De nouveaux sophismes
Louis Lapointe - Brossard
18 mai 2006
En conclusion du Manifeste pour une approche réaliste de la souveraineté, on lit: «Voilà, comme l'a dit Louis Bernard, comment on peut faire "correctement" l'indépendance du Québec.»
Pendant toute la course à la direction du Parti québécois, M. Bernard et ses supporters n'ont pas cessé de dire que parce qu'il avait été secrétaire du conseil des ministres, ce grand mandarin connaissait bien l'État du Québec, était réaliste et saurait réaliser l'indépendance du Québec.
Or le même Louis Bernard est celui qui a proposé au gouvernement la façon dont «on peut faire "correctement"» les fusions municipales dans tout le Québec. Son «réalisme» a été une des causes de la défaite électorale du PQ en avril 2003. Il s'est quand même trouvé de brillants analystes, au lendemain de la course à la direction, pour suggérer qu'il devienne conseiller d'André Boisclair...
Le monde ordinaire
Autre sophisme: il faudrait peut-être cesser de prendre à témoin, de citer et de reconnaître la parole de tous ces «acteurs historiques» comme étant des paroles d'évangile. Ce n'est pas parce que certains des signataires du manifeste ont été des compagnons d'armes de René Lévesque qu'ils ont du jugement. Citons l'exemple de Marc Brière, qui n'a pas cessé de foutre le bordel au PQ, rivalisant d'ingéniosité sur les façons de semer la zizanie dans le parti et de cracher dans la soupe avec un certain Yves Michaud.
Le problème au PQ, ce ne sont pas les idées mais la force de l'image et la puissance de l'exemple. Les nombreux idéologues du parti ont l'air de véritables hyènes enragées dans la poursuite de leurs croisades personnelles. Rien pour donner confiance au bon peuple.
Tous ces grands conseillers devraient dire aux anciens du parti qui se sont tous trouvé des emplois payants chez les fédéralistes que c'est leur image et leur exemple qui font le plus mal au mouvement souverainiste.
Les gens normaux et ordinaires ne lisent pas leurs longues dissertations mais voient tous que, peu importe le parti politique, les politiciens mangent au même râtelier. Au pays de l'opportunisme politique, l'argent est roi, peu importe les allégeances. C'est pour cette raison qu'ils ne croient pas tous ceux qui s'empressent de se trouver un emploi, contredisant sans hésiter leurs anciennes allégeances, comme Guy Chevrette qui, par son attitude, n'a pas encore compris que c'est au mouvement indépendantiste qu'il faisait le plus mal, pas aux artistes comme Richard Desjardins.
Et que penser de Bernard Landry qui dénonce Michel Tremblay alors que lui-même vient d'adhérer à un cabinet tout ce qu'il y a de plus fédéraliste, imitant en cela ses prédécesseurs Johnson et Bouchard?
Maintenant qu'on a entendu les lucides, les solidaires, les réalistes, à quand les normaux et les ordinaires? Nous serions peut-être surpris par la simplicité et la sincérité de leur vision.
Pendant toute la course à la direction du Parti québécois, M. Bernard et ses supporters n'ont pas cessé de dire que parce qu'il avait été secrétaire du conseil des ministres, ce grand mandarin connaissait bien l'État du Québec, était réaliste et saurait réaliser l'indépendance du Québec.
Or le même Louis Bernard est celui qui a proposé au gouvernement la façon dont «on peut faire "correctement"» les fusions municipales dans tout le Québec. Son «réalisme» a été une des causes de la défaite électorale du PQ en avril 2003. Il s'est quand même trouvé de brillants analystes, au lendemain de la course à la direction, pour suggérer qu'il devienne conseiller d'André Boisclair...
Le monde ordinaire
Autre sophisme: il faudrait peut-être cesser de prendre à témoin, de citer et de reconnaître la parole de tous ces «acteurs historiques» comme étant des paroles d'évangile. Ce n'est pas parce que certains des signataires du manifeste ont été des compagnons d'armes de René Lévesque qu'ils ont du jugement. Citons l'exemple de Marc Brière, qui n'a pas cessé de foutre le bordel au PQ, rivalisant d'ingéniosité sur les façons de semer la zizanie dans le parti et de cracher dans la soupe avec un certain Yves Michaud.
Le problème au PQ, ce ne sont pas les idées mais la force de l'image et la puissance de l'exemple. Les nombreux idéologues du parti ont l'air de véritables hyènes enragées dans la poursuite de leurs croisades personnelles. Rien pour donner confiance au bon peuple.
Tous ces grands conseillers devraient dire aux anciens du parti qui se sont tous trouvé des emplois payants chez les fédéralistes que c'est leur image et leur exemple qui font le plus mal au mouvement souverainiste.
Les gens normaux et ordinaires ne lisent pas leurs longues dissertations mais voient tous que, peu importe le parti politique, les politiciens mangent au même râtelier. Au pays de l'opportunisme politique, l'argent est roi, peu importe les allégeances. C'est pour cette raison qu'ils ne croient pas tous ceux qui s'empressent de se trouver un emploi, contredisant sans hésiter leurs anciennes allégeances, comme Guy Chevrette qui, par son attitude, n'a pas encore compris que c'est au mouvement indépendantiste qu'il faisait le plus mal, pas aux artistes comme Richard Desjardins.
Et que penser de Bernard Landry qui dénonce Michel Tremblay alors que lui-même vient d'adhérer à un cabinet tout ce qu'il y a de plus fédéraliste, imitant en cela ses prédécesseurs Johnson et Bouchard?
Maintenant qu'on a entendu les lucides, les solidaires, les réalistes, à quand les normaux et les ordinaires? Nous serions peut-être surpris par la simplicité et la sincérité de leur vision.
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