Une performance réjouissante
Jean-Robert Sansfaçon
15 octobre 2002
Le taux de chômage au Québec a diminué d'un petit dixième de point de pourcentage le mois dernier pour se fixer à 8,4 %. Voilà une bonne nouvelle en ces temps d'incertitudes. Par rapport au reste du pays, le Québec fait très bonne figure depuis le début de l'année et tout indique que nous nous dirigeons vers un des meilleurs crus des dernières décennies. Mais qu'on ne s'y trompe pas, nous sommes encore loin d'utiliser notre plein potentiel!
En mars dernier, le Québec avait pris une bonne avance sur le reste du pays après avoir créé, à lui seul, 40 % des nouveaux emplois au premier trimestre. À la fin du troisième trimestre terminé le 30 septembre, l'avance s'était amenuisée, mais nous étions toujours en bonne position avec 27 % du total des nouveaux emplois depuis le début de l'année.
L'année 2002 s'annonce donc exceptionnelle pour le Québec. Sur une base de moyenne annuelle, les neuf premiers mois se sont soldés par une hausse de l'emploi de 113 000 par rapport à la même période de l'an dernier. Si cette moyenne tenait le coup d'ici à la fin de l'année, ce serait la première fois depuis 1973, sous Robert Bourassa, que le Québec fracasserait la barre des 100 000 nouveaux emplois. Cette année-là, il s'était créé rien de moins que 125 000 emplois, une performance jamais vue et d'autant plus remarquable que la population du Québec était de beaucoup inférieure à celle d'aujourd'hui. On n'a d'ailleurs jamais revu un taux de chômage de moins de 7 % comme ce fut le cas pendant deux années consécutives au cours de cette décennie.
Cela fait beaucoup de chiffres, mais derrière ces chiffres, il y a la réalité de centaines de milliers d'individus et de familles qui profitent d'un revenu plus régulier, ou de jeunes diplômés qui trouvent un emploi dans leur spécialité dans un délai raisonnable après la fin de leurs études.
À l'heure actuelle, près de 60 Québécois sur 100 âgés de 15 ans ou plus ont un emploi. Cela ne s'était jamais vu dans l'histoire contemporaine, même pendant la révolution tranquille. Certes, cette amélioration du «taux d'emploi» n'est pas étrangère à la diminution du nombre de jeunes qui étudient par rapport aux décennies précédentes, mais cela n'explique pas tout. C'est dire que le poids de ceux qu'on qualifie d'« inactifs» — enfants, personnes âgées, malades, etc. — repose maintenant sur les épaules d'un plus grand nombre de citoyens au travail. De même en est-il du fardeau fiscal et des services publics dont le coût est ainsi mieux réparti.
Voilà qui est merveilleux, mais... Mais ne nous réjouissons pas trop vite, il reste beaucoup de place pour de l'amélioration.
D'abord, avouons qu'à 8,5 % de chômage, nous sommes bien loin du plein emploi. La moyenne canadienne est présentement de 7,7 % et chez nos voisins ontariens, le taux est de 7,3 %. En ce qui a trait au taux d'emploi, cela veut aussi dire que pour chaque centaine d'Ontariens en âge de travailler, 63 d'entre eux ont un emploi. Le même ratio appliqué au Québec résulterait en la création immédiate de 223 000 emplois supplémentaires! Même en n'utilisant que la moyenne canadienne qui inclut les résultats désastreux de provinces comme Terre-Neuve, il y aurait 145 000 emplois de plus au Québec. Il reste donc beaucoup du chemin à parcourir avant de prétendre au titre de champion canadien de l'emploi.
Cette constatation nous ramène à la question de fond: pourquoi le Québec ne parvient-il pas à rejoindre et à dépasser la performance canadienne? Que faut-il améliorer pour annuler cet écart?
À cela, chaque parti politique offre ses propres solutions. Pour le gouvernement du Parti québécois et son premier ministre Bernard Landry, les résultats actuels parlent d'eux-mêmes et invitent à poursuivre sur la voie de l'interventionnisme propre au «modèle québécois». Pour les libéraux de Jean Charest, il faut plutôt alléger la réglementation, simplifier la fiscalité et accroître le partenariat avec le secteur privé. Quant à l'ADQ de Mario Dumont, elle propose un État «flexible» qui, au lieu d'intervenir, devra «anticiper, prévoir et accompagner» les entreprises.
S'il y avait une recette, cela se saurait. Malgré tout, nous pouvons constater que là où les taux d'imposition sont bas, le système d'éducation performant, les infrastructures et les services publics bien développés et l'initiative des individus récompensée, l'activité économique est aussi plus forte, le taux de chômage plus bas et le niveau de vie plus élevé. Lequel des trois partis politiques est le mieux placé pour mettre sur pied un tel cocktail de conditions gagnantes qui ne sont pas contraintes et contradictions?
L'auteur de la bonne réponse gagnera un séjour de quatre années au chic Hôtel du Parlement, à Québec, toutes dépenses payées.
En mars dernier, le Québec avait pris une bonne avance sur le reste du pays après avoir créé, à lui seul, 40 % des nouveaux emplois au premier trimestre. À la fin du troisième trimestre terminé le 30 septembre, l'avance s'était amenuisée, mais nous étions toujours en bonne position avec 27 % du total des nouveaux emplois depuis le début de l'année.
L'année 2002 s'annonce donc exceptionnelle pour le Québec. Sur une base de moyenne annuelle, les neuf premiers mois se sont soldés par une hausse de l'emploi de 113 000 par rapport à la même période de l'an dernier. Si cette moyenne tenait le coup d'ici à la fin de l'année, ce serait la première fois depuis 1973, sous Robert Bourassa, que le Québec fracasserait la barre des 100 000 nouveaux emplois. Cette année-là, il s'était créé rien de moins que 125 000 emplois, une performance jamais vue et d'autant plus remarquable que la population du Québec était de beaucoup inférieure à celle d'aujourd'hui. On n'a d'ailleurs jamais revu un taux de chômage de moins de 7 % comme ce fut le cas pendant deux années consécutives au cours de cette décennie.
Cela fait beaucoup de chiffres, mais derrière ces chiffres, il y a la réalité de centaines de milliers d'individus et de familles qui profitent d'un revenu plus régulier, ou de jeunes diplômés qui trouvent un emploi dans leur spécialité dans un délai raisonnable après la fin de leurs études.
À l'heure actuelle, près de 60 Québécois sur 100 âgés de 15 ans ou plus ont un emploi. Cela ne s'était jamais vu dans l'histoire contemporaine, même pendant la révolution tranquille. Certes, cette amélioration du «taux d'emploi» n'est pas étrangère à la diminution du nombre de jeunes qui étudient par rapport aux décennies précédentes, mais cela n'explique pas tout. C'est dire que le poids de ceux qu'on qualifie d'« inactifs» — enfants, personnes âgées, malades, etc. — repose maintenant sur les épaules d'un plus grand nombre de citoyens au travail. De même en est-il du fardeau fiscal et des services publics dont le coût est ainsi mieux réparti.
Voilà qui est merveilleux, mais... Mais ne nous réjouissons pas trop vite, il reste beaucoup de place pour de l'amélioration.
D'abord, avouons qu'à 8,5 % de chômage, nous sommes bien loin du plein emploi. La moyenne canadienne est présentement de 7,7 % et chez nos voisins ontariens, le taux est de 7,3 %. En ce qui a trait au taux d'emploi, cela veut aussi dire que pour chaque centaine d'Ontariens en âge de travailler, 63 d'entre eux ont un emploi. Le même ratio appliqué au Québec résulterait en la création immédiate de 223 000 emplois supplémentaires! Même en n'utilisant que la moyenne canadienne qui inclut les résultats désastreux de provinces comme Terre-Neuve, il y aurait 145 000 emplois de plus au Québec. Il reste donc beaucoup du chemin à parcourir avant de prétendre au titre de champion canadien de l'emploi.
Cette constatation nous ramène à la question de fond: pourquoi le Québec ne parvient-il pas à rejoindre et à dépasser la performance canadienne? Que faut-il améliorer pour annuler cet écart?
À cela, chaque parti politique offre ses propres solutions. Pour le gouvernement du Parti québécois et son premier ministre Bernard Landry, les résultats actuels parlent d'eux-mêmes et invitent à poursuivre sur la voie de l'interventionnisme propre au «modèle québécois». Pour les libéraux de Jean Charest, il faut plutôt alléger la réglementation, simplifier la fiscalité et accroître le partenariat avec le secteur privé. Quant à l'ADQ de Mario Dumont, elle propose un État «flexible» qui, au lieu d'intervenir, devra «anticiper, prévoir et accompagner» les entreprises.
S'il y avait une recette, cela se saurait. Malgré tout, nous pouvons constater que là où les taux d'imposition sont bas, le système d'éducation performant, les infrastructures et les services publics bien développés et l'initiative des individus récompensée, l'activité économique est aussi plus forte, le taux de chômage plus bas et le niveau de vie plus élevé. Lequel des trois partis politiques est le mieux placé pour mettre sur pied un tel cocktail de conditions gagnantes qui ne sont pas contraintes et contradictions?
L'auteur de la bonne réponse gagnera un séjour de quatre années au chic Hôtel du Parlement, à Québec, toutes dépenses payées.
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