Sondage Léger Marketing - Le Devoir - The Globe and Mail - Un appui partiel au programme de l'ADQ
Québec - Six Québécois sur dix appuient la médecine à deux vitesses que préconise l'Action démocratique du Québec, de même que les bons d'éducation qui permettraient aux parents d'inscrire leurs enfants à l'école de leur choix. Mais la proportion s'inverse pour deux autres éléments du programme de l'ADQ: le taux d'imposition unique et l'abolition de la sécurité d'emploi dans la fonction publique.
C'est ce qui ressort de la deuxième partie du sondage Léger Marketing-Le Devoir-TVA-The Globe and Mail mené auprès de 1005 personnes entre le 9 et le 13 octobre, soit après la tenue du congrès de l'ADQ qui a réuni près de 1000 militants à Drummondville.
La première tranche de ce sondage, publiée dans notre édition d'hier, faisait état d'un recul des appuis accordés à l'ADQ, qui perd 4 % des intentions de vote pour se trouver toujours bon premier, à 36 %, accompagné d'une chute de popularité de Mario Dumont, que 34 % des répondants jugent le plus apte à devenir premier ministre, une chute de neuf points depuis août dernier. Ce sondage présente une marge d'erreur de 3,1 %, 19 fois sur 20.
L'appui à l'ADQ a donc connu son premier repli depuis sa fulgurante ascension du printemps dernier alors que 60 % des Québécois se montrent quand même favorables à deux éléments controversés du programme adéquiste. Ils sont une majorité à accepter que «l'État permette, à ceux qui souhaitent un accès plus rapide aux soins de santé, de payer pour ces soins dans le secteur privé», selon la formulation du sondage. La même proportion appuie l'introduction de bons d'éducation «permettant aux parents d'inscrire leur enfant à l'école de leur choix ou de les appliquer en paiement partiel à l'école privée».
Ce sont là deux propositions dont les effets, si elles étaient mises en oeuvre, sont les plus difficiles à prévoir, et leurs modalités d'application sont aussi très complexes à concevoir.
Plus simples à saisir
Les conséquences des deux autres propositions de l'ADQ qui ont fait l'objet du sondage sont plus simples à saisir, a souligné le sondeur Jean-Marc Léger, et la population les rejette. Éliminer les taux progressifs d'impôt pour les remplacer par un taux d'imposition à 20 % pour tous les Québécois, peu importe leur revenu, c'est une mesure avec laquelle seulement 30 % des répondants sont d'accord. Même chez ceux qui appuient l'ADQ, ils sont légèrement plus nombreux à s'y opposer (48 %) qu'à l'appuyer (42 %). Il semble que plusieurs adéquistes se soient rangés à l'avis du président de la campagne de financement de l'ADQ, l'homme d'affaires Marcel Dutil, qui s'est prononcé contre ce taux unique taillé sur mesure pour les plus nantis de la société.
Quant à la proposition de retirer la sécurité d'emploi aux fonctionnaires québécois, 60 % des répondants n'y souscrivent pas. Même chez les Québécois qui appuient l'ADQ, les avis sont partagés: 49 % sont pour et 43 % sont contre.
«La population reconnaît que Mario Dumont a posé les bonnes questions mais qu'il n'a pas nécessairement fourni les bonnes réponses, estime Jean-Marc Léger. Plus le programme de l'ADQ est expliqué, plus on exprime des réserves. Les Québécois sont devenus plus rationnels face à l'ADQ.»
L'ADQ fait mouche
Le sondage montre cependant clairement que l'ADQ a fait mouche, pour le moment du moins, en proposant d'assurer l'accessibilité aux soins de santé grâce à la médecine à deux vitesses et en permettant aux riches d'éviter les listes d'attente en payant pour leurs soins dans le secteur privé. Parmi les quatre éléments principaux du programme, c'est celui qui ressort nettement: 28 % de la population y voit l'aspect du programme qui a le plus d'influence sur la décision des électeurs de voter pour l'ADQ, contre 14 % pour les bons en éducation, 12 % pour l'abolition de la sécurité d'emploi dans la fonction publique et 15 % pour le taux d'imposition unique. Chez les électeurs de l'ADQ, ils sont 37 % à estimer que c'est là l'élément le plus accrocheur du programme, contre 22 % pour l'impôt unique.
Même chez les Québécois qui appuient les deux autres formations politiques, une courte majorité — 52 % pour le PQ et 51 % pour le PLQ — appuie la médecine à deux vitesses en dépit des positions respectives des deux partis, qui rejettent totalement cette avenue.
Sur le plan des générations, plus on est jeune, plus on appuie la médecine à deux vitesses, et inversement: les trois quarts des répondants de 18-25 ans et seulement 47 % des personnes de 65 ans et plus souhaitent qu'on permette aux gens qui en ont les moyens de se payer un accès plus rapide aux soins de santé.
C'est ce qui ressort de la deuxième partie du sondage Léger Marketing-Le Devoir-TVA-The Globe and Mail mené auprès de 1005 personnes entre le 9 et le 13 octobre, soit après la tenue du congrès de l'ADQ qui a réuni près de 1000 militants à Drummondville.
La première tranche de ce sondage, publiée dans notre édition d'hier, faisait état d'un recul des appuis accordés à l'ADQ, qui perd 4 % des intentions de vote pour se trouver toujours bon premier, à 36 %, accompagné d'une chute de popularité de Mario Dumont, que 34 % des répondants jugent le plus apte à devenir premier ministre, une chute de neuf points depuis août dernier. Ce sondage présente une marge d'erreur de 3,1 %, 19 fois sur 20.
L'appui à l'ADQ a donc connu son premier repli depuis sa fulgurante ascension du printemps dernier alors que 60 % des Québécois se montrent quand même favorables à deux éléments controversés du programme adéquiste. Ils sont une majorité à accepter que «l'État permette, à ceux qui souhaitent un accès plus rapide aux soins de santé, de payer pour ces soins dans le secteur privé», selon la formulation du sondage. La même proportion appuie l'introduction de bons d'éducation «permettant aux parents d'inscrire leur enfant à l'école de leur choix ou de les appliquer en paiement partiel à l'école privée».
Ce sont là deux propositions dont les effets, si elles étaient mises en oeuvre, sont les plus difficiles à prévoir, et leurs modalités d'application sont aussi très complexes à concevoir.
Plus simples à saisir
Les conséquences des deux autres propositions de l'ADQ qui ont fait l'objet du sondage sont plus simples à saisir, a souligné le sondeur Jean-Marc Léger, et la population les rejette. Éliminer les taux progressifs d'impôt pour les remplacer par un taux d'imposition à 20 % pour tous les Québécois, peu importe leur revenu, c'est une mesure avec laquelle seulement 30 % des répondants sont d'accord. Même chez ceux qui appuient l'ADQ, ils sont légèrement plus nombreux à s'y opposer (48 %) qu'à l'appuyer (42 %). Il semble que plusieurs adéquistes se soient rangés à l'avis du président de la campagne de financement de l'ADQ, l'homme d'affaires Marcel Dutil, qui s'est prononcé contre ce taux unique taillé sur mesure pour les plus nantis de la société.
Quant à la proposition de retirer la sécurité d'emploi aux fonctionnaires québécois, 60 % des répondants n'y souscrivent pas. Même chez les Québécois qui appuient l'ADQ, les avis sont partagés: 49 % sont pour et 43 % sont contre.
«La population reconnaît que Mario Dumont a posé les bonnes questions mais qu'il n'a pas nécessairement fourni les bonnes réponses, estime Jean-Marc Léger. Plus le programme de l'ADQ est expliqué, plus on exprime des réserves. Les Québécois sont devenus plus rationnels face à l'ADQ.»
L'ADQ fait mouche
Le sondage montre cependant clairement que l'ADQ a fait mouche, pour le moment du moins, en proposant d'assurer l'accessibilité aux soins de santé grâce à la médecine à deux vitesses et en permettant aux riches d'éviter les listes d'attente en payant pour leurs soins dans le secteur privé. Parmi les quatre éléments principaux du programme, c'est celui qui ressort nettement: 28 % de la population y voit l'aspect du programme qui a le plus d'influence sur la décision des électeurs de voter pour l'ADQ, contre 14 % pour les bons en éducation, 12 % pour l'abolition de la sécurité d'emploi dans la fonction publique et 15 % pour le taux d'imposition unique. Chez les électeurs de l'ADQ, ils sont 37 % à estimer que c'est là l'élément le plus accrocheur du programme, contre 22 % pour l'impôt unique.
Même chez les Québécois qui appuient les deux autres formations politiques, une courte majorité — 52 % pour le PQ et 51 % pour le PLQ — appuie la médecine à deux vitesses en dépit des positions respectives des deux partis, qui rejettent totalement cette avenue.
Sur le plan des générations, plus on est jeune, plus on appuie la médecine à deux vitesses, et inversement: les trois quarts des répondants de 18-25 ans et seulement 47 % des personnes de 65 ans et plus souhaitent qu'on permette aux gens qui en ont les moyens de se payer un accès plus rapide aux soins de santé.
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