Réplique à Micheline Dumont - Il faut aussi se méfier des historiens!
Yves Tremblay - Historien
20 mars 2006
Bien que je sois d'accord avec plusieurs des affirmations de madame Micheline Dumont sur le fait que les mauvais romans historiques peuvent construire un passé faux ou farfelu,(«Romans historiques, L'histoire n'est pas une appellation contrôlée», Le Devoir, 11 mars 2006), je suis en désaccord avec son argumentaire et avec plusieurs de ses observations.
D'abord, je crois qu'il y a de très bons romans historiques qui peuvent même être incontournables dans certaines circonstances, celles par exemple où l'on ne dispose pas d'autre documentation. Il en va ainsi des moeurs des gens peu éduqués ou analphabètes avant le XXe siècle. Faute de pouvoir consigner par écrit leurs récits de vie, il ne resterait presque rien sur ces gens si nous ne pouvions recourir à des sources indirectes, comme les témoignages des bourgeois ou des nobles sur le peuple, ou parfois des récits de fiction.
Étant donné l'époque à laquelle la littérature commence à devenir naturaliste ou réaliste, on ne s'étonnera pas que l'on ne puisse y faire appel avant le XIXe siècle, même s'il y a quelques exceptions notables, comme le Journal de l'année de la peste de Defoe. Pour le XIXe siècle, pensons à l'oeuvre de Zola qui, bien qu'il commette des anachronismes ici ou là (par exemple, il transpose Germinal vingt ans trop tôt), n'en décrit pas moins avec grande précision non seulement la vie matérielle, mais également l'état d'esprit des mineurs, des modistes, des lavandières, des soldats de 1870, etc. On peut s'en assurer puisque l'on possède la documentation et les notes dont il s'est servi dans ses romans.
L'illusion de la vérité historique
Du reste, il faut aussi se méfier des historiens qui, heureusement, ne forment toujours pas une profession à titre réservé, comme semble le souhaiter madame Dumont. Les historiens commettent souvent des anachronismes, surtout lorsqu'ils se mettent à faire des inférences à partir d'une documentation partielle et partiale. C'est encore plus vicieux, permettez-moi le mot, que ce que peut faire le mauvais romancier, car l'anachronisme se pare ici d'un appareil critique qui donne l'illusion de la «vérité historique».
Madame Dumont cite dans son article un cas patent d'une de ses inférences qui a la vie dure, celle selon laquelle «nos ancêtres» ne se lavaient pas. Or, comme je l'ai dit, on ne dispose d'à peu près aucune source directe sur les moeurs populaires avant le XIXe siècle, y compris sur les questions d'hygiène. Il faut donc éviter des affirmations péremptoires, comme de dire que se baigner est «une impossibilité au XVIIe siècle, puisque la majorité des gens avaient peur de l'eau et ne savaient pas nager».
Passons sur le fait que personne n'a besoin de savoir nager pour prendre un bain. Mais l'école de Georges Vigarello et Alain Corbin commet une inférence erronée. Ces historiens infèrent de quelques écrits marginaux de gens qui effectivement veulent montrer que l'eau pourrait être dangereuse pour la santé, que «la majorité» sent mauvais, pue et n'a pour hygiène que de masquer ses odeurs en se parfumant. Or, à l'évidence, il ne s'agit là que d'une fraction favorisée de la société des XVIIe et XVIIIe siècles, minorité qui savait écrire et qui aimait se poudrer. Cette horreur de l'eau a bel et bien existé, mais en aucun moment la preuve disponible ne nous permet d'affirmer qu'une majorité la partageait.
Du reste, en cherchant bien, on peut circonscrire assez étroitement cette société de poudrés. Par exemple, Thomas Platter, pour la fin des années 1590, et Samuel Pepys, pour les années 1660, donnent de nombreux exemples de scènes d'hygiène où des gens du peuple ou de la petite bourgeoisie se lavent à la bassine ou dans la cuve, où ils lessivent avec acharnement leur linge et où ils prennent même des bains à la rivière.
Le capitaine Coignet, authentique spécimen d'homme du peuple, parle avec nostalgie de son apprentissage de la propreté durant son adolescence, à la toute fin du XVIIIe siècle, sous l'influence du couple de gros fermiers maladivement propres qui l'employait, et aussi à cause des bains forcés qu'il devait prendre à l'armée, ceci pour éviter que les maladies de peau contaminent tout le bataillon.
D'ailleurs, on pourrait formuler l'hypothèse que si la peste cesse d'être endémique en Europe dans les premières décennies du XVIIIe siècle, c'est peut-être parce qu'on y mène une efficace chasse aux poux et aux tiques. C'est une hypothèse indémontrable, mais qui vaut bien l'inférence sur la société malpropre de nos ancêtres de tout à l'heure.
Il faut aussi expliquer que si on se lavait peu, en saison froide particulièrement, c'est que l'accès à l'eau douce et chaude était problématique avant le XXe siècle. Ce qui ne veut pas dire que nos ancêtres ne se lavaient pas.
L'artiste qui entre dans les têtes
Assez des méprises des historiens. Revenons aux romans. À mon sens, l'erreur la plus grave de madame Dumont, c'est lorsqu'elle suppose que «l'univers psychologique des personnages d'autrefois», leur «outillage mental», est plus aisément accessible grâce au travail de l'historien que par l'oeuvre du romancier. J'ai seulement feuilleté les titres dont parle madame Dumont, aussi je ne me prononcerai pas sur la question de savoir si les Brouillet, Bouchard ou Lachance commettent des anachronismes, si ce n'est pour dire que je ne suis pas sûr que Pauline Gill soit dans l'erreur en évoquant les articles du frère Marie Victorin avant son entrée à l'Université de Montréal, parce que Marie Victorin a effectivement publié des articles dans des revues de naturalistes avant d'arriver à l'Université de Montréal.
Ce que je crois savoir pourtant, c'est que très peu d'historiens pourront entrer dans la tête de personnages passés mieux que ne l'ont fait les romanciers. Pensons à l'école russe, à Tolstoï ou à Dostoïevski, et plus près de nous à Soljenitsyne ou à Grossman, qui ont parfois vécu les situations matérielles ou mentales qu'ils mettent en scène, ou alors ont connu des personnes qui les ont vécues et que leurs personnages revivent.
La science psychologique ne nous a pas appris grand-chose que Dostoïevski n'avait décrit auparavant. Le romancier est souvent plus près de la fibre vitale que ne pourra jamais l'être l'historien moyen. Qui mieux que l'artiste peut décrire l'ambition, l'angoisse, la peur, la honte, l'amour, la haine et tous les autres sentiments qui sont autant des moteurs de l'histoire que la lutte des classes ou n'importe quel autre concept que les historiens ont la manie de s'approprier. Que serait l'étude de l'Antiquité sans ces chefs-d'oeuvre de fiction historique que sont l'Iliade et l'Odyssée?
On pourrait citer une très longue liste de romanciers des années 1920 et 1930 qui ont écrit sur la Première Guerre mondiale avec une justesse qu'on ne trouvera jamais dans les sources officielles, ni dans les journaux intimes ni dans la correspondance d'époque. Relisons Dos Passos, Cendrars et Manning, qui sont ici de plus sûrs guides que Hemingway, Remarque ou Barbusse. Paul Fussell a très bien expliqué cela dans son livre sur la littérature anglo-saxonne de 14-18.
Les bons romanciers historiques pourraient d'ailleurs faire le procès de beaucoup de mauvais historiens, comme Tolstoï se l'est permis dans Guerre et Paix en attaquant Thiers et ses comparses.
Et je rappellerai que, dans les années 1960-1970, l'histoire des mentalités a vécu une vogue qui s'est tarie parce que sa méthodologie était déficiente, se reposant sur le type d'inférence dont je parlais à l'instant, avec en plus une confiance injustifiée dans l'arnaque psychanalytique. Là, certains historiens se sont fourvoyés comme rarement, et après cet échec, ils ont hésité avant de revenir à l'étude de «l'outillage mental».
Un moyen comme un autre
À fin de son article, madame Dumont semble atténuer sa critique en écrivant que la mise en scène de personnages fictifs dans des situations historiques est plus anodine, quand elle s'appuie sur une recherche documentaire soigneuse, que lorsqu'un auteur met en scène les personnages historiques eux-mêmes. C'est vrai en général, mais même lorsque l'écrivain met en scène des personnages historiques, il peut toucher le vrai aussi bien que l'historien, dans la mesure où approcher le vrai est possible, si cet écrivain a du talent et s'il se documente correctement.
Ainsi, il y a une grande différence entre un Max Gallo et un Patrick Rambaud. Quand on lit le second, on peut véritablement appréhender l'univers de la guerre napoléonienne. Et, en prime, on évite le culte du grand homme.
Le lecteur de romans est libre de choisir l'auteur qui l'intéresse le plus, et, franchement, je ne crois pas que cela puisse avoir de graves conséquences sur la fragilisation de l'histoire auprès du grand public, comme Micheline Dumont le craint. On lit si peu au Québec que le mauvais roman historique est un moyen pas plus gênant que d'autres d'attirer des lecteurs curieux vers l'histoire.
C'est pourquoi l'historien devrait guider le lecteur peu informé dans ses choix de romans historiques en traquant l'erreur là où elle existe, mais en défendant l'oeuvre de fiction lorsque celle-ci a du mérite. Et il y a plus d'oeuvres méritantes que ne le laisse entendre madame Dumont.
L'historien a l'obligation de critiquer; ce faisant, rien ne devrait l'empêcher d'utiliser le talent et l'imagination de l'artiste pour évoquer un passé irrémédiablement perdu. Le romancier et l'historien font chacun à leur manière oeuvre pédagogique. Que l'un possède un meilleur style que l'autre ne devrait pas exciter la jalousie professionnelle, mais servir plutôt à ouvrir un monde qui autrement risque de demeurer inaccessible à la majorité du public.
D'abord, je crois qu'il y a de très bons romans historiques qui peuvent même être incontournables dans certaines circonstances, celles par exemple où l'on ne dispose pas d'autre documentation. Il en va ainsi des moeurs des gens peu éduqués ou analphabètes avant le XXe siècle. Faute de pouvoir consigner par écrit leurs récits de vie, il ne resterait presque rien sur ces gens si nous ne pouvions recourir à des sources indirectes, comme les témoignages des bourgeois ou des nobles sur le peuple, ou parfois des récits de fiction.
Étant donné l'époque à laquelle la littérature commence à devenir naturaliste ou réaliste, on ne s'étonnera pas que l'on ne puisse y faire appel avant le XIXe siècle, même s'il y a quelques exceptions notables, comme le Journal de l'année de la peste de Defoe. Pour le XIXe siècle, pensons à l'oeuvre de Zola qui, bien qu'il commette des anachronismes ici ou là (par exemple, il transpose Germinal vingt ans trop tôt), n'en décrit pas moins avec grande précision non seulement la vie matérielle, mais également l'état d'esprit des mineurs, des modistes, des lavandières, des soldats de 1870, etc. On peut s'en assurer puisque l'on possède la documentation et les notes dont il s'est servi dans ses romans.
L'illusion de la vérité historique
Du reste, il faut aussi se méfier des historiens qui, heureusement, ne forment toujours pas une profession à titre réservé, comme semble le souhaiter madame Dumont. Les historiens commettent souvent des anachronismes, surtout lorsqu'ils se mettent à faire des inférences à partir d'une documentation partielle et partiale. C'est encore plus vicieux, permettez-moi le mot, que ce que peut faire le mauvais romancier, car l'anachronisme se pare ici d'un appareil critique qui donne l'illusion de la «vérité historique».
Madame Dumont cite dans son article un cas patent d'une de ses inférences qui a la vie dure, celle selon laquelle «nos ancêtres» ne se lavaient pas. Or, comme je l'ai dit, on ne dispose d'à peu près aucune source directe sur les moeurs populaires avant le XIXe siècle, y compris sur les questions d'hygiène. Il faut donc éviter des affirmations péremptoires, comme de dire que se baigner est «une impossibilité au XVIIe siècle, puisque la majorité des gens avaient peur de l'eau et ne savaient pas nager».
Passons sur le fait que personne n'a besoin de savoir nager pour prendre un bain. Mais l'école de Georges Vigarello et Alain Corbin commet une inférence erronée. Ces historiens infèrent de quelques écrits marginaux de gens qui effectivement veulent montrer que l'eau pourrait être dangereuse pour la santé, que «la majorité» sent mauvais, pue et n'a pour hygiène que de masquer ses odeurs en se parfumant. Or, à l'évidence, il ne s'agit là que d'une fraction favorisée de la société des XVIIe et XVIIIe siècles, minorité qui savait écrire et qui aimait se poudrer. Cette horreur de l'eau a bel et bien existé, mais en aucun moment la preuve disponible ne nous permet d'affirmer qu'une majorité la partageait.
Du reste, en cherchant bien, on peut circonscrire assez étroitement cette société de poudrés. Par exemple, Thomas Platter, pour la fin des années 1590, et Samuel Pepys, pour les années 1660, donnent de nombreux exemples de scènes d'hygiène où des gens du peuple ou de la petite bourgeoisie se lavent à la bassine ou dans la cuve, où ils lessivent avec acharnement leur linge et où ils prennent même des bains à la rivière.
Le capitaine Coignet, authentique spécimen d'homme du peuple, parle avec nostalgie de son apprentissage de la propreté durant son adolescence, à la toute fin du XVIIIe siècle, sous l'influence du couple de gros fermiers maladivement propres qui l'employait, et aussi à cause des bains forcés qu'il devait prendre à l'armée, ceci pour éviter que les maladies de peau contaminent tout le bataillon.
D'ailleurs, on pourrait formuler l'hypothèse que si la peste cesse d'être endémique en Europe dans les premières décennies du XVIIIe siècle, c'est peut-être parce qu'on y mène une efficace chasse aux poux et aux tiques. C'est une hypothèse indémontrable, mais qui vaut bien l'inférence sur la société malpropre de nos ancêtres de tout à l'heure.
Il faut aussi expliquer que si on se lavait peu, en saison froide particulièrement, c'est que l'accès à l'eau douce et chaude était problématique avant le XXe siècle. Ce qui ne veut pas dire que nos ancêtres ne se lavaient pas.
L'artiste qui entre dans les têtes
Assez des méprises des historiens. Revenons aux romans. À mon sens, l'erreur la plus grave de madame Dumont, c'est lorsqu'elle suppose que «l'univers psychologique des personnages d'autrefois», leur «outillage mental», est plus aisément accessible grâce au travail de l'historien que par l'oeuvre du romancier. J'ai seulement feuilleté les titres dont parle madame Dumont, aussi je ne me prononcerai pas sur la question de savoir si les Brouillet, Bouchard ou Lachance commettent des anachronismes, si ce n'est pour dire que je ne suis pas sûr que Pauline Gill soit dans l'erreur en évoquant les articles du frère Marie Victorin avant son entrée à l'Université de Montréal, parce que Marie Victorin a effectivement publié des articles dans des revues de naturalistes avant d'arriver à l'Université de Montréal.
Ce que je crois savoir pourtant, c'est que très peu d'historiens pourront entrer dans la tête de personnages passés mieux que ne l'ont fait les romanciers. Pensons à l'école russe, à Tolstoï ou à Dostoïevski, et plus près de nous à Soljenitsyne ou à Grossman, qui ont parfois vécu les situations matérielles ou mentales qu'ils mettent en scène, ou alors ont connu des personnes qui les ont vécues et que leurs personnages revivent.
La science psychologique ne nous a pas appris grand-chose que Dostoïevski n'avait décrit auparavant. Le romancier est souvent plus près de la fibre vitale que ne pourra jamais l'être l'historien moyen. Qui mieux que l'artiste peut décrire l'ambition, l'angoisse, la peur, la honte, l'amour, la haine et tous les autres sentiments qui sont autant des moteurs de l'histoire que la lutte des classes ou n'importe quel autre concept que les historiens ont la manie de s'approprier. Que serait l'étude de l'Antiquité sans ces chefs-d'oeuvre de fiction historique que sont l'Iliade et l'Odyssée?
On pourrait citer une très longue liste de romanciers des années 1920 et 1930 qui ont écrit sur la Première Guerre mondiale avec une justesse qu'on ne trouvera jamais dans les sources officielles, ni dans les journaux intimes ni dans la correspondance d'époque. Relisons Dos Passos, Cendrars et Manning, qui sont ici de plus sûrs guides que Hemingway, Remarque ou Barbusse. Paul Fussell a très bien expliqué cela dans son livre sur la littérature anglo-saxonne de 14-18.
Les bons romanciers historiques pourraient d'ailleurs faire le procès de beaucoup de mauvais historiens, comme Tolstoï se l'est permis dans Guerre et Paix en attaquant Thiers et ses comparses.
Et je rappellerai que, dans les années 1960-1970, l'histoire des mentalités a vécu une vogue qui s'est tarie parce que sa méthodologie était déficiente, se reposant sur le type d'inférence dont je parlais à l'instant, avec en plus une confiance injustifiée dans l'arnaque psychanalytique. Là, certains historiens se sont fourvoyés comme rarement, et après cet échec, ils ont hésité avant de revenir à l'étude de «l'outillage mental».
Un moyen comme un autre
À fin de son article, madame Dumont semble atténuer sa critique en écrivant que la mise en scène de personnages fictifs dans des situations historiques est plus anodine, quand elle s'appuie sur une recherche documentaire soigneuse, que lorsqu'un auteur met en scène les personnages historiques eux-mêmes. C'est vrai en général, mais même lorsque l'écrivain met en scène des personnages historiques, il peut toucher le vrai aussi bien que l'historien, dans la mesure où approcher le vrai est possible, si cet écrivain a du talent et s'il se documente correctement.
Ainsi, il y a une grande différence entre un Max Gallo et un Patrick Rambaud. Quand on lit le second, on peut véritablement appréhender l'univers de la guerre napoléonienne. Et, en prime, on évite le culte du grand homme.
Le lecteur de romans est libre de choisir l'auteur qui l'intéresse le plus, et, franchement, je ne crois pas que cela puisse avoir de graves conséquences sur la fragilisation de l'histoire auprès du grand public, comme Micheline Dumont le craint. On lit si peu au Québec que le mauvais roman historique est un moyen pas plus gênant que d'autres d'attirer des lecteurs curieux vers l'histoire.
C'est pourquoi l'historien devrait guider le lecteur peu informé dans ses choix de romans historiques en traquant l'erreur là où elle existe, mais en défendant l'oeuvre de fiction lorsque celle-ci a du mérite. Et il y a plus d'oeuvres méritantes que ne le laisse entendre madame Dumont.
L'historien a l'obligation de critiquer; ce faisant, rien ne devrait l'empêcher d'utiliser le talent et l'imagination de l'artiste pour évoquer un passé irrémédiablement perdu. Le romancier et l'historien font chacun à leur manière oeuvre pédagogique. Que l'un possède un meilleur style que l'autre ne devrait pas exciter la jalousie professionnelle, mais servir plutôt à ouvrir un monde qui autrement risque de demeurer inaccessible à la majorité du public.
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