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    Libre opinion: Mettre en valeur le patrimoine politique

    19 avril 2006 |Denis Monière - Président, Société du patrimoine politique du Québec
    La Société du patrimoine politique du Québec appuie les démarches entreprises par diverses organisations pour la préservation et la mise en valeur du site patrimonial que constitue la maison de Louis-Hippolyte-Lafontaine. Nous désirons plus particulièrement sensibiliser la ministre de la Culture et des Communications du Québec pour qu'elle procède dans les meilleurs délais au classement de cette maison, ce qui la protégerait définitivement de la disparition.

    L'histoire n'est pas qu'affaire de récit ou de connaissances livresques. Elle doit aussi pouvoir s'incarner concrètement dans des lieux qui assurent la transmission dans le temps des événements qui ont marqué notre évolution. La commémoration est nécessaire à l'enracinement et à l'identité collective. À cet égard, les maisons des premiers ministres et des acteurs politiques influents peuvent constituer des traces tangibles du passé et servir de jalons entre le passé et l'avenir.

    Certes, la conservation est essentielle, mais elle est insuffisante si on ne se préoccupe pas de la vocation et de l'utilisation de ces lieux historiques. Comme le Québec est un des rares États en Amérique du Nord à ne pas avoir de politique de commémoration en la matière, il faut donc agir au cas par cas pour définir la mise en valeur de ces lieux.

    Un appui de l'Assemblée nationale

    En ce qui concerne la maison de L.-H. Lafontaine, on a proposé qu'elle serve de lieu d'interprétation du processus d'obtention du gouvernement responsable qui marqua l'avènement d'une véritable démocratie parlementaire au Canada. L'interprétation de l'histoire est toujours objet de controverse et, pour éviter les querelles stériles qui risqueraient d'hypothéquer les chances de succès de cette opération, il faudra donner une perspective large à cette proposition afin d'inclure toutes les étapes de ce processus.

    Cette maison n'a pas de lien direct avec la lutte pour le gouvernement responsable et sa reconnaissance en 1846 puisque, à ce moment-là, elle appartenait au brasseur George Bourne. Lafontaine n'en fera l'acquisition qu'en 1849 et y résidera jusqu'à sa mort, en 1864.

    Comme le faisait remarquer à juste titre Normand Lester dans son article publié par Le Devoir du 1er avril dernier, cette maison a été témoin des émeutes provoquées par la sanction du bill des indemnités et la loi d'amnistie des patriotes de 1837-38 proposées par le gouvernement Lafontaine-Baldwin. Lors de la deuxième émeute, il y eu un mort et plusieurs blessés.

    C'est d'ailleurs à la suite de ces événements que Montréal a perdu son statut de capitale du Canada-Uni.

    Nous savons que la maison natale de Lafontaine à Boucherville est déjà protégée par l'État, mais elle n'a pas la dimension suffisante pour servir à des fins muséales. Celle de Montréal devrait elle aussi être classée et pourrait être utilisée dans le cadre d'un projet de valorisation de toutes les étapes ayant conduit à l'établissement du gouvernement responsable et pas seulement pour commémorer la période 1840-48. On pourrait y loger un musée mettant en valeur les luttes démocratiques au XIXe siècle.

    Nous pensons également que l'Assemblée nationale du Québec doit participer à ce projet à titre de successeur de l'Assemblée législative du Bas-Canada en appuyant la demande de classement de cette maison. Tant par sa valeur architecturale, due au fait qu'on y retrouve deux styles — le néo-classique et celui du Second Empire —, que par son intérêt historique, cet édifice mérite un meilleur sort que l'abandon et, à terme, le pic des démolisseurs.












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