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Lettres: Est-ce encore de l'histoire?

1 mai 2006 
Les médias viennent d'annoncer le nouveau cours d'histoire du Canada et du Québec projeté pour 2007-2008. À première vue, certains aspects apparaissent positifs, comme la reconnaissance de la présence autochtone pré-coloniale: cette histoire mentionnera-telle l'empreinte imprimée au territoire par les Premières Nations?

Dira-t-elle comment ces populations ont été décimées, puis confinées à des réserves? On peut aussi reconnaître l'intention louable de relier l'enseignement de l'histoire et l'éducation à la citoyenneté. Cependant, qui dit citoyenneté, dit sentiment d'appartenance et participation à la vie collective: comment atteindre cet objectif en occultant le concept de «nation» qui est pourtant une partie intégrante de l'appartenance à une collectivité?

Plus étonnant et inacceptable est le fait de prétendre enseigner l'histoire et de l'amputer de données indéniables et essentielles à la compréhension de la société canadienne et québécoise contemporaine. La «rectitude politique» ne consisterait-elle pas plutôt dans la vérité des faits situés dans leur contexte? Il s'agit, dit-on, de sortir du cadre d'une histoire structurée autour des conflits; les conflits, qu'on le veuille ou non, font cependant partie de l'histoire, de toute histoire. Évoquer la bataille des plaines d'Abraham, la révolte des Patriotes ou le rapatriement unilatéral de la Constitution canadienne peut se faire sans verser dans le misérabilisme revanchard. Ignorer délibérément des épisodes cruciaux, est-ce encore faire de l'histoire? Le défi consiste à démontrer, à travers la trame historique, comment une société plurielle s'est construite en traversant notamment les conflits. N'est-ce pas une façon juste et vraie d'introduire les nouveaux, nouvelles venues dans leur société d'accueil? Que les citoyennes et les citoyens du Québec se lèvent pour contrer la dénaturation et les silences concoctés par le ministère de l'Éducation à propos de notre histoire nationale!






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