Lettres: À quoi sert un DES ?
Mario Jodoin - Économiste et président du conseil d'établissement de l'école secondaire Jeanne-Mance. Montréal, le 31 mars 2006
5 avril 2006
Dans son édition du jeudi 30 mars, Le Devoir publiait un article, intitulé «Le nouveau diplôme du secondaire reste trop faible, selon les cégeps», dans lequel on présentait la position de la Fédération des cégeps à propos du diplôme d'études secondaires (DES).
Dans cet article, la Fédération des cégeps justifiait sa position en déplorant le fait que les cégeps devront continuer à ajouter des exigences aux diplômés du DES pour les accueillir, tout particulièrement en mathématiques. En considérant cette situation comme une «incohérence du système», la Fédération semble affirmer que le seul rôle du DES est de servir de préalable à des études collégiales. Or ce n'est pas le cas.
Le DES représente le seuil de formation scolaire pour pouvoir accéder à un très grand nombre d'emplois. Les employeurs le reconnaissent comme étant garant d'un niveau acceptable de compétences scolaires et personnelles. Le fait d'ajouter l'obligation de réussir les maths de cinquième ou de rehausser le niveau du cours de mathématiques 416 pour obtenir un DES, comme le propose la Fédération, risque de pénaliser un grand nombre de jeunes.
Cette propension à vouloir rehausser sans cesse la valeur du DES pourrait expliquer en partie un paradoxe apparent qui intrigue les analystes du milieu de l'éducation depuis de nombreuses années: comment se fait-il que nos jeunes se démarquent positivement dans leurs résultats en langue, en sciences et en mathématiques lors d'examens internationaux mais qu'ils aient un taux d'obtention du DES moins élevé qu'ailleurs? Serait-il possible que même le DES actuel soit plus exigeant qu'ailleurs? Je ne prétends pas que ce soit bien ou mal en soi, mais j'estime qu'il faut assumer nos choix de société et être conscients de leurs conséquences.
Je comprends bien qu'un jeune doive maîtriser la trigonométrie pour étudier en sciences de la nature ou en techniques d'usinage, mais en quoi cette compétence est-elle essentielle pour accéder au marché du travail dans des emplois qui ne requièrent pas une telle connaissance scientifique, soit la grande majorité des emplois? En quoi la Fédération des cégeps se sent-elle lésée de devoir faire ce qu'elle a toujours fait, soit préciser des préalables spécifiques selon les caractéristiques et les exigences des différents programmes offerts par les cégeps?
Au fond, sait-elle et sait-on vraiment à quoi sert un DES?
Dans cet article, la Fédération des cégeps justifiait sa position en déplorant le fait que les cégeps devront continuer à ajouter des exigences aux diplômés du DES pour les accueillir, tout particulièrement en mathématiques. En considérant cette situation comme une «incohérence du système», la Fédération semble affirmer que le seul rôle du DES est de servir de préalable à des études collégiales. Or ce n'est pas le cas.
Le DES représente le seuil de formation scolaire pour pouvoir accéder à un très grand nombre d'emplois. Les employeurs le reconnaissent comme étant garant d'un niveau acceptable de compétences scolaires et personnelles. Le fait d'ajouter l'obligation de réussir les maths de cinquième ou de rehausser le niveau du cours de mathématiques 416 pour obtenir un DES, comme le propose la Fédération, risque de pénaliser un grand nombre de jeunes.
Cette propension à vouloir rehausser sans cesse la valeur du DES pourrait expliquer en partie un paradoxe apparent qui intrigue les analystes du milieu de l'éducation depuis de nombreuses années: comment se fait-il que nos jeunes se démarquent positivement dans leurs résultats en langue, en sciences et en mathématiques lors d'examens internationaux mais qu'ils aient un taux d'obtention du DES moins élevé qu'ailleurs? Serait-il possible que même le DES actuel soit plus exigeant qu'ailleurs? Je ne prétends pas que ce soit bien ou mal en soi, mais j'estime qu'il faut assumer nos choix de société et être conscients de leurs conséquences.
Je comprends bien qu'un jeune doive maîtriser la trigonométrie pour étudier en sciences de la nature ou en techniques d'usinage, mais en quoi cette compétence est-elle essentielle pour accéder au marché du travail dans des emplois qui ne requièrent pas une telle connaissance scientifique, soit la grande majorité des emplois? En quoi la Fédération des cégeps se sent-elle lésée de devoir faire ce qu'elle a toujours fait, soit préciser des préalables spécifiques selon les caractéristiques et les exigences des différents programmes offerts par les cégeps?
Au fond, sait-elle et sait-on vraiment à quoi sert un DES?
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