Lettres: Rien de bidonnant
Mathieu Valcke - Toxicologue, Montréal, le 2 mai 2006
5 mai 2006
J'ai été passablement choqué par l'article «Économisez le vin, buvez de l'eau!» paru dans Le Devoir du samedi 29 avril dernier, article qui promulguait le nouveau snobisme «tendance» en matière de consommation, à savoir l'eau embouteillée. Car il s'agit bien de snobisme mal placé aux conséquences on ne peut plus négatives du point de vue environnemental en cette ère ou l'expression «développement durable» est sur toutes les lèvres. Je me serais attendu à trouver au moins une petite réflexion à l'attention des lecteurs, du genre: «Ça demeure de l'eau, pensez-y avant de payer plus cher que l'essence pour en avoir un litre!»
Mais non, rien, pas la moindre remarque sur ce que pourrait être une marque de consommation responsable. Sans oublier les faussetés retrouvées dans cet article, notamment sur les prétendues propriétés médicamenteuses ou digestibles de certaines eaux en raison de leur faible teneur en minéraux. Je me contenterai de rappeler que l'eau distillée en laboratoire est exempte de minéraux et est absolument infecte. Il existe au Québec un règlement sur la qualité de l'eau potable, et lorsque les normes qu'on y trouve sont respectées, il n'y a aucune raison de croire que les eaux embouteillées sont meilleures pour la santé que l'eau du robinet, «Saint-Laurent frappé 2006», ce qu'essayait de nous faire croire l'article en question.
Quand les bouteilles de plastique empliront les dépotoirs et qu'il ne restera plus d'eau à embouteiller car elle aura été pompée et vendue par ceux qui considèrent cela uniquement comme une marchandise, [...] à quoi nous serviront les «cartes d'eaux» des restaurants huppés du boulevard Saint-Laurent, je vous le demande? Finalement, ce sont les Bougon qui avaient raison de considérer comme étant ridicules les gens qui regardent l'eau embouteillée avec la même passion qu'une bonne bouteille de vin.
Mais non, rien, pas la moindre remarque sur ce que pourrait être une marque de consommation responsable. Sans oublier les faussetés retrouvées dans cet article, notamment sur les prétendues propriétés médicamenteuses ou digestibles de certaines eaux en raison de leur faible teneur en minéraux. Je me contenterai de rappeler que l'eau distillée en laboratoire est exempte de minéraux et est absolument infecte. Il existe au Québec un règlement sur la qualité de l'eau potable, et lorsque les normes qu'on y trouve sont respectées, il n'y a aucune raison de croire que les eaux embouteillées sont meilleures pour la santé que l'eau du robinet, «Saint-Laurent frappé 2006», ce qu'essayait de nous faire croire l'article en question.
Quand les bouteilles de plastique empliront les dépotoirs et qu'il ne restera plus d'eau à embouteiller car elle aura été pompée et vendue par ceux qui considèrent cela uniquement comme une marchandise, [...] à quoi nous serviront les «cartes d'eaux» des restaurants huppés du boulevard Saint-Laurent, je vous le demande? Finalement, ce sont les Bougon qui avaient raison de considérer comme étant ridicules les gens qui regardent l'eau embouteillée avec la même passion qu'une bonne bouteille de vin.
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