L'avenir du Québec - Dumont prône le «beau risque de l'autonomie»
Kathleen Lévesque
8 mai 2006
À la faveur du fédéralisme d'ouverture prôné par le premier ministre conservateur Stephen Harper, le Québec ne peut gaspiller l'occasion historique de lancer le dialogue afin de réintégrer la Constitution canadienne, croit Mario Dumont. Du coup, le chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ) a invité hier tout le Québec à prendre le «beau risque de l'autonomie».
Devant quelque 300 militants réunis en conseil général toute la fin de semaine à Granby, Mario Dumont a soutenu qu'il fallait faire fi des échecs passés (Meech et Charlottetown) et avoir le courage de dépoussiérer les relations fédérales-provinciales. L'inertie pourrait signifier de demeurer «là où Trudeau nous a laissés, sur le perron de la confédération canadienne».
«C'est notre responsabilité de répondre à la main tendue d'Ottawa en proposant un nouveau beau risque, le beau risque de l'autonomie», a lancé Mario Dumont ovationné à quatre reprises par ses partisans.
En plus de calquer l'expression de René Lévesque qui avait agi «avec clairvoyance» pour le «progrès québécois», Mario Dumont a repris à son compte les six grands champs de réforme que l'ancien premier
ministre péquiste avait établis, c'est-à-dire le statut du Québec, le processus de modification constitutionnelle, le partage des compétences, l'encadrement du pouvoir fédéral de dépenser, la réforme des institutions ainsi que la politique intergouvernementale.
Le chef de l'ADQ a toutefois prévenu la population que si le Québec doit se définir une position ambitieuse, il lui faudra se montrer ouvert à l'endroit des autres provinces. Il s'agirait d'une occasion pour moderniser les structures de tout le pays. «Le Québec ne doit pas s'enfermer dans une liste d'exigences à prendre ou à laisser ou dans une ronde de discussions qui soit exclusivement à propos des problèmes du Québec. Cela serait mort-né», a-t-il souligné.
La proposition de Mario Dumont s'appuie sur les démonstrations d'ouverture répétées du premier ministre canadien, notamment lors de son passage à Montréal, il y a deux semaines, où il s'est montré ouvert à limiter le pouvoir du gouvernement fédéral de dépenses hors de ses champs de compétence constitutionnelle. Stephen Harper avait alors parlé d'une «nouvelle ère pour aller de l'avant, dans un Canada fort, uni, indépendant et libre [...] avec un Québec confiant, autonome, solidaire et fier».
Il n'est pas question de forcer la main de M. Harper qui est à la tête d'un gouvernement minoritaire, mais plutôt d'alimenter le débat. Et, dans ce contexte, ni Jean Charest ni André Boisclair ne sont en mesure de prendre ce virage aux yeux du chef adéquiste. Avec des phrases assassines, Mario Dumont n'a pas hésité à écorcher le fédéralisme timide de l'un et le radicalisme de l'autre, voyant, chez l'un et l'autre, un manque de vision.
«Monsieur Charest, des gens paralysés par la peur de l'échec ne méritent pas de mener les destinées du Québec. Le Québec a besoin de leadership maintenant plus que jamais. Monsieur Charest, le fédéralisme d'ouverture, les Québécois ne veulent pas en faire une bouée de sauvetage pour vous, mais un progrès pour eux», a affirmé M. Dumont.
En s'adressant à son adversaire péquiste, il a pris un ton impératif, réclamant qu'il répudie le nouveau programme proposant la souveraineté pure et simple. «Sinon, cessez de vous réclamer de l'héritage de René Lévesque, parce que, pour l'instant, vous trahissez sa capacité de s'adapter aux circonstances quand le progrès du Québec l'exige», a dit Mario Dumont.
Après avoir vilipendé le chef, M. Dumont a ouvert la porte aux péquistes pour qu'ils se joignent à une large coalition et mettent ainsi de côté l'option souverainiste. «À vous qui pensez le Québec d'abord, je vous dis que l'option gagnante, l'option ancrée dans la réalité d'aujourd'hui, c'est l'option du beau risque de l'autonomie», a-t-il expliqué.
Le nouveau cheval de bataille de Mario Dumont survient alors que l'ADQ semble plutôt mal en point au chapitre du membership et de finances du parti. Déjà samedi, la publication dans Le Devoir d'un sondage Léger marketing avait insufflé un peu d'air frais dans les rangs adéquistes. Une hypothétique alliance entre l'ancien premier ministre Lucien Bouchard et Mario Dumont, représentant, à l'image des conservateurs de Stephen Harper, une mouvance de droite nationaliste, aurait permis de balayer le Québec.
Le retour de Lucien Bouchard à la vie politique est réclamé par un Québécois sur deux. Et Mario Dumont a saisi l'occasion à quelques reprises au cours de la fin de semaine pour lui ouvrir toutes grandes les portes de l'ADQ. Maintenant que Mario Dumont souhaite la réouverture du débat constitutionnel, peut-être M. Bouchard pourrait-il être tenté par l'aventure, lui qui a été impliqué dans le dossier Meech ce qui a conduit à sa démission comme ministre conservateur et stimulé la création du Bloc québécois. Dans les coulisses du conseil général adéquiste, on se contentait d'en sourire.
Devant quelque 300 militants réunis en conseil général toute la fin de semaine à Granby, Mario Dumont a soutenu qu'il fallait faire fi des échecs passés (Meech et Charlottetown) et avoir le courage de dépoussiérer les relations fédérales-provinciales. L'inertie pourrait signifier de demeurer «là où Trudeau nous a laissés, sur le perron de la confédération canadienne».
«C'est notre responsabilité de répondre à la main tendue d'Ottawa en proposant un nouveau beau risque, le beau risque de l'autonomie», a lancé Mario Dumont ovationné à quatre reprises par ses partisans.
En plus de calquer l'expression de René Lévesque qui avait agi «avec clairvoyance» pour le «progrès québécois», Mario Dumont a repris à son compte les six grands champs de réforme que l'ancien premier
ministre péquiste avait établis, c'est-à-dire le statut du Québec, le processus de modification constitutionnelle, le partage des compétences, l'encadrement du pouvoir fédéral de dépenser, la réforme des institutions ainsi que la politique intergouvernementale.
Le chef de l'ADQ a toutefois prévenu la population que si le Québec doit se définir une position ambitieuse, il lui faudra se montrer ouvert à l'endroit des autres provinces. Il s'agirait d'une occasion pour moderniser les structures de tout le pays. «Le Québec ne doit pas s'enfermer dans une liste d'exigences à prendre ou à laisser ou dans une ronde de discussions qui soit exclusivement à propos des problèmes du Québec. Cela serait mort-né», a-t-il souligné.
La proposition de Mario Dumont s'appuie sur les démonstrations d'ouverture répétées du premier ministre canadien, notamment lors de son passage à Montréal, il y a deux semaines, où il s'est montré ouvert à limiter le pouvoir du gouvernement fédéral de dépenses hors de ses champs de compétence constitutionnelle. Stephen Harper avait alors parlé d'une «nouvelle ère pour aller de l'avant, dans un Canada fort, uni, indépendant et libre [...] avec un Québec confiant, autonome, solidaire et fier».
Il n'est pas question de forcer la main de M. Harper qui est à la tête d'un gouvernement minoritaire, mais plutôt d'alimenter le débat. Et, dans ce contexte, ni Jean Charest ni André Boisclair ne sont en mesure de prendre ce virage aux yeux du chef adéquiste. Avec des phrases assassines, Mario Dumont n'a pas hésité à écorcher le fédéralisme timide de l'un et le radicalisme de l'autre, voyant, chez l'un et l'autre, un manque de vision.
«Monsieur Charest, des gens paralysés par la peur de l'échec ne méritent pas de mener les destinées du Québec. Le Québec a besoin de leadership maintenant plus que jamais. Monsieur Charest, le fédéralisme d'ouverture, les Québécois ne veulent pas en faire une bouée de sauvetage pour vous, mais un progrès pour eux», a affirmé M. Dumont.
En s'adressant à son adversaire péquiste, il a pris un ton impératif, réclamant qu'il répudie le nouveau programme proposant la souveraineté pure et simple. «Sinon, cessez de vous réclamer de l'héritage de René Lévesque, parce que, pour l'instant, vous trahissez sa capacité de s'adapter aux circonstances quand le progrès du Québec l'exige», a dit Mario Dumont.
Après avoir vilipendé le chef, M. Dumont a ouvert la porte aux péquistes pour qu'ils se joignent à une large coalition et mettent ainsi de côté l'option souverainiste. «À vous qui pensez le Québec d'abord, je vous dis que l'option gagnante, l'option ancrée dans la réalité d'aujourd'hui, c'est l'option du beau risque de l'autonomie», a-t-il expliqué.
Le nouveau cheval de bataille de Mario Dumont survient alors que l'ADQ semble plutôt mal en point au chapitre du membership et de finances du parti. Déjà samedi, la publication dans Le Devoir d'un sondage Léger marketing avait insufflé un peu d'air frais dans les rangs adéquistes. Une hypothétique alliance entre l'ancien premier ministre Lucien Bouchard et Mario Dumont, représentant, à l'image des conservateurs de Stephen Harper, une mouvance de droite nationaliste, aurait permis de balayer le Québec.
Le retour de Lucien Bouchard à la vie politique est réclamé par un Québécois sur deux. Et Mario Dumont a saisi l'occasion à quelques reprises au cours de la fin de semaine pour lui ouvrir toutes grandes les portes de l'ADQ. Maintenant que Mario Dumont souhaite la réouverture du débat constitutionnel, peut-être M. Bouchard pourrait-il être tenté par l'aventure, lui qui a été impliqué dans le dossier Meech ce qui a conduit à sa démission comme ministre conservateur et stimulé la création du Bloc québécois. Dans les coulisses du conseil général adéquiste, on se contentait d'en sourire.
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