Lettres: Sauvez ce vaisseau
Pascal Barrette - Ottawa, le 5 avril 2006
7 avril 2006
«Télévision: les règles du jeu doivent changer, selon Péladeau», titrait Le Devoir du 5 avril. Lui et Sylvain Lafrance lancent le même appel pour «revoir l'équilibre des droits» de diffusion. Le 15 décembre 1993, j'assistais à une conférence de Keith Spicer, ancien président du CRTC, sur le même sujet. Étonnant comme ses propos sont toujours d'actualité. MM. Péladeau et Lafrance pourraient s'en inspirer. En voici le compte rendu que je m'étais alors fait.
Le développement de la technologie, la monopolisation grandissante du marché et le client-roi en matière d'audiovisuel font en sorte qu'il ne sera plus possible pour l'État canadien de réglementer comme autrefois. Le régime actuel, fruit d'un marchandage à l'amiable entre les distributeurs et l'État, n'est plus soutenable.
Spicer suggère un «nouveau marchandage» basé sur un rééquilibrage entre les profits monstres des distributeurs du produit hollywoodien et une aide quelconque à la production canadienne. Et ce, en donnant «le pouvoir aux artistes». Il suggère un débat public, afin de préparer l'opinion, sur la nécessité d'une «contre-attaque» positive à la production américaine par un soutien accru aux artistes canadiens.
En écoutant ses propos d'après-conférence, j'ai pu déceler qu'il suggérait des mesures fiscales détournant une partie des profits monstres engendrés par la vente de produits étrangers (câble) pour stimuler la production canadienne.
Je suis un boulimique de télé. Quand je vois les séries américaines, je ne peux m'empêcher de répéter, comme Qohélet: «Vanité, vanité, tout n'est que vanité.» Par contre, je dis souvent bravo quand je regarde les émissions canadiennes, surtout en langue française, qui font montre tant de contenu que de créativité. Gens décideurs, sauvez ce vaisseau, fût-il d'argent.
Le développement de la technologie, la monopolisation grandissante du marché et le client-roi en matière d'audiovisuel font en sorte qu'il ne sera plus possible pour l'État canadien de réglementer comme autrefois. Le régime actuel, fruit d'un marchandage à l'amiable entre les distributeurs et l'État, n'est plus soutenable.
Spicer suggère un «nouveau marchandage» basé sur un rééquilibrage entre les profits monstres des distributeurs du produit hollywoodien et une aide quelconque à la production canadienne. Et ce, en donnant «le pouvoir aux artistes». Il suggère un débat public, afin de préparer l'opinion, sur la nécessité d'une «contre-attaque» positive à la production américaine par un soutien accru aux artistes canadiens.
En écoutant ses propos d'après-conférence, j'ai pu déceler qu'il suggérait des mesures fiscales détournant une partie des profits monstres engendrés par la vente de produits étrangers (câble) pour stimuler la production canadienne.
Je suis un boulimique de télé. Quand je vois les séries américaines, je ne peux m'empêcher de répéter, comme Qohélet: «Vanité, vanité, tout n'est que vanité.» Par contre, je dis souvent bravo quand je regarde les émissions canadiennes, surtout en langue française, qui font montre tant de contenu que de créativité. Gens décideurs, sauvez ce vaisseau, fût-il d'argent.
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