Lettres: Soldats ou mercenaires ?
Oneil Bouchard - Saint-Joachim, le 26 avril 2006
5 mai 2006
Je n'aime pas quand le gouvernement canadien me traite en citoyen schizophrène. Le général Roméo Dallaire a bien résumé la situation à Sans frontières. Il y a une différence entre parader à tout bout de champ sur le tarmac, drapeau canadien en berne, et permettre aux journalistes de rendre compte, c'est leur métier, de signes sociaux manifestes auxquels, en vertu de leur charge, les membres du gouvernement ont officiellement accès. C'est d'abord ça, la démocratie.
J'ai entendu le ministre canadien de la Défense dire, en cassant son français, sur les ondes de la radio de Radio-Canada: «Je suis très fier de nos quatre soldats canadiens qui sont morts pour nos intérêts nationaux.»
J'ai entendu le premier ministre Stephen Harper dire que le rapatriement et la restitution des corps des quatre soldats étaient une affaire de famille... Les intérêts nationaux sont-ils devenus ceux du Parti conservateur?
À moins que les intérêts nationaux n'équivaillent aux intérêts commerciaux et aux intérêts politico-stratégiques quand, la plupart du temps, les petites gens n'ont jamais leur compte? En ce cas, il suffirait de remplacer les soldats canadiens par des mercenaires volontaires et de déclarer que le Canada souhaite devenir autre chose qu'une démocratie. Ainsi, les positions de M. Harper deviendraient cohérentes. Pas de journalistes sauf quand il le décide, des ministres non élus à l'avenant, des symboles militaires et un État policier, pourquoi pas? Sauf que, de ce pays, je ne le voudrais pas.
M. Harper semble oublier qu'il doit son élection à la sanction du Parti libéral pour le scandale des commandites, sans quoi les libéraux seraient encore au pouvoir.
J'ai entendu le ministre canadien de la Défense dire, en cassant son français, sur les ondes de la radio de Radio-Canada: «Je suis très fier de nos quatre soldats canadiens qui sont morts pour nos intérêts nationaux.»
J'ai entendu le premier ministre Stephen Harper dire que le rapatriement et la restitution des corps des quatre soldats étaient une affaire de famille... Les intérêts nationaux sont-ils devenus ceux du Parti conservateur?
À moins que les intérêts nationaux n'équivaillent aux intérêts commerciaux et aux intérêts politico-stratégiques quand, la plupart du temps, les petites gens n'ont jamais leur compte? En ce cas, il suffirait de remplacer les soldats canadiens par des mercenaires volontaires et de déclarer que le Canada souhaite devenir autre chose qu'une démocratie. Ainsi, les positions de M. Harper deviendraient cohérentes. Pas de journalistes sauf quand il le décide, des ministres non élus à l'avenant, des symboles militaires et un État policier, pourquoi pas? Sauf que, de ce pays, je ne le voudrais pas.
M. Harper semble oublier qu'il doit son élection à la sanction du Parti libéral pour le scandale des commandites, sans quoi les libéraux seraient encore au pouvoir.
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