Troc pour le génocide
Serge Truffaut
4 octobre 2002
Jusqu'à tout récemment, Biljana Plavsic était accusée de génocide, crimes contre l'humanité, violations des lois ou coutumes de la guerre et violations graves des conventions de Genève.
À la suite d'un troc entre avocats des parties concernées, Plavsic a convenu de plaider coupable de crimes contre l'humanité, en échange de quoi les autres poursuites, dont celle de génocide, sont abandonnées. Lorsqu'on s'arrête à la lourdeur des charges qui pesaient contre elle, force est de constater que Plavsic, au fond, s'en tire à bon compte. Entre 1992 et 1995, au plus fort de la guerre en Bosnie-Herzégovine, elle a été le bras droit de Radovan Karadzic avant d'être élue à la présidence de la Republika Srpska en 1996. À titre d'éminence grise de Karadzic, cette scientifique de formation a été actrice des pires exactions commises à l'encontre des musulmans.
Si cette ardente militante de l'eugénisme social s'en sort bien, il n'en est pas ainsi pour Slobodan Milosevic. En effet, tous les gestes faits cette semaine par les avocats — et au premier chef par la procureure Carla Del Ponte — dans le cadre du procès intenté à Plavsic visent avant tout Milosevic. On estime que lors de la première partie du procès Milosevic, qui portait sur les actes commis au Kosovo, l'accusation a éprouvé bien des difficultés à faire comparaître les témoins qui étaient des initiés au moment des faits. Faute d'être parvenu à traduire devant les tribunaux des membres du cercle restreint de Milosevic, le dossier de Del Ponte, pour la suite du procès, avait besoin d'être étoffé.
Il faut comprendre que lors du premier volet du procès Milosevic, celui-ci était accusé de crimes contre l'humanité mais non de génocide. Or il se trouve que les chefs de file de l'accusation veulent absolument que ce sujet soit débattu à fond. Qui plus est, au terme du premier acte, le juge Richard May a décidé de réduire le nombre de témoins que Del Ponte voulait amener à la barre afin que les délais soient respectés. Le tout, en effet, doit être achevé en mai 2003.
Pour l'accusation, il était devenu impérieux de trouver une solution susceptible d'associer juridiquement Milosevic au génocide commis en Bosnie. D'où le troc proposé à Plavsic. Celle-ci va être appelée à décliner à la barre comment et pourquoi Milosevic a organisé et commandé la barbarie que l'on sait. Les fonctions qui étaient les siennes font évidemment de Plavsic le témoin numéro un. L'acte qui vient de se jouer au tribunal de La Haye va passablement réduire les gesticulations juridiques et politiques de Milosevic.
À la suite d'un troc entre avocats des parties concernées, Plavsic a convenu de plaider coupable de crimes contre l'humanité, en échange de quoi les autres poursuites, dont celle de génocide, sont abandonnées. Lorsqu'on s'arrête à la lourdeur des charges qui pesaient contre elle, force est de constater que Plavsic, au fond, s'en tire à bon compte. Entre 1992 et 1995, au plus fort de la guerre en Bosnie-Herzégovine, elle a été le bras droit de Radovan Karadzic avant d'être élue à la présidence de la Republika Srpska en 1996. À titre d'éminence grise de Karadzic, cette scientifique de formation a été actrice des pires exactions commises à l'encontre des musulmans.
Si cette ardente militante de l'eugénisme social s'en sort bien, il n'en est pas ainsi pour Slobodan Milosevic. En effet, tous les gestes faits cette semaine par les avocats — et au premier chef par la procureure Carla Del Ponte — dans le cadre du procès intenté à Plavsic visent avant tout Milosevic. On estime que lors de la première partie du procès Milosevic, qui portait sur les actes commis au Kosovo, l'accusation a éprouvé bien des difficultés à faire comparaître les témoins qui étaient des initiés au moment des faits. Faute d'être parvenu à traduire devant les tribunaux des membres du cercle restreint de Milosevic, le dossier de Del Ponte, pour la suite du procès, avait besoin d'être étoffé.
Il faut comprendre que lors du premier volet du procès Milosevic, celui-ci était accusé de crimes contre l'humanité mais non de génocide. Or il se trouve que les chefs de file de l'accusation veulent absolument que ce sujet soit débattu à fond. Qui plus est, au terme du premier acte, le juge Richard May a décidé de réduire le nombre de témoins que Del Ponte voulait amener à la barre afin que les délais soient respectés. Le tout, en effet, doit être achevé en mai 2003.
Pour l'accusation, il était devenu impérieux de trouver une solution susceptible d'associer juridiquement Milosevic au génocide commis en Bosnie. D'où le troc proposé à Plavsic. Celle-ci va être appelée à décliner à la barre comment et pourquoi Milosevic a organisé et commandé la barbarie que l'on sait. Les fonctions qui étaient les siennes font évidemment de Plavsic le témoin numéro un. L'acte qui vient de se jouer au tribunal de La Haye va passablement réduire les gesticulations juridiques et politiques de Milosevic.
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