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Lettres: Le vélo et la moto

Suzanne Lareau - Présidente directrice-générale de Vélo Québec  26 mai 2006 
Oui, le vélo est plus sécuritaire que la moto.
Une précision au sujet d'une affirmation du journaliste Louis-Gilles Francoeur dans son article publié le 23 mai sur le rapport de la Direction de la santé publique de Montréal. M. Francoeur y mentionne que «le rapport met fin à une légende urbaine en démontrant que l'utilisation de la moto en ville est plus sécuritaire que celle du vélo, avec des parts respectives du total des cas d'hospitalisation de 6,6 % et 24,1 %».

Il nous importe de préciser que ce taux d'hospitalisation ne tient pas compte du nombre d'adeptes du vélo et de la moto. Dans l'île de Montréal, il y a 775 000 cyclistes mais seulement 11 700 motos immatriculées. Il n'est donc pas étonnant qu'il y ait de trois à quatre fois plus de cyclistes hospitalisés alors qu'ils sont plusieurs dizaines de fois plus nombreux que les motocyclistes. On en arrive donc toujours à la conclusion voulant que le vélo demeure plus sécuritaire que la moto.

***

Réponse

Vous ne tenez pas compte du nombre important et croissant de motocyclistes de l'extérieur de l'île qui se rendent au travail chaque jour à moto et qui font partie de la circulation aux heures de pointe. Et vous ne tenez pas compte non plus du fait que le vélo n'est utilisé comme moyen de transport que par une fraction des propriétaires de vélo. Quiconque a utilisé les deux véhicules dans le réseau urbain actuel perçoit vite la différence entre les deux modes de transport du point de vue de la sécurité personnelle. La moto a des freins plus puissants et des clignotants très visibles et occupe la chaussée à pleine largeur, sans compter que son poids et sa taille imposent plus de respect aux automobilistes. La moto utilise moins d'énergie et prend moins d'espace qu'une voiture, ce qui explique que plusieurs grandes villes européennes lui font désormais une place de choix dans la planification des transports, ce qui ne doit pas se faire aux dépens du vélo ou de la marche mais bien en remplacement des voitures.

Louis-Gilles Francoeur
 
 
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