Lettres: Profilage racial ou profilage ethnique?
Marco Silvestro - Montréal, juillet 2006
24 juillet 2006
Depuis un certain 11 septembre 2001 et les «lois antiterroristes», on parle beaucoup de «profilage racial».
Voilà que cette expression devient officielle sans qu'on s'interroge sur sa signification. Une juge de la Cour du Québec a rendu un premier verdict québécois concluant au «racial profiling» dans un cas d'arrestation basée sur la couleur de la peau (R. c. Campbell, janvier 2005). Le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR) utilise aussi ce langage dans sa lutte contre le harcèlement des minorités visibles. La police de Montréal s'est dotée il y a un an d'une «Politique contre le profilage racial». La Commission des droits de la personne du Québec a fait réaliser trois guides d'orientation juridique sur la question et, le 13 juillet dernier, elle concluait pour la première fois au «profilage racial» dans une enquête sur un acte discriminatoire commis envers un jeune homme noir par des agents du métro de Montréal.
L'utilisation courante de l'adjectif «racial» pour signifier discrimination en fonction de la couleur de la peau, de l'origine ethnique ou même de l'appartenance religieuse soulève une question fondamentale: serions-nous en train de cautionner l'idée selon laquelle il y aurait plusieurs races humaines? La notion de race se base sur le patrimoine génétique commun d'individus semblables. Les scientifiques ont montré qu'il n'existe pas de différence génétique significative entre les populations humaines, peu importe leurs signes extérieurs distinctifs: nous faisons tous partie de la même espèce, l'Homo sapiens, et la notion de race n'est pas pertinente pour qualifier l'humain.
L'acte de nommer quelque chose n'est pas une simple question de vocabulaire: c'est un acte de pouvoir lourd de signification. Dans ce cas, comment se fait-il que des institutions et des organisations qui combattent le racisme utilisent un langage assimilant «couleur de la peau» à «racial»? Pourquoi personne n'a-t-il cherché une expression plus exacte sur les plans anthropologique et biologique, par exemple «profilage ethnique»? Car faire du «profilage racial» une expression consacrée par le droit et l'administration publique signifie que l'État accepte l'idée qu'il y ait plusieurs races humaines. C'est soit du racisme institutionnel, soit de l'ignorance crasse qui ne peut être excusée.
Voilà que cette expression devient officielle sans qu'on s'interroge sur sa signification. Une juge de la Cour du Québec a rendu un premier verdict québécois concluant au «racial profiling» dans un cas d'arrestation basée sur la couleur de la peau (R. c. Campbell, janvier 2005). Le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR) utilise aussi ce langage dans sa lutte contre le harcèlement des minorités visibles. La police de Montréal s'est dotée il y a un an d'une «Politique contre le profilage racial». La Commission des droits de la personne du Québec a fait réaliser trois guides d'orientation juridique sur la question et, le 13 juillet dernier, elle concluait pour la première fois au «profilage racial» dans une enquête sur un acte discriminatoire commis envers un jeune homme noir par des agents du métro de Montréal.
L'utilisation courante de l'adjectif «racial» pour signifier discrimination en fonction de la couleur de la peau, de l'origine ethnique ou même de l'appartenance religieuse soulève une question fondamentale: serions-nous en train de cautionner l'idée selon laquelle il y aurait plusieurs races humaines? La notion de race se base sur le patrimoine génétique commun d'individus semblables. Les scientifiques ont montré qu'il n'existe pas de différence génétique significative entre les populations humaines, peu importe leurs signes extérieurs distinctifs: nous faisons tous partie de la même espèce, l'Homo sapiens, et la notion de race n'est pas pertinente pour qualifier l'humain.
L'acte de nommer quelque chose n'est pas une simple question de vocabulaire: c'est un acte de pouvoir lourd de signification. Dans ce cas, comment se fait-il que des institutions et des organisations qui combattent le racisme utilisent un langage assimilant «couleur de la peau» à «racial»? Pourquoi personne n'a-t-il cherché une expression plus exacte sur les plans anthropologique et biologique, par exemple «profilage ethnique»? Car faire du «profilage racial» une expression consacrée par le droit et l'administration publique signifie que l'État accepte l'idée qu'il y ait plusieurs races humaines. C'est soit du racisme institutionnel, soit de l'ignorance crasse qui ne peut être excusée.
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