Le sénateur Nolin s'explique - Drogues: un rapport mal compris
Pierre-Claude Nolin - Le sénateur Pierre-Claude Nolin présidait le Comité spécial du Sénat sur les drogues illicites, qui a récemment rendu public son rapport intitulé Le cannabis - Positions pour un régime de politique publique pour le Canada.
30 août 2010 22h35
Le rapport du Comité spécial sur les drogues illicites a, à bien des égards, suscité la réaction que nous espérions: des discussions, des débats et des dialogues informés. Il faut continuer. Cependant, lorsque je participe à des émissions de radio ou de télé, lorsque je lis des lettres ouvertes, des éditoriaux et des articles des collaborateurs, je me rends compte que certaines sections du rapport n'ont pas été lues ou ont été mal interprétées.
Tout d'abord, nous n'approuvons pas l'utilisation des drogues à des fins ludiques. Nous préférerions vivre dans une société exempte de drogues tout autant que nous aimerions voir la paix régner sur notre planète. Nous sommes toutefois conscients que cela ne se produira pas de notre vivant.
Notre rapport repose sur l'idée voulant que, dans une société démocratique comme la nôtre, les gens devraient pouvoir choisir leur comportement pour autant qu'ils ne nuisent pas à leurs concitoyens. Nous estimons que le cannabis relève de cette catégorie. Il est moins dommageable que le tabac et l'alcool; nous devrions donc le traiter de la même façon. Selon nous, les Canadiens ne devraient pas avoir un dossier criminel parce qu'ils ont consommé de la marijuana à des fins ludiques personnelles.
L'âge légal de 16 ans pour consommer de la marijuana a aussi été vivement critiqué. Le comité a recommandé que l'âge légal pour consommer ne soit en aucun cas inférieur à 16 ans car les découverts scientifiques ont permis de déterminer que le cerveau humain est alors suffisamment développé et ne risque pas de souffrir physiquement de la consommation de cannabis. Autrement dit, nous recommandons aux autorités de ne pas légaliser la consommation de cannabis chez les personnes de moins de 16 ans. Si elles le jugent préférable, les autorités compétentes peuvent choisir de fixer à plus de 16 ans l'âge légal acceptable.
Mauvais message
On a beaucoup parlé des messages véhiculés. Avant de transmettre un message, il faudrait débattre intelligemment de son contenu. Un chef politique a même affirmé qu'il préférerait que ses enfants consomment de l'alcool au lieu de fumer du cannabis. Quel mauvais message! Je vous rappelle que ce rapport ne prétend pas comparer les avantages du cannabis à ceux d'autres substances. Il s'agit plutôt de déterminer si des Canadiens autrement respectueux de la loi devraient être pourchassés, poursuivis et punis par le système de justice pénale parce qu'ils consomment une substance somme toute relativement inoffensive.
Nous croyons que l'éducation, les thérapies et la prévention — non pas la prohibition et la criminalisation — sont les meilleures armes contre les problèmes que peut occasionner la consommation de tabac, d'alcool ou de cannabis. Par conséquent, si vous vous efforcez de convaincre vos enfants de ne pas consommer de drogues, notre rapport se révélera une aide précieuse.
Nous sommes également surpris des attaques de certains organismes représentant la police. Nous les avons écoutés avec beaucoup d'attention, mais nous ne sommes pas d'accord avec eux. Notre rapport aborde des questions précises soulevées par la police, par exemple la mise en oeuvre d'une politique nationale sur les drogues, un conseiller national, la coordination efficace de la recherche ainsi que la recommandation au sujet de la réduction du taux d'alcool permis de 0,08 à 0,04 lorsque le conducteur a aussi consommé du cannabis.
Décision éclairée
À l'heure actuelle, le crime organisé tire d'énormes profits de la vente de drogues illicites. La légalisation soustrairait la production et la distribution des produits du cannabis au crime organisé. Les profits iraient ainsi aux actionnaires, non pas aux terroristes ou aux membres de gangs criminels. Mais avant tout, les consommateurs n'achèteraient plus de cannabis d'un trafiquant qui vend aussi du crack, de la cocaïne ou de l'héroïne. Le cannabis peut peut-être servir de «passerelle» lorsque des consommateurs, surtout des jeunes, s'approvisionnent auprès d'un trafiquant qui a tout à gagner de les convaincre d'acheter des substances beaucoup plus toxicomanogènes.
Nous croyons que les Canadiens sont en mesure de prendre une décision éclairée au sujet du cannabis. J'espère que notre rapport continuera de fournir les renseignements et les idées dont le Canada a besoin pour formuler une nouvelle politique qui favorise la guérison et la dignité au lieu de la dégradation et du désespoir qu'entraîne notre politique répressive actuelle.
Tout d'abord, nous n'approuvons pas l'utilisation des drogues à des fins ludiques. Nous préférerions vivre dans une société exempte de drogues tout autant que nous aimerions voir la paix régner sur notre planète. Nous sommes toutefois conscients que cela ne se produira pas de notre vivant.
Notre rapport repose sur l'idée voulant que, dans une société démocratique comme la nôtre, les gens devraient pouvoir choisir leur comportement pour autant qu'ils ne nuisent pas à leurs concitoyens. Nous estimons que le cannabis relève de cette catégorie. Il est moins dommageable que le tabac et l'alcool; nous devrions donc le traiter de la même façon. Selon nous, les Canadiens ne devraient pas avoir un dossier criminel parce qu'ils ont consommé de la marijuana à des fins ludiques personnelles.
L'âge légal de 16 ans pour consommer de la marijuana a aussi été vivement critiqué. Le comité a recommandé que l'âge légal pour consommer ne soit en aucun cas inférieur à 16 ans car les découverts scientifiques ont permis de déterminer que le cerveau humain est alors suffisamment développé et ne risque pas de souffrir physiquement de la consommation de cannabis. Autrement dit, nous recommandons aux autorités de ne pas légaliser la consommation de cannabis chez les personnes de moins de 16 ans. Si elles le jugent préférable, les autorités compétentes peuvent choisir de fixer à plus de 16 ans l'âge légal acceptable.
Mauvais message
On a beaucoup parlé des messages véhiculés. Avant de transmettre un message, il faudrait débattre intelligemment de son contenu. Un chef politique a même affirmé qu'il préférerait que ses enfants consomment de l'alcool au lieu de fumer du cannabis. Quel mauvais message! Je vous rappelle que ce rapport ne prétend pas comparer les avantages du cannabis à ceux d'autres substances. Il s'agit plutôt de déterminer si des Canadiens autrement respectueux de la loi devraient être pourchassés, poursuivis et punis par le système de justice pénale parce qu'ils consomment une substance somme toute relativement inoffensive.
Nous croyons que l'éducation, les thérapies et la prévention — non pas la prohibition et la criminalisation — sont les meilleures armes contre les problèmes que peut occasionner la consommation de tabac, d'alcool ou de cannabis. Par conséquent, si vous vous efforcez de convaincre vos enfants de ne pas consommer de drogues, notre rapport se révélera une aide précieuse.
Nous sommes également surpris des attaques de certains organismes représentant la police. Nous les avons écoutés avec beaucoup d'attention, mais nous ne sommes pas d'accord avec eux. Notre rapport aborde des questions précises soulevées par la police, par exemple la mise en oeuvre d'une politique nationale sur les drogues, un conseiller national, la coordination efficace de la recherche ainsi que la recommandation au sujet de la réduction du taux d'alcool permis de 0,08 à 0,04 lorsque le conducteur a aussi consommé du cannabis.
Décision éclairée
À l'heure actuelle, le crime organisé tire d'énormes profits de la vente de drogues illicites. La légalisation soustrairait la production et la distribution des produits du cannabis au crime organisé. Les profits iraient ainsi aux actionnaires, non pas aux terroristes ou aux membres de gangs criminels. Mais avant tout, les consommateurs n'achèteraient plus de cannabis d'un trafiquant qui vend aussi du crack, de la cocaïne ou de l'héroïne. Le cannabis peut peut-être servir de «passerelle» lorsque des consommateurs, surtout des jeunes, s'approvisionnent auprès d'un trafiquant qui a tout à gagner de les convaincre d'acheter des substances beaucoup plus toxicomanogènes.
Nous croyons que les Canadiens sont en mesure de prendre une décision éclairée au sujet du cannabis. J'espère que notre rapport continuera de fournir les renseignements et les idées dont le Canada a besoin pour formuler une nouvelle politique qui favorise la guérison et la dignité au lieu de la dégradation et du désespoir qu'entraîne notre politique répressive actuelle.
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