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Honteux!

Josée Boileau   13 mai 2006 
Gênant, déplorable, impoli, insultant, ridicule... La liste est longue pour qualifier l'incroyable mépris diplomatique auquel a eu droit le secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie, Abdou Diouf, de la part du gouvernement Harper. Et, preuve supplémentaire de son amateurisme — dès lors qu'on le sort des tournées de durs à cuire en Afghanistan —, le gouvernement réagit à cette bourde avec autant de légèreté qu'il en a mis à accueillir M. Diouf.

Rappelons-le, celui-ci est au Canada à l'invitation du gouvernement afin de participer à une conférence ministérielle de la Francophonie, qui est elle-même une initiative canadienne. L'activité a lieu en fin de semaine au Manitoba, et pourtant, M. Diouf est arrivé mercredi en vue de rencontrer Stephen Harper à Ottawa. Non, il n'y avait pas de tel rendez-vous, répètent les conservateurs... Qu'ils nous expliquent alors pourquoi un homme au rang de chef d'État, à l'agenda débordant, aurait eu envie de venir si vite nous voir? Seulement pour prendre le thé avec la gouverneure générale? Pour flâner le long du canal Rideau?

La seule version plausible, c'est qu'une rencontre était prévue et que M. Harper l'a cavalièrement annulée, traitant M. Diouf comme un ministre de second rang. Un manque d'égards qu'illustre bien l'arrivée du secrétaire général à Toronto, où il a eu droit à un accueil minimaliste et été traité comme le tout-venant. Papiers, fouille, comme les autres! Pas de fonctionnaire de haut rang, pas de ministre pour rappeler l'envergure de notre invité (insistons!) et mettre fin à ces impairs.

Dans l'entourage de M. Diouf, on a pris acte avec grâce des «regrets» du gouvernement, celui-ci n'étant même pas foutu de franchement s'excuser. Soit, les gens de l'OIF savent vivre et maîtrisent, eux, l'art de la diplomatie. Nous noterons néanmoins que l'incident est sans précédent.

Mais tout grossier soit-il, il s'inscrit dans une approche délibérée. Le gouvernement Harper n'a accueilli que deux autres chefs d'État depuis son élection et il l'a fait chichement à chaque occasion. Ottawa a tu la visite du premier ministre intérimaire d'Haïti, Gérard Latortue, sous le faux prétexte qu'elle était privée, alors qu'il a formellement rencontré M. Harper. Et puis, début mai, la même tactique a été reprise à l'occasion de la venue du premier ministre élu, mais pas encore assermenté, d'Haïti, René Préval. Les médias ont appris ces visites par accident et le protocole s'est fait fort discret.

C'est la nouvelle manière de faire lorsque viendront des dirigeants étrangers, avait dit aux journalistes, en mars, la directrice des communications de M. Harper. Des propos alors passés inaperçus et qui prennent soudain tout leur sens. La diplomatie par la petite porte, et seulement quand ça nous chante! Brian Mulroney, qui savait nager dans ces hautes sphères, aurait vraiment des leçons à donner à ce premier ministre mal élevé.

jboileau@ledevoir.ca
 
 
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  • Catherine Vernieuwe - Inscrite
    13 mai 2006 10 h 51
    Visite de M. Diouf au Canada
    Il me semble surtout que la visite de M. Abdou Diouf a été mal organisée, non seulement par notre Gouvernement canadien (Federal, Provincial)mais aussi par l'entourage et protocole de M. Diouf. Vous me pardonnerez le parallele, mais cela me rappelle la visite improvisée de Oprah W. chez Hermés à Paris- tres malheureusement, du racisme y joue un role, mais vu les circonstances, leurs visites auraient du etre mieux preparees des deux cotes...
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  • francoise perrin - Inscrite
    13 mai 2006 14 h 13
    protestations
    Pour le gourvernement Canadien.

    J'ai honte. Qu'elle classe qe cet homme a demontre enver le manque total de respect. En plus un haut dignitaire African.
    Quelle homme charmant!!.
    Mr Harper semble a avoir a apprendre beaucoup sur le protocole diplomatique Internationale.
    Les Canadiens de lanque Anglaise. Oh!!, quelle superiorite dans leurs ignorance.
    Francoise Anne Perrin
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  • Roland Berger - Abonné
    13 mai 2006 16 h 38
    Vernis déjà craqué
    La conduite de Stephen Harper montre on ne peut mieux que celui qui s'est montré au peuple durant la campagne électorale n'existe pas, n'a jamais existé. Quelques mois après son élection, son vernis craque déjà de toutes parts.
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  • oleron - Abonné
    13 mai 2006 17 h 39
    L'incident Diouf, reflet de la véritable culture linguistique du Canada
    Tiens, il y avait en fin de semaine une conférence ministérielle de la Francophonie quelque part en terre canadienne, dans la province anglaise du Manitoba où survit à n'en pas douter une collectivité de langue et de culture françaises même après la fusion de Saint-Boniface à Winnipeg. C'est heureux que le gouvernement canadien ait commis une bourde monumentale envers le secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie, M. Abdou Diouf, à l'arrivée de ce dernier en pays « officiellement bilingue », c'est-à-dire « prétendument français autant qu'anglais »! Cela nous a permis d'apprendre la tenue d'un tel événement. La bourde, le gouvernement canadien l'a commise à Toronto, en province typiquement anglo-saxonne et officiellement unilingue anglaise. Pas surprenant!

    Premièrement, disons que, malgré tous ses efforts pour être gentil et gagner le coeur des francophones du Québec et même s'il admire la rigueur de la logique cartésienne, l'actuel premier ministre du Canada demeure profondément un anglo-saxon de la droite conservatrice. Reflétant la véritable culture des anglophones du Canada, ses sbires anglo-saxons de Toronto ont ajouté l'insulte à l'injure en traitant sans respect dû à son rang un diplomate international et un éminent représentant de la Francophonie, quelles que soient les origines nationales du visiteur et la couleur de sa peau. Cela s'ajoute à l'attitude de « supériorité raciale » du Canada envers les chefs politiques de race noire, comme ceux d'Haïti par exemple. Comment des Québécois peuvent-ils continuer de faire confiance en nombre croissant à un tel gouvernement fédéral ? À moins d'être aveugle et de faire passer les intérêts matérialistes et financiers avant le respect de l'identité et la dignité culturelles.

    Deuxièmement, on peut s'interroger sur le véritable caractère bilingue du Canada. Sait-on vraiment qu'à Ottawa, dans les officines gouvernementales, c'est en anglais que ça se passe et que bilinguisme y est synonyme de traduction. C'est en anglais que s'élaborent, se discutent et s'administrent les orientations et les programmes politiques de l'administration « fédérale » de la « confédération » (à l'anglaise, comme si les mots n'avaient plus de sens propre!). Dans une réunion, dès qu'il y a un fonctionnaire anglophone qui ne comprend pas le français, c'est en anglais que ça se passe. Quant au bilinguisme officiel, c'est la traduction qui s'en charge : les interprètes sont à l'oeuvre à la chambre des communes (petits villages ou regroupement de villages, selon Le Petit Robert) et aux débats officiels alors que les services de traduction rendent dans l'autre langue les divers documents destinés aux médias et au public : lois, publications officielles, formulaires, communiqués et correspondance au besoin. Par ailleurs, combien de fonctionnaires fédéraux de langue et de culture françaises ainsi que de diplômés francophones des universités « françaises » du Québec rédigent couramment en anglais leurs comptes rendus au nom de l'efficacité et pour mieux se faire comprendre du client ? Il en est aussi de même de plusieurs entreprises de langue française du Québec, les hauts fonctionnaires travaillant naturellement en anglais, surtout langue de communication interministérielle.

    Le commissaire aux Langues officielles dénonce annuellement la faiblesse du bilinguisme d'État depuis bientôt 30 ans. Mais, le bilinguisme, c'est bien autre chose qu'une question de droit, de législation ou de réglementation, c'est d'abord une question de culture et d'usage, d'identité et de fierté culturelle. Or, il semble bien que plus ça change, plus c'est pareil. Et dire, d'autre part, qu'avec leurs magouilles, les Libéraux, fédéraux ou provinciaux, tiennent encore à maintenir de force le Québec dans un tel fouillis. D'aucuns croient qu'entre deux mots, il faut choisir le moindre. N'y aurait-il pas une autre voie, celle de la fierté et de l'affirmation de sa propre identité, bref de sa propre existence ? Partout, on respecte les gens qui se tiennent debout. y compris dans le monde des affaires. sauf au Canada peut-être!

    « Un Québec fort dans un Canada libre et indépendant! » Une logique non cartésienne, mais ambiguë à souhait... à l'anglaise!

    Claude Gendron,
    Citoyen de je-ne-sais-plus-quoi
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  • Julien Dion - Inscrit
    13 mai 2006 17 h 41
    Sacrament !
    Franchement, de quoi avons-nous l'air ?! En plus, on nie son rendez-vous... donc on traite Abdou Diouf de menteur !
    Bravo Steven Harper...
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