur coup à sa campagne. M. Rae, qui avait dirigé un gouvernement en pleine crise économique et qui avait plongé sa province en déficit entre 1990 et 1995, a terminé troisième hier avec à peine 15 % des délégués, loin derrière Michael Ignatieff (29 %) et Gerard Kennedy qui, avec 28 %, effectue sa meilleure performance au pays.
Un organisateur de Michael Ignatieff évaluait ce week-end que cette piètre performance confirmait l'incapacité de Bob Rae à séduire l'électorat ontarien, qui encore une fois déterminera la couleur du prochain gouvernement à l'élection. Cela pourrait convaincre les délégués de se réfugier ailleurs lors des tours subséquents.
L'organisation de M. Rae refuse cette analyse. «Au contraire, notre marge de croissance nous paraît bonne, nous sommes présents partout», explique l'organisateur et ex-député Jacques Saada. M. Saada insiste sur le fait que M. Rae s'est lancé dans la course plus tard que les autres et que six des huit candidats proviennent de l'Ontario, ce qui divise les appuis.
En outre, si M. Rae se classe premier dans quatre provinces (Colombie-Britannique, Manitoba, Terre-Neuve et Île-du-Prince-Édouard), il n'atteint au mieux que la troisième place dans les autres. En Saskatchewan, une province avec une forte tradition néo-démocrate, il se classe même quatrième.
Scott Brison, le seul candidat de l'Atlantique de cette course, arrive premier en Nouvelle-Écosse sa province d'origine, mais, en chiffres absolus, cela ne lui procure quand même que 54 délégués. Michael Ignatieff trône dans les cinq provinces restantes, dont l'Alberta, l'Ontario et le Québec.
Les résultats du Québec confirment que, contrairement à ailleurs au pays, il s'y déroule une lutte à trois entre MM. Ignatieff (37 %), Dion (28 %) et Rae (26 %). La quatrième place est décernée à... Joe Volpe avec à peine 3,1 % des délégués.
M. Volpe a été condamné vendredi par le PLC à verser 20 000 $ pour les irrégularités de sa campagne dans la province. Dans la région de Montréal, il y avait vendu un nombre étonnamment élevé de cartes de membre, y compris à des personnes mortes et à des péquistes qui en ont été les premiers surpris. Hier, on expliquait que le parti avait déployé une énergie supplémentaire pour vérifier l'identité des militants qui se présentaient dans les circonscriptions visées par des plaintes.
Stéphane Dion effectue au Québec son meilleur score, preuve que les militants sont prêts à lui pardonner sa mauvaise presse de l'époque où il était encore ministre des Affaires intergouvernementales. M. Dion, qu'on donnait fort en Colombie-Britannique, n'y est arrivé que quatrième.
Le Devoir
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