Dutil torpille une idée clef de l'ADQ
Un taux unique d'imposition serait inéquitable, dit le président de Canam-Manac
Kathleen Lévesque
7 octobre 2002
Drummondville — Le chef de l'Action démocratique du Québec Mario Dumont a été plongé dans l'embarras hier à la clôture de son congrès. Le président de la campagne de financement de l'ADQ, l'homme d'affaires Marcel Dutil, a dit désapprouver le projet d'un taux unique d'imposition qu'il juge inéquitable.
Après deux jours de congrès sur le thème de la santé, la déclaration du p.-d. g. de Canam-Manac a visiblement indisposé M. Dumont. Depuis déjà quelques jours, le chef adéquiste tentait tant bien que mal de minimiser l'impact de sa valse-hésitation sur le dossier du taux unique d'imposition (flat tax) qui est pourtant l'idée maîtresse du programme fiscal de l'ADQ.
Sur la défensive en conférence de presse, le chef adéquiste a tenté à plusieurs reprises d'éluder la question, se sentant toutefois obligé d'affirmer qu'il ne se «défilait» pas.
«M. Dutil a semble-t-il manifesté une grande préoccupation pour la classe moyenne. Elle est largement partagée par les membres de notre parti. Pour le reste, on unit les forces du changement. Les gens n'ont pas, pour militer à l'ADQ, à prêter un serment d'allégeance sur chacun des paragraphes du programme», s'est borné à répéter Mario Dumont.
À son arrivée au congrès plus tôt dans la journée, Marcel Dutil a critiqué cette mesure du taux unique d'imposition qui priverait le gouvernement de revenus provenant des plus riches de la société. «Le taux unique à 20 %, je pense que ce n'est pas équitable pour l'ensemble de la société, a-t-il déclaré. [...] Qu'une famille qui a des revenus de 35 000-40 000 $ ne paie pas d'impôt, ce serait tout à fait correct et ceux qui gagnent 200 000 $ ou plus, qu'ils en paient 40-45 %, ce serait correct aussi.»
L'économiste Yves Séguin, qui a présidé la Commission sur le déséquilibre fiscal et que l'ADQ voudrait bien attirer dans ses rangs, exprime également beaucoup de réserve à propos du taux unique d'imposition. Il qualifie l'idée de «périlleuse» et prône plutôt la modernisation du système fiscal par l'élimination des nombreux abris fiscaux. «C'est une théorie fiscale qui peut paraître attrayante mais qui risque de créer un monstre. Ce n'est pas vrai que les riches consommeraient tant et tant que la taxe de vente compenserait pour les revenus d'impôts perdus par l'État. C'est une vision de l'esprit. Simplifier pour créer des injustices, moi je débarque», a affirmé au Devoir M. Séguin.
Accéder au pouvoir
Malgré cet épineux dossier, Mario Dumont a clôturé le congrès qui s'est déroulé à Drummondville en invitant les quelque 1000 militants présents à travailler d'arrache-pied en vue des prochaines élections. Celui qui démontrait il y a encore quelques semaines une certaine humilité devant l'appui populaire pouvant le mener au poste de premier ministre, a changé de discours. Mario Dumont veut accéder au pouvoir.
«Les adversaires qui laissaient courir le bruit il y a quelques années, qu'on ne devrait pas exister, ont une nouvelle chanson: on devrait peut-être faire un stage dans l'opposition. Ce sont des partis qui n'ont pas assez de fierté pour miser sur leurs idées et qui espèrent ramasser le pouvoir par défaut pour qu'on gaspille quatre autres années à ne pas régler les problèmes. Je vais vous dire une chose et je veux que vous m'écoutiez bien. Chacun des gestes que je pose chaque jour en préparation électorale, c'est pour gagner l'élection. Rien d'autre!», a lancé le jeune politicien chaudement applaudi.
Tout comme il l'avait fait la veille, M. Dumont a rappelé à ses troupes qu'il ne fallait pas se laisser distraire par les attaques des adversaires. Il faut conserver son énergie pour ratisser les circonscriptions plutôt que de répondre aux invectives.
Mais si M. Dumont se refuse à répliquer aux libéraux et péquistes, il a investi beaucoup d'énergie au cours de la dernière semaine à répondre aux médias qui ont créé, en rapportant les propos de M. Dumont lui-même, une certaine turbulence. Vendredi, Mario Dumont avait même senti le besoin de réaffirmer que «sur le fond des choses» l'ADQ ne reculerait pas. Chose certaine, l'idée du taux unique à 20 % dont le programme prévoit l'instauration au cours du premier mandat est passée à une «orientation».
Devant les militants, aucun détail du programme n'a été présenté. M. Dumont a parlé des grands principes en lançant son slogan que tout doit se faire autrement: mais surtout gagner et gouverner.
Son discours avait toutes les allures d'une séance de motivation pour «secouer les vieilles façons de penser». M. Dumont a également lancé un appel aux citoyens issus du secteur de l'éducation, du réseau de la santé, du monde municipal, de la fonction publique et du milieu des affaires pour travailler à «la rénovation de la maison».
Après deux jours de congrès sur le thème de la santé, la déclaration du p.-d. g. de Canam-Manac a visiblement indisposé M. Dumont. Depuis déjà quelques jours, le chef adéquiste tentait tant bien que mal de minimiser l'impact de sa valse-hésitation sur le dossier du taux unique d'imposition (flat tax) qui est pourtant l'idée maîtresse du programme fiscal de l'ADQ.
Sur la défensive en conférence de presse, le chef adéquiste a tenté à plusieurs reprises d'éluder la question, se sentant toutefois obligé d'affirmer qu'il ne se «défilait» pas.
«M. Dutil a semble-t-il manifesté une grande préoccupation pour la classe moyenne. Elle est largement partagée par les membres de notre parti. Pour le reste, on unit les forces du changement. Les gens n'ont pas, pour militer à l'ADQ, à prêter un serment d'allégeance sur chacun des paragraphes du programme», s'est borné à répéter Mario Dumont.
À son arrivée au congrès plus tôt dans la journée, Marcel Dutil a critiqué cette mesure du taux unique d'imposition qui priverait le gouvernement de revenus provenant des plus riches de la société. «Le taux unique à 20 %, je pense que ce n'est pas équitable pour l'ensemble de la société, a-t-il déclaré. [...] Qu'une famille qui a des revenus de 35 000-40 000 $ ne paie pas d'impôt, ce serait tout à fait correct et ceux qui gagnent 200 000 $ ou plus, qu'ils en paient 40-45 %, ce serait correct aussi.»
L'économiste Yves Séguin, qui a présidé la Commission sur le déséquilibre fiscal et que l'ADQ voudrait bien attirer dans ses rangs, exprime également beaucoup de réserve à propos du taux unique d'imposition. Il qualifie l'idée de «périlleuse» et prône plutôt la modernisation du système fiscal par l'élimination des nombreux abris fiscaux. «C'est une théorie fiscale qui peut paraître attrayante mais qui risque de créer un monstre. Ce n'est pas vrai que les riches consommeraient tant et tant que la taxe de vente compenserait pour les revenus d'impôts perdus par l'État. C'est une vision de l'esprit. Simplifier pour créer des injustices, moi je débarque», a affirmé au Devoir M. Séguin.
Accéder au pouvoir
Malgré cet épineux dossier, Mario Dumont a clôturé le congrès qui s'est déroulé à Drummondville en invitant les quelque 1000 militants présents à travailler d'arrache-pied en vue des prochaines élections. Celui qui démontrait il y a encore quelques semaines une certaine humilité devant l'appui populaire pouvant le mener au poste de premier ministre, a changé de discours. Mario Dumont veut accéder au pouvoir.
«Les adversaires qui laissaient courir le bruit il y a quelques années, qu'on ne devrait pas exister, ont une nouvelle chanson: on devrait peut-être faire un stage dans l'opposition. Ce sont des partis qui n'ont pas assez de fierté pour miser sur leurs idées et qui espèrent ramasser le pouvoir par défaut pour qu'on gaspille quatre autres années à ne pas régler les problèmes. Je vais vous dire une chose et je veux que vous m'écoutiez bien. Chacun des gestes que je pose chaque jour en préparation électorale, c'est pour gagner l'élection. Rien d'autre!», a lancé le jeune politicien chaudement applaudi.
Tout comme il l'avait fait la veille, M. Dumont a rappelé à ses troupes qu'il ne fallait pas se laisser distraire par les attaques des adversaires. Il faut conserver son énergie pour ratisser les circonscriptions plutôt que de répondre aux invectives.
Mais si M. Dumont se refuse à répliquer aux libéraux et péquistes, il a investi beaucoup d'énergie au cours de la dernière semaine à répondre aux médias qui ont créé, en rapportant les propos de M. Dumont lui-même, une certaine turbulence. Vendredi, Mario Dumont avait même senti le besoin de réaffirmer que «sur le fond des choses» l'ADQ ne reculerait pas. Chose certaine, l'idée du taux unique à 20 % dont le programme prévoit l'instauration au cours du premier mandat est passée à une «orientation».
Devant les militants, aucun détail du programme n'a été présenté. M. Dumont a parlé des grands principes en lançant son slogan que tout doit se faire autrement: mais surtout gagner et gouverner.
Son discours avait toutes les allures d'une séance de motivation pour «secouer les vieilles façons de penser». M. Dumont a également lancé un appel aux citoyens issus du secteur de l'éducation, du réseau de la santé, du monde municipal, de la fonction publique et du milieu des affaires pour travailler à «la rénovation de la maison».
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