Lettres: Que proposez-vous ?
Dans un texte publié dans Le Devoir du vendredi 18 août 2006, intitulé «Québec s'en lave les mains», Pierre Desjardins dénonce l'existence du jeu de hasard au Québec.
Je ne saisis pas le propos de M. Desjardins. Il est contre le jeu, ça, c'est clair. Et c'est malheureusement tout ce qui semble clair. Il faudrait éliminer le jeu? Il ne le soutient pas. Il faudrait fermer les trois casinos au Québec? Il ne le demande pas non plus. Il faudrait interdire à Loto-Québec de vendre des billets de loterie? Non plus. Mais que propose alors M. Desjardins? Il ne fait que dénoncer l'existence du jeu de hasard, point à la ligne. Mais que faudrait-il faire, M. Desjardins? Vous prétendez que les gens qui se livrent à ces jeux sont des joueurs compulsifs ou en voie de le devenir. Et vous affirmez que le gouvernement et sa filiale Loto-Québec profitent aveuglément du pauvre monde et qu'ils sont les instigateurs de cette vaste conspiration qui vise à transformer le peuple en simples machines à sous. Mais que faire, alors?
Le plus ironique, c'est que vous profitez du contexte de la privatisation des courses de chevaux pour dénoncer le fait que le gouvernement «s'en lave les mains». D'ailleurs, en vertu de quoi le gouvernement doit-il s'occuper de pistes de courses de chevaux? Depuis quand ces courses relèvent-elles d'une mission essentielle de l'État? Et n'est-ce pas vous qui dénoncez pourtant sur tous les toits que le gouvernement ne devrait pas se mêler des jeux de hasard? Si vous souhaitez voir le gouvernement fermer Loto-Québec et interdire les courses de chevaux, les casinos et les machines à sous sur tout le territoire québécois, pourquoi ne le demandez-vous pas?
D'ailleurs, pourquoi ne pas revenir à la bonne vieille époque d'avant les années 90, au moment où le gouvernement ne s'occupait pas des machines à sous? Avant que le gouvernement n'encadre leur utilisation, on évaluait le nombre de machines à sous à environ 40 000 au Québec. Aujourd'hui, il n'en reste que 14 000 environ. Il n'y avait pas de joueurs compulsifs à cette époque-là: les machines à sous étant illégales, qui pouvait oser prétendre s'être ruiné à force d'y jouer? Mieux: le gouvernement et son ministère de la Santé n'avaient pas besoin de financer, comme aujourd'hui à coups de millions par année, des programmes d'aide contre le jeu pathologique puisque, officiellement, le jeu pathologique n'existait pas.
Je ne suis pas un adepte des textes qui ne visent qu'à dénoncer, souvent basés sur des arguments tellement démagogiques qu'ils en deviennent risibles mais qui, en échange, ne proposent aucune solution. Rien. Que de la dénonciation mais aucune prise de position. Être en faveur de rien mais contre tout. Et je ne comprends toujours pas le fond de votre propos: que proposez-vous, M. Desjardins?
Je ne saisis pas le propos de M. Desjardins. Il est contre le jeu, ça, c'est clair. Et c'est malheureusement tout ce qui semble clair. Il faudrait éliminer le jeu? Il ne le soutient pas. Il faudrait fermer les trois casinos au Québec? Il ne le demande pas non plus. Il faudrait interdire à Loto-Québec de vendre des billets de loterie? Non plus. Mais que propose alors M. Desjardins? Il ne fait que dénoncer l'existence du jeu de hasard, point à la ligne. Mais que faudrait-il faire, M. Desjardins? Vous prétendez que les gens qui se livrent à ces jeux sont des joueurs compulsifs ou en voie de le devenir. Et vous affirmez que le gouvernement et sa filiale Loto-Québec profitent aveuglément du pauvre monde et qu'ils sont les instigateurs de cette vaste conspiration qui vise à transformer le peuple en simples machines à sous. Mais que faire, alors?
Le plus ironique, c'est que vous profitez du contexte de la privatisation des courses de chevaux pour dénoncer le fait que le gouvernement «s'en lave les mains». D'ailleurs, en vertu de quoi le gouvernement doit-il s'occuper de pistes de courses de chevaux? Depuis quand ces courses relèvent-elles d'une mission essentielle de l'État? Et n'est-ce pas vous qui dénoncez pourtant sur tous les toits que le gouvernement ne devrait pas se mêler des jeux de hasard? Si vous souhaitez voir le gouvernement fermer Loto-Québec et interdire les courses de chevaux, les casinos et les machines à sous sur tout le territoire québécois, pourquoi ne le demandez-vous pas?
D'ailleurs, pourquoi ne pas revenir à la bonne vieille époque d'avant les années 90, au moment où le gouvernement ne s'occupait pas des machines à sous? Avant que le gouvernement n'encadre leur utilisation, on évaluait le nombre de machines à sous à environ 40 000 au Québec. Aujourd'hui, il n'en reste que 14 000 environ. Il n'y avait pas de joueurs compulsifs à cette époque-là: les machines à sous étant illégales, qui pouvait oser prétendre s'être ruiné à force d'y jouer? Mieux: le gouvernement et son ministère de la Santé n'avaient pas besoin de financer, comme aujourd'hui à coups de millions par année, des programmes d'aide contre le jeu pathologique puisque, officiellement, le jeu pathologique n'existait pas.
Je ne suis pas un adepte des textes qui ne visent qu'à dénoncer, souvent basés sur des arguments tellement démagogiques qu'ils en deviennent risibles mais qui, en échange, ne proposent aucune solution. Rien. Que de la dénonciation mais aucune prise de position. Être en faveur de rien mais contre tout. Et je ne comprends toujours pas le fond de votre propos: que proposez-vous, M. Desjardins?
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