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Lettres: Étonnement

30 mars 2006 
L'édition du 23 mars du Devoir présentait à la une un article à contenu très éditorial de Louis-Gilles Francoeur sur la visite de Brigitte Bardot à Ottawa. Il est étonnant que Le Devoir ait confié à un chasseur sportif ouvertement déclaré (joli euphémisme pour nommer ceux qui traquent et tuent les animaux pour le plaisir) le soin de commenter cette information. On peut très bien comprendre ce qu'il pourrait advenir de la chasse sportive si on en venait un jour à condamner la chasse dite de nécessité, comme la chasse aux phoques.

Sans aucunement soutenir ici les prétentions de ceux qui s'opposent à la chasse aux phoques, il n'en demeure pas moins qu'il y aurait intérêt à recevoir leurs critiques avec plus d'ouverture et une meilleure distance critique que votre journal ne l'a fait. La première campagne menée contre la chasse aux phoques dans les années 80, combattue au Canada avec la même hargne qu'à l'heure actuelle, n'en a pas moins mené à l'interdiction de tuer les blanchons. Personne aujourd'hui ne songerait à remettre en cause cet acquis. Qui plus est, on s'en sert maintenant pour légitimer le caractère acceptable de la chasse.

Par ailleurs, les opposants à la chasse ne sont pas sans soulever des questions qui se répercutent dans d'autres sphères de la protection de l'environnement. Ainsi en est-il de l'argument qui voudrait que la chasse aux phoques maintienne les équilibres écologiques avec les autres espèces. Jusqu'à maintenant, les résultats des interventions humaines dans le maintien des équilibres écologiques ont toujours été très mitigés. Sans oublier le fait qu'auparavant, les prélèvements de source humaine d'importants stocks de phoques et de morues coexistaient sans poser le moindre problème.

Finalement, quelle est la différence entre la possibilité de chasser les phoques pour s'assurer de maigres revenus, entre les cycles saisonniers des chèques d'assurance-chômage, et l'exclusion d'un parc national d'une montagne déjà convertie en centre de ski pour assurer de bas salaires dans le secteur hôtelier à une population frappée par le chômage?

***

Réponse

Faudrait-il, dans votre esprit, être athée pour couvrir la religion ou réserver la couverture du secteur de la consommation à un ermite?

Louis-Gilles Francoeur






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