Lettre: L'art de rater son analyse!
Lucette Lupien - Montréal, octobre 2002
21 octobre 2002
Dans la page Idées de l'édition du 18 septembre du Devoir, monsieur Roger Philipps, — ex-président de la Chambre de commerce du Québec, siégeant à plusieurs conseils d'administration, président et chef de la direction d'IPSCO, ex-membre du Conseil économique du Canada, officier de l'Ordre du Canada et membre titulaire du Physics Institute du Royaume-Uni — se déclare contre la ratification de l'Accord de Kyoto pour les trois raisons suivantes :
Comme Kyoto établit un niveau d'émissions fixe, peu importe notre population, l'arrivée des immigrants va diminuer notre qualité de vie. Nous ne serons plus compétitifs avec les États-Unis qui n'auront pas signé le traité.
Nos réserves de sable bitumineux et de pétrole lourd — plus polluantes — coûteront trop cher à exploiter.
M. Philipps fait appel à des sentiments xénophobes «Les étrangers vont prendre nos ressources» (autrefois on craignait qu'ils prennent nos jobs), au syndrome 'Pas dans ma cour' (Si mon voisin le fait pas, moi non plus) et à la fatalité (c'est pas de ma faute si mes sables sont plus polluants que vos puits).
En fait en lisant son argumentation, on se demande bien quel pays signerait l'accord de Kyoto. Cet accord est contraignant pour tout signataire et ses arguments contre la ratification valent pour tout le monde; ça vaut pour tout pays qui reçoit des immigrants; ça vaut pour tout pays utilisant des ressources naturelles polluantes (ex: le charbon) ou des méthodes d'extraction polluantes; et surtout ça vaut pour tous les pays de la planète sur le plan de la compétitivité puisqu'un pays puissant, les États-Unis, ne signe pas. Sous couvert de compétence et de titres ronflants, monsieur Philipps est un homme d'extrême droite qui refuse de réfléchir aux conséquences — autres qu'économiques à court terme — de nos actes sur les populations du monde et sur les générations qui nous suivront.
Espérons seulement que les organismes que monsieur Philipps mentionne et qu'il appelle ainsi en renfort de son opinion ne partagent pas sa vision courte et unilatérale du monde.
Les contraintes de l'accord de Kyoto devraient nous inciter à trouver des solutions et à innover plutôt qu'à le dénoncer.
Comme Kyoto établit un niveau d'émissions fixe, peu importe notre population, l'arrivée des immigrants va diminuer notre qualité de vie. Nous ne serons plus compétitifs avec les États-Unis qui n'auront pas signé le traité.
Nos réserves de sable bitumineux et de pétrole lourd — plus polluantes — coûteront trop cher à exploiter.
M. Philipps fait appel à des sentiments xénophobes «Les étrangers vont prendre nos ressources» (autrefois on craignait qu'ils prennent nos jobs), au syndrome 'Pas dans ma cour' (Si mon voisin le fait pas, moi non plus) et à la fatalité (c'est pas de ma faute si mes sables sont plus polluants que vos puits).
En fait en lisant son argumentation, on se demande bien quel pays signerait l'accord de Kyoto. Cet accord est contraignant pour tout signataire et ses arguments contre la ratification valent pour tout le monde; ça vaut pour tout pays qui reçoit des immigrants; ça vaut pour tout pays utilisant des ressources naturelles polluantes (ex: le charbon) ou des méthodes d'extraction polluantes; et surtout ça vaut pour tous les pays de la planète sur le plan de la compétitivité puisqu'un pays puissant, les États-Unis, ne signe pas. Sous couvert de compétence et de titres ronflants, monsieur Philipps est un homme d'extrême droite qui refuse de réfléchir aux conséquences — autres qu'économiques à court terme — de nos actes sur les populations du monde et sur les générations qui nous suivront.
Espérons seulement que les organismes que monsieur Philipps mentionne et qu'il appelle ainsi en renfort de son opinion ne partagent pas sa vision courte et unilatérale du monde.
Les contraintes de l'accord de Kyoto devraient nous inciter à trouver des solutions et à innover plutôt qu'à le dénoncer.
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