Lettres: L'inévitable échec
M. Guillemette - Montréal, le 1er août 2006
4 août 2006
Julien (nom fictif) a 11 ans. Il vient de finir sa quatrième année. C'est le moment de faire son bulletin. Son enseignant regarde ses travaux, ses évaluations et sa progression. C'est l'échec en mathématique. En français, c'est plus compliqué. Il ne réussit pas, sauf qu'il sait lire. Pas trop bien, mais quand même. La direction insiste pour le faire poursuivre au cycle supérieur, car il n'est pas en échec dans les deux matières de base. On lui donnera des services pour qu'il s'améliore, car heureusement il fréquente une école en milieu défavorisé.
Julien sera chanceux en cinquième année, étant l'un des trois privilégiés de sa classe qui auront le plus d'aide. En effet, il verra une orthopédagogue deux heures par semaine. Ajoutons à cela la demi-heure de récupération hebdomadaire avec son enseignant. C'est merveilleux. Avec autant d'aide, il est certain qu'il progressera vite et il rattrapera ses pairs.
Malheureusement, Julien ne réussira pas plus, même avec le maximum de ressources. Il ralentira le groupe, il vivra des échecs à répétition, il se démotivera et son estime de soi continuera sa chute vertigineuse. Il portera même l'étiquette de «poche» dans sa classe. Il se peut alors qu'il développe divers troubles de comportement pour ne pas affronter son incapacité.
Julien existe vraiment et il n'est pas seul dans cette situation. Ils sont au moins quinze enfants comme lui dans sa classe, avec des difficultés diverses. Et ils sont tous pris pour rester dans le système public, car leurs parents sont pauvres et, de toute façon, le privé ne veut pas d'eux et de leurs problèmes. Comment le ministère de l'Éducation, des Loisirs et du Sport (MELS) peut-il viser la réussite de tout le monde sans déployer les ressources nécessaires?
Julien sera chanceux en cinquième année, étant l'un des trois privilégiés de sa classe qui auront le plus d'aide. En effet, il verra une orthopédagogue deux heures par semaine. Ajoutons à cela la demi-heure de récupération hebdomadaire avec son enseignant. C'est merveilleux. Avec autant d'aide, il est certain qu'il progressera vite et il rattrapera ses pairs.
Malheureusement, Julien ne réussira pas plus, même avec le maximum de ressources. Il ralentira le groupe, il vivra des échecs à répétition, il se démotivera et son estime de soi continuera sa chute vertigineuse. Il portera même l'étiquette de «poche» dans sa classe. Il se peut alors qu'il développe divers troubles de comportement pour ne pas affronter son incapacité.
Julien existe vraiment et il n'est pas seul dans cette situation. Ils sont au moins quinze enfants comme lui dans sa classe, avec des difficultés diverses. Et ils sont tous pris pour rester dans le système public, car leurs parents sont pauvres et, de toute façon, le privé ne veut pas d'eux et de leurs problèmes. Comment le ministère de l'Éducation, des Loisirs et du Sport (MELS) peut-il viser la réussite de tout le monde sans déployer les ressources nécessaires?
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