Bush en médiateur
Guy Taillefer
29 septembre 2006
Dans un effort de médiation qui, dans l'immédiat, le fait paraître sans grande influence politique, le président George W. Bush a réuni mercredi soir à la Maison-Blanche Hamid Karzaï et Pervez Musharraf dans l'espoir de calmer le jeu entre deux voisins engagés dans un bruyant affrontement verbal autour des ratés de la «guerre contre le terrorisme» en Afghanistan et au Pakistan. Ils se sont laissés après le dîner, a-t-on fait savoir par voie de communiqué, sur la vague promesse de «mieux coordonner leur action contre les terroristes».
Les deux hommes s'accusent mutuellement d'être responsables de la résurgence de la violente guérilla talibane. Incendiaire, le président Musharraf reproche à son homologue de «faire l'autruche» devant la détérioration de sa propre situation politique. M. Karzaï ne cache pas qu'à son avis, le président pakistanais n'en fait pas assez d'un point de vue militaire pour neutraliser les militants talibans qui, du nord du Pakistan, traversent la frontière en Afghanistan. Il est particulièrement agacé, comme le sont les États-Unis, par un pacte récemment conclu avec des chefs tribaux du nord du pays, par lequel l'armée pakistanaise, dit M. Karzaï, se trouve à laisser le champ libre aux talibans.
Il y a pourtant de bonnes raisons de penser que MM. Karzaï et Musharraf auraient intérêt à s'épauler. L'avenir de leurs pays respectifs et peut-être aussi leur avenir personnel sont étroitement liés. M. Karzaï n'est guère plus, dans les faits, que le maire de Kaboul. Une mixtion explosive, composée des radicaux talibans, des seigneurs de la guerre et des barons de la drogue, mine son autorité. De son côté de la frontière, M. Musharraf, produit du coup d'État de 1999, compose avec une opposition sur plusieurs fronts et, pour conserver le pouvoir, est entré en alliance risquée avec les partis islamistes.
La médiation de M. Bush est évidemment intéressée. Sa guerre contre le terrorisme trébuche sur un nouveau front alors que l'Afghanistan donne aujourd'hui des signes de chaos irakien. En parallèle, la communauté internationale — à l'exception notable de Stephen Harper — affiche en certains quartiers une nervosité palpable devant les difficultés rencontrées par l'OTAN dans le Sud afghan. À preuve, les réticences manifestées récemment par les membres de l'Alliance atlantique à envoyer 2500 soldats additionnels en
Afghanistan.
Dans ce contexte, les chamailleries entre MM. Karzaï et Musharraf sont un irritant de trop pour M. Bush. Il devient urgent pour lui que les deux hommes «coopèrent» contre «l'ennemi commun», cette mouvance islamiste dont on n'avait pas prévu la résilience. Sauf qu'il y a loin de la coupe aux lèvres. Comme M. Bush, MM. Karzaï et Musharraf obéissent à des considérations de politique intérieure.
Les deux hommes s'accusent mutuellement d'être responsables de la résurgence de la violente guérilla talibane. Incendiaire, le président Musharraf reproche à son homologue de «faire l'autruche» devant la détérioration de sa propre situation politique. M. Karzaï ne cache pas qu'à son avis, le président pakistanais n'en fait pas assez d'un point de vue militaire pour neutraliser les militants talibans qui, du nord du Pakistan, traversent la frontière en Afghanistan. Il est particulièrement agacé, comme le sont les États-Unis, par un pacte récemment conclu avec des chefs tribaux du nord du pays, par lequel l'armée pakistanaise, dit M. Karzaï, se trouve à laisser le champ libre aux talibans.
Il y a pourtant de bonnes raisons de penser que MM. Karzaï et Musharraf auraient intérêt à s'épauler. L'avenir de leurs pays respectifs et peut-être aussi leur avenir personnel sont étroitement liés. M. Karzaï n'est guère plus, dans les faits, que le maire de Kaboul. Une mixtion explosive, composée des radicaux talibans, des seigneurs de la guerre et des barons de la drogue, mine son autorité. De son côté de la frontière, M. Musharraf, produit du coup d'État de 1999, compose avec une opposition sur plusieurs fronts et, pour conserver le pouvoir, est entré en alliance risquée avec les partis islamistes.
La médiation de M. Bush est évidemment intéressée. Sa guerre contre le terrorisme trébuche sur un nouveau front alors que l'Afghanistan donne aujourd'hui des signes de chaos irakien. En parallèle, la communauté internationale — à l'exception notable de Stephen Harper — affiche en certains quartiers une nervosité palpable devant les difficultés rencontrées par l'OTAN dans le Sud afghan. À preuve, les réticences manifestées récemment par les membres de l'Alliance atlantique à envoyer 2500 soldats additionnels en
Afghanistan.
Dans ce contexte, les chamailleries entre MM. Karzaï et Musharraf sont un irritant de trop pour M. Bush. Il devient urgent pour lui que les deux hommes «coopèrent» contre «l'ennemi commun», cette mouvance islamiste dont on n'avait pas prévu la résilience. Sauf qu'il y a loin de la coupe aux lèvres. Comme M. Bush, MM. Karzaï et Musharraf obéissent à des considérations de politique intérieure.
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