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Lettres: Investir sans peur et sans reproche

Jean-Guy Leboeuf - Économiste et andragogue, le 30 juin 2006  1 juillet 2006 
Le 21 juin 2006, les médias ont publié deux nouvelles importantes: l'Institut économique de Montréal vantait les vertus de l'étalement urbain alors que Moody's relevait la cote de crédit du Québec.

Voici quelques suggestions. De même que la santé du corps a besoin que ses artères soient nombreuses et en santé, ainsi la libre circulation des biens et des services favorise la richesse et la créativité. Alors, créons le train Dorval-centre-ville, construisons le pont de l'autoroute 25, prenons une décision au sujet du prolongement de la rue Notre-Dame et choisissons un trajet pour le prolongement de l'autoroute 30.

Commençons! Cessons de tergiverser! Passons à l'action!

De plus, investissons (par des subventions ou par des prêts garantis) dans le futur de nos artistes créateurs: producteurs de télévision et de cinéma, orchestres symphoniques, compagnies de danse et de ballet, musées et bibliothèques, troupes de théâtre, compagnies d'opéra, toujours selon des critères de faisabilité. Amenons nos concitoyens à devenir des amateurs d'art. Et la créativité de notre société produira des résultats étonnants sur les plans matériel, intellectuel, émotionnel et spirituel.

Vous me direz que le Québec devra emprunter. Je répondrai par l'affirmative.

Ce ne sont pas des dépenses, ce sont des investissements! Ces gestes vont attirer des investissements privés, surtout si on supprime la taxe sur le capital.

S'il faut adopter le partenariat public-privé (PPP), allons-y!

Vous me direz aussi que le Québec aura des intérêts à payer. Je répondrai encore par un oui, et c'est tant mieux. Pourquoi tant mieux? Parce que l'intérêt, c'est le loyer de l'argent. Si je paye un loyer pour une résidence, un commerce ou une industrie, je peux utiliser le local loué pour mon mieux-être. Et je peux le rentabiliser.

Enfin, le prêteur et l'emprunteur savent que les intérêts et les remboursements sur le capital seront versés avec une monnaie dévalorisée, le taux d'inflation faisant baisser d'autant la valeur de la monnaie. Tous deux sont d'accord et donc gagnants, l'argent circule, les biens et les services aussi. Tous nos concitoyens en profiteront: quand la marée monte, tous les navires montent.

En page 19 du livre Psychologie de l'inconscient de Carl G. Jung, on peut lire ceci: «Il faut oser.» Et en page 29 du Nouveau Lexique Teilhard de Chardin: «[...] Tout oser pour agir!»

C'est dans l'avenir que nous allons passer le reste de notre vie.

Alors, osons!
 
 
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