Un «bon gouvernement», avec ou sans référendum
Photo : Jacques Nadeau
Le chef du Parti québécois, André Boisclair, a fait son entrée hier au conseil national de son parti en se dandinant sur un rythme de musique techno. Fier du nouveau visage du PQ où près de 18 % des membres ont moins de 30 ans, M. Boisclair a rappe
Saint-Hyacinthe — Malgré l'obligation que lui fait son programme politique de présenter une plate-forme électorale pour un Québec souverain lors du prochain scrutin général, le Parti québécois prendra des engagements afin de se faire élire comme «un bon gouvernement» provincial.
Ainsi, sans renoncer à la tenue d'un référendum, le chef du Parti québécois, André Boisclair, a dévoilé hier, à l'issue du premier conseil national thématique consacré à l'éducation, les principaux éléments de la plate-forme électorale de son parti sur cette question: réduction du nombre d'élèves par classe, ouverture des écoles de 8h à 17h, augmentation des ressources spécialisées et création d'un fonds spécial pour la réussite scolaire.
Ces «quatre gestes concrets» pourront se mettre en place avant qu'un éventuel gouvernement péquiste ne demande aux Québécois s'ils veulent faire du Québec un pays. Certaines mesures pourraient être mises de l'avant dès un premier budget provincial.
«Il est pour nous urgent de faire la souveraineté du Québec, a assuré M. Boisclair lors d'un point de presse. [...] Mais l'idée, c'est de faire les choses dans l'ordre. On ne veut pas seulement que le débat porte sur le référendum.»
Chose certaine, le programme du PQ dit clairement que le projet de pays doit être au centre des engagements électoraux. Ils «seront définis en fonction de ce projet de pays social-démocrate et s'appuieront, entre autres, sur les données du cadre financier d'un Québec souverain». Y aurait-il un glissement de priorité au sein du Parti québécois d'André Boisclair, un retour à un certain étapisme?
«Quand je dis que ma priorité, c'est l'éducation, je suis sérieux. Je ne me laisserai pas piéger une autre fois sur l'ordonnancement des priorités», a soutenu M. Boisclair, ajoutant que pour réaliser sa priorité, il a besoin de la souveraineté.
Quelques minutes plus tard, l'entourage du chef soutenait auprès des journalistes que ces engagements en éducation ne retarderaient pas la tenue d'un référendum prévu «le plus tôt possible à l'intérieur du prochain mandat». «On peut marcher et mâcher de la gomme en même temps», a répété le député Nicolas Girard. Ce dernier a toutefois reconnu que de telles mesures ne relèvent pas de la gestion quotidienne d'un gouvernement et exigent donc énergie, temps et argent.
Dans son discours de clôture, devant quelque 500 militants réunis à Saint-Hyacinthe, M. Boisclair a promis qu'un gouvernement du Parti québécois réduirait de 10 % le nombre d'élèves par classe, de la troisième année du primaire jusqu'à la première année du secondaire. Cette mesure s'appliquerait dans les écoles des milieux défavorisés.
André Boisclair a également proposé d'embaucher plus d'orthopédagogues, psychologues, psychoéducateurs et autres spécialistes afin d'offrir un meilleur encadrement aux enfants en difficulté. Un gouvernement péquiste créerait un fonds spécial pour la réussite scolaire afin de contrer le décrochage scolaire.
Finalement, M. Boisclair a repris l'idée soumise par l'aile jeunesse du PQ d'ouvrir les écoles de 8h à 17h. En lieu et place des actuels services de garde, les écoles offriraient une aide accrue aux devoirs et des activités parascolaires et sportives entièrement financées par l'État. Les jeunes du primaire et du secondaire auraient l'obligation d'y participer. Le chef péquiste a dit y voir un «projet inspirant».
Quant aux coûts de telles mesures, ils ne seront dévoilés qu'en campagne électorale. «Il faut voir au préalable quelles sommes pourraient être dégagées d'Ottawa dans le cadre des négociations sur la péréquation, le déséquilibre fiscal ou sur le financement de l'enseignement postsecondaire», a précisé M. Boisclair.
Le financement adéquat des universités et le gel des droits de scolarité ont également fait l'objet d'un engagement du chef du Parti québécois pour qui il faut choisir l'éducation plutôt que le remboursement de la dette.
Écoles privées et réforme scolaire
Pour ce qui est de la réduction du financement des écoles privées proposée au début du conseil national, elle a été écartée bien qu'il s'agisse d'une entorse au programme politique adopté il y a un an. «Soyons clairs, l'école privée a sa place et elle est ici pour rester. Ce n'est pas une position électoraliste. C'est notre conviction», a affirmé le chef péquiste qui est lui-même passé par ce réseau.
Toutefois, les écoles privées pourraient devoir garder des élèves qui montreraient des difficultés, sans quoi, le financement des établissements pourrait en souffrir, a prévenu M. Boisclair. Mais déjà à l'heure actuelle, si un jeune est exclu d'une école privée, la subvention gouvernementale est diminuée d'autant.
Quant à la réforme scolaire, elle a fait l'objet d'une résolution vite balayée sous le tapis par André Boisclair. Un groupe mené par le vice-président de la commission politique, François Rebello, sous l'influence de certains intellectuels qui forment le collectif pour une école de qualité (CEQ), a réussi à faire adopter ce qui constitue une remise en question de la réforme de l'éducation. M. Rebello a plaidé en faveur du retour «d'une école qui instruit», de la mise à l'écart de la pédagogie «apprendre à apprendre» et du renforcement des examens. Aussitôt, le CEQ a applaudi, voyant que le PQ venait de prendre un «virage important» sur cette question.
Mais c'était sans compter l'intervention d'André Boisclair. Selon lui, il faut se donner le temps d'évaluer la réforme pour y apporter, «le temps venu», des correctifs. «Faire marche arrière serait une erreur. La réforme est là pour rester», a-t-il affirmé.
Ainsi, sans renoncer à la tenue d'un référendum, le chef du Parti québécois, André Boisclair, a dévoilé hier, à l'issue du premier conseil national thématique consacré à l'éducation, les principaux éléments de la plate-forme électorale de son parti sur cette question: réduction du nombre d'élèves par classe, ouverture des écoles de 8h à 17h, augmentation des ressources spécialisées et création d'un fonds spécial pour la réussite scolaire.
Ces «quatre gestes concrets» pourront se mettre en place avant qu'un éventuel gouvernement péquiste ne demande aux Québécois s'ils veulent faire du Québec un pays. Certaines mesures pourraient être mises de l'avant dès un premier budget provincial.
«Il est pour nous urgent de faire la souveraineté du Québec, a assuré M. Boisclair lors d'un point de presse. [...] Mais l'idée, c'est de faire les choses dans l'ordre. On ne veut pas seulement que le débat porte sur le référendum.»
Chose certaine, le programme du PQ dit clairement que le projet de pays doit être au centre des engagements électoraux. Ils «seront définis en fonction de ce projet de pays social-démocrate et s'appuieront, entre autres, sur les données du cadre financier d'un Québec souverain». Y aurait-il un glissement de priorité au sein du Parti québécois d'André Boisclair, un retour à un certain étapisme?
«Quand je dis que ma priorité, c'est l'éducation, je suis sérieux. Je ne me laisserai pas piéger une autre fois sur l'ordonnancement des priorités», a soutenu M. Boisclair, ajoutant que pour réaliser sa priorité, il a besoin de la souveraineté.
Quelques minutes plus tard, l'entourage du chef soutenait auprès des journalistes que ces engagements en éducation ne retarderaient pas la tenue d'un référendum prévu «le plus tôt possible à l'intérieur du prochain mandat». «On peut marcher et mâcher de la gomme en même temps», a répété le député Nicolas Girard. Ce dernier a toutefois reconnu que de telles mesures ne relèvent pas de la gestion quotidienne d'un gouvernement et exigent donc énergie, temps et argent.
Dans son discours de clôture, devant quelque 500 militants réunis à Saint-Hyacinthe, M. Boisclair a promis qu'un gouvernement du Parti québécois réduirait de 10 % le nombre d'élèves par classe, de la troisième année du primaire jusqu'à la première année du secondaire. Cette mesure s'appliquerait dans les écoles des milieux défavorisés.
André Boisclair a également proposé d'embaucher plus d'orthopédagogues, psychologues, psychoéducateurs et autres spécialistes afin d'offrir un meilleur encadrement aux enfants en difficulté. Un gouvernement péquiste créerait un fonds spécial pour la réussite scolaire afin de contrer le décrochage scolaire.
Finalement, M. Boisclair a repris l'idée soumise par l'aile jeunesse du PQ d'ouvrir les écoles de 8h à 17h. En lieu et place des actuels services de garde, les écoles offriraient une aide accrue aux devoirs et des activités parascolaires et sportives entièrement financées par l'État. Les jeunes du primaire et du secondaire auraient l'obligation d'y participer. Le chef péquiste a dit y voir un «projet inspirant».
Quant aux coûts de telles mesures, ils ne seront dévoilés qu'en campagne électorale. «Il faut voir au préalable quelles sommes pourraient être dégagées d'Ottawa dans le cadre des négociations sur la péréquation, le déséquilibre fiscal ou sur le financement de l'enseignement postsecondaire», a précisé M. Boisclair.
Le financement adéquat des universités et le gel des droits de scolarité ont également fait l'objet d'un engagement du chef du Parti québécois pour qui il faut choisir l'éducation plutôt que le remboursement de la dette.
Écoles privées et réforme scolaire
Pour ce qui est de la réduction du financement des écoles privées proposée au début du conseil national, elle a été écartée bien qu'il s'agisse d'une entorse au programme politique adopté il y a un an. «Soyons clairs, l'école privée a sa place et elle est ici pour rester. Ce n'est pas une position électoraliste. C'est notre conviction», a affirmé le chef péquiste qui est lui-même passé par ce réseau.
Toutefois, les écoles privées pourraient devoir garder des élèves qui montreraient des difficultés, sans quoi, le financement des établissements pourrait en souffrir, a prévenu M. Boisclair. Mais déjà à l'heure actuelle, si un jeune est exclu d'une école privée, la subvention gouvernementale est diminuée d'autant.
Quant à la réforme scolaire, elle a fait l'objet d'une résolution vite balayée sous le tapis par André Boisclair. Un groupe mené par le vice-président de la commission politique, François Rebello, sous l'influence de certains intellectuels qui forment le collectif pour une école de qualité (CEQ), a réussi à faire adopter ce qui constitue une remise en question de la réforme de l'éducation. M. Rebello a plaidé en faveur du retour «d'une école qui instruit», de la mise à l'écart de la pédagogie «apprendre à apprendre» et du renforcement des examens. Aussitôt, le CEQ a applaudi, voyant que le PQ venait de prendre un «virage important» sur cette question.
Mais c'était sans compter l'intervention d'André Boisclair. Selon lui, il faut se donner le temps d'évaluer la réforme pour y apporter, «le temps venu», des correctifs. «Faire marche arrière serait une erreur. La réforme est là pour rester», a-t-il affirmé.
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