Lettres: Organisme gouvernemental ou secte ?
Suzanne-G. Chartrand - Québec, le 21 juin 2006
23 juin 2006
J'appuie sans réserve les exigences de rigueur et de transparence exposées par Josée Boileau dans son éditorial du 21 juin. Mais je ne crois pas qu'elle sera entendue. Depuis 1990, j'observe la façon dont fonctionne le ministère de l'Éducation du Québec, en particulier dans l'élaboration de ses programmes d'études pour le primaire et le secondaire. Je constate que ce ministère, du moins la Direction de la formation des jeunes, agit comme une secte religieuse avec ses rites et son jargon, enfermée dans son monde et ses dogmes, rejetant toute critique, la ridiculisant, la dévoyant, la marginalisant ou l'ignorant. À preuve, les nombreux textes parus dans Le Devoir restés lettre morte. En mai, une lettre ouverte signée par une trentaine de personnes, professeurs d'université oeuvrant à la formation des maîtres de français pour la plupart, n'a reçu pour toute réponse (après de nombreux appels téléphoniques de notre part au bureau du ministre) qu'une lettre rédigée dans la langue de bois propre à ce ministère, ne répondant à aucune de nos demandes. Vivons-nous toujours en démocratie? Les élus ne sont-ils plus redevables?
On s'est ému pour le programme d'histoire, mais rien de tel pour le programme de français, où les mots «connaissance», «enseignement», «apprentissage» et «grammaire» sont devenus tabous. Non, je ne suis en rien étonnée des résultats des élèves de sixième année: ce n'est que la pointe de l'iceberg, le pire est à venir. La réforme a été détournée et les correctifs de façade n'y changeront rien.
On s'est ému pour le programme d'histoire, mais rien de tel pour le programme de français, où les mots «connaissance», «enseignement», «apprentissage» et «grammaire» sont devenus tabous. Non, je ne suis en rien étonnée des résultats des élèves de sixième année: ce n'est que la pointe de l'iceberg, le pire est à venir. La réforme a été détournée et les correctifs de façade n'y changeront rien.
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