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Santé: une garantie de soins privés ?

Robert Dutrisac   5 avril 2006 
Québec — Dépourvue d'un financement public adéquat, la garantie de soins mise en avant par le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, mène tout droit à la privatisation accrue du système de santé.

C'est ce qu'a déclaré en commission parlementaire le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le Dr Yves Dugré, en cette première journée de consultations publiques sur la place du secteur privé dans le domaine de la santé. «Le gouvernement nous amène dans une issue où, finalement, les gens vont dire: "eh bien oui, je pense qu'on est mal pris, il faudrait vraiment aller du côté du privé". C'est ce qu'il nous dit, dans le fond», a dit le Dr Dugré après sa comparution.

Le président de la FMSQ s'est dit «sceptique» à l'endroit de la démarche gouvernementale qui, à terme, vise à étendre les garanties de soins à un grand nombre de chirurgies. Le document préparé par le ministre est «schizophrène», estime le Dr Dugré. D'un côté, Philippe Couillard affirme sa foi dans un système de santé public et universel alors que, de l'autre, il statue que le financement public ne peut plus augmenter. «Nos grands prêtres de l'économie nous disent qu'on investit suffisamment en santé, qu'on est aux limites, qu'on va frapper un mur. Donc, on met la table mais les cuisines sont fermées», a dit le Dr Dugré.

Dans le document intitulé Garantir l'accès: un défi d'équité, d'efficience et de qualité et préparé aux fins de la consultation publique, M. Couillard décrit cette «nouvelle ère de la garantie d'accès aux soins» qui commence par une dépense de 20 millions cette année. Cette garantie de soins dans des délais médicalement acceptables porte sur les chirurgies cardiaques, la radio-oncologie et les chirurgies liées au cancer. À cette première garantie de soins dont dépend la survie des patients s'ajoute une garantie de soins pour trois chirurgies électives, soit le remplacement de la hanche et du genou ainsi que les chirurgies de la cataracte. En outre, pour se conformer à l'arrêt Chaoulli de la Cour suprême, il sera permis de souscrire une assurance privée pour ces trois types de chirurgies électives. Quant au financement du système de santé, il en est brièvement question dans le document dévoilé en février. Ce financement public est jugé extrêmement problématique, comme les rapports Ménard et Clair l'avaient déjà constaté.

Hier, M. Couillard a souligné que la commission avait reçu 125 mémoires et que 3400 personnes se sont exprimées lors d'une consultation en ligne.

À l'ouverture de cette commission, Philippe Couillard a aussi eu maille à partir avec Marie-Claude Prémont, vice-doyenne de la faculté de droit de l'université McGill. Selon cette juriste, le gouvernement Charest, dans sa volonté de se conformer à l'arrêt Chaoulli, n'a pas à ouvrir la porte à l'assurance privée pour des soins couverts par le régime public. Il n'a qu'à garantir que les chirurgies et les traitements soient fournis dans des délais qui ne soient pas abusifs.

Mme Prémont a relevé que M. Couillard avait adopté «une vision conservatrice» de la garantie de soins en privilégiant une garantie public-privé où le secteur privé sera appelé à pallier les lacunes du réseau public. «Forcer le réseau public à se soumettre à des délais avant même que les mesures de respect ne soient en vigueur ne peut avoir pour effet que d'obliger le réseau public à transférer les patients sur une base continue à un réseau parallèle privé dont les fonds publics assurent ainsi la mise en place et le développement», a-t-elle fait observer.

Agacé par cette référence à une vision conservatrice, M. Couillard a fait valoir qu'il ne s'agissait pas ici d'un débat gauche-droite puisque plusieurs pays sociaux-démocrates, comme la Suède, l'Allemagne, le Royaume-Uni ou la France, font appel à la prestation privée de soins financée par l'État.






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  • Louise Hurteau
    Inscrite
    mercredi 5 avril 2006 08h21
    Santé privatiser: On tente de nous en passer une vite ...
    « «Le gouvernement nous amène dans une issue où, finalement, les gens vont dire: "eh bien oui, je pense qu'on est mal pris, il faudrait vraiment aller du côté du privé"

    Eh bien voilà, depuis fort longtemps, les différents gouvernements tentent à tout prix de privatiser de plus en plus nos services de santé et ce sans réduction de taxe ! Ils n'ont aucun intérêt à vouloir corriger certaines abberrations du système de santé actuel, car en bout de ligne, ce qu'il recherche, c'est la privatisation. Plus le système est en mauvais état, plus les citoyens seront heureux de passer à la privatisation.

    On se nivelle par le bas. Les USA avec plus d'un million de personne sans aucun service de santé, avec le plus haut taux de mortalité infantile de tous les pays industrialisés, des maisons vendues pour payer les frais de santé, des faillites nombreuses, et le refus des entreprise de s'instaler aux USA de plus en plus en raison des frais énormes d'assurance de services de santé privé. C'est vers là qu'on veut aller ? Le service de santé privé, ce n'est pas moins cher, au contraire, les USA a le système de santé le plus cher de tous les pays industrialisés.

    J'espère que le Québec va dire à nos élus - Libéral ou Péquiste - que cette tendance est innacceptable ! »

  • Roland Berger
    Abonné
    mercredi 5 avril 2006 09h18
    Tout au privé
    « Les services publics de soins de santé ne rapporten pas, rien de plus simple, confions-les au privé. Regardons de plus près les services publics d'enseignement maintenant ! Tiens, ils ne rapportent pas non plus. Au privé ! Le néo-libéralisme a été si bien distillé dans les esprits que les gens en sont rendus à voir comme suspectes des dépenses étatiques consacrées à la santé et à l'éducation des citoyens. »

  • FARID KODSI
    Inscrit
    mercredi 5 avril 2006 11h25
    La privatisation - une bonne affaire
    « Alors que les syndiqués des hôpitaux et des Affaires sociales s'amusent à confronter le gouvernement en faisant des grèves et des boycotts, la population en a marre du laisser-aller des travailleurs et de leurs revendications et se tourne donc avec raison vers le secteur public, un secteur plus dynamique et beaucoup moins politisé. Tant pis pour les syndicats qui appuient le Parti québécois et la souveraineté et bravo pour le gouvernement Charest, un gouvernement qui se tient debout pour protéger la population et non les syndicats comme le gouvernement précédent. »

  • Marie-France Legault
    Inscrite
    lundi 17 avril 2006 09h32
    Union des syndicalistes et péquistes.
    « C'est bien connu, les syndicalistes et les péquistes sont unis depuis le 14 avril 2003, pour "écoeurer" le gouvernement.

    Deux raisons:

    -.les péquistes ont perdu le pouvoir.
    -. les syndicalistes ont perdu leur allié naturel et aussi le pouvoir qu'ils partageaient avec le P.Q.

    C'est Mme Marois qui a donné le mot d'ordre le 14 avril 2003: "Nous sommes assez nombreux pour leur faire de la m..."

    Dans sa rage et déception, elle a quitté son langage soigné...

    Est-ce le retour du balancier?...elle a quitté le P.Q. parce que Monsieur Boisclair lui en a fait manger...


    Tous les québécois ne sont pas syndicalistes et péquistes...Ils ont voté pour que le gouvernement gouverne, et c'est ce qu'il fait très bien. les lois 45 et 142 entrent dans le corps des syndicaleux...bravo! »

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