Bénis soient les «condos»!
Michel G. Charlebois - Président et directeur général de l'Association des syndicats de copropriété du Québec
17 mars 2006
Ce fut comme un cri du coeur: «Ah! ces maudits condos!*»
Nous avons senti surgir du plus profond de l'âme d'une grande dame, Clémence DesRochers, cette exclamation émise à la suite de l'annonce du gouvernement de céder le droit de construire au pied des pentes du mont Orford.
Il est vrai que Mme DesRochers réagissait à la décision annoncée par le gouvernement, mais il est vrai aussi que cette exclamation portait sur un type de logement qui, comme la peste de la fable, lui semble répandre et semer la terreur. «Pas encore des condos!» et «Ils ne sont pas tannés de faire des condos?» sont d'autres exclamations entendues par la suite de la part d'autres citoyens.
À la suite de cette réaction, le vocable «condo» semble apparaître comme un symbole laissant croire à un genre de ras-le-bol que nous avons beaucoup de difficulté à saisir.
Qu'a-t-on contre les «condos?» Nous ne le savons pas. Les «condos» ont-ils rendu des personnes malades ou ruiné du monde? Pas à ce qu'on sache.
Les «condos» ont-ils métamorphosé les gens qui y vivent? Ces habitants de «condos» adhèrent-ils à un culte nouveau? Font-ils du pâté chinois «patates-viande-blé d'Inde» au lieu du classique «viande-blé d'Inde-patates»? Franchement, nous qui sommes là et vivons avec tous ces gens depuis 30 ans l'ignorons.
On ne pousse pas un cri de détresse comme «Pas encore ces maudits condos!» sans qu'il y ait quelque chose derrière. Nous avons beau chercher, nous ne trouvons pas!
De locataires à propriétaires
Pourtant, c'est grâce à ces fameux «condos» que le Vieux-Montréal, le Vieux-Trois-Rivières et le Vieux-Québec se sont revitalisés.
C'est aussi grâce à ces misérables «condos» que notre bon peuple québécois cesse lentement d'être les champions locataires de l'Amérique du Nord pour devenir des occupants propriétaires comme tous les autres.
Les «condos» ont permis l'accès à la propriété à des milliers de familles. Ils ont permis à des milliers de retraités d'avoir une propriété bien à eux, leur permettant, grâce à la gestion par le groupe, de s'évader sans souci à leur gré. Ils permettent aux villes de rentabiliser leurs infrastructures. Et quoi d'autre?
C'est grâce aux «condos», plus abordables que l'équivalent unifamilial, que plusieurs Québécois se créent une richesse collective en investissant dans l'immobilier.
Nous, en tant qu'association regroupant quelques milliers de syndicats de copropriétaires, aimerions voir tous les Québécois dits pauvres sortir de leur misère en s'achetant un «condo». Nous aimerions voir tous les pauvres du Québec s'enrichir en se bâtissant lentement mais sûrement un bon capital grâce aux «maudits condos», ce capital pouvant être transmis aux générations futures.
Bref, nous croyons que le «condo» pourrait être un instrument très utile pour contribuer à éliminer la pauvreté ou, du moins, à l'atténuer.
Non, nous ne comprenons pas! Sauf (peut-être) pour conclure qu'au fond, Mme DesRochers n'en veut peut-être pas aux «condos» eux-mêmes mais que ce mot était dans son «chemin» au moment où elle s'est exclamée, comme nous disons «maudit hiver!» lorsque nous avons à pelleter ou à sortir l'auto du banc de neige.
Au nom de toute la communauté de la copropriété du Québec, de Rouyn-Noranda à Gaspé, de Sept-Îles à Valleyfield, d'Aylmer à Sherbrooke (sans oublier Orford) en passant par tout ce qu'il y a de villes et de villages ayant au moins un immeuble en copropriété sur son territoire, nous disons: «vive les condos»!
* Le mot «condo» est un générique accepté par l'Office de la langue française pour désigner un appartement détenu en copropriété, généralement divise. La loi québécoise utilise le mot «copropriété» pour désigner la détention par plusieurs personnes d'un immeuble divisé en fractions. Le reste du Canada emploie dans ses lois le mot «condominium». Dans plusieurs États américains, c'est plutôt l'expression «community association» qui apparaît aux lois. En Europe, le mot «condo» est inconnu.
Nous avons senti surgir du plus profond de l'âme d'une grande dame, Clémence DesRochers, cette exclamation émise à la suite de l'annonce du gouvernement de céder le droit de construire au pied des pentes du mont Orford.
Il est vrai que Mme DesRochers réagissait à la décision annoncée par le gouvernement, mais il est vrai aussi que cette exclamation portait sur un type de logement qui, comme la peste de la fable, lui semble répandre et semer la terreur. «Pas encore des condos!» et «Ils ne sont pas tannés de faire des condos?» sont d'autres exclamations entendues par la suite de la part d'autres citoyens.
À la suite de cette réaction, le vocable «condo» semble apparaître comme un symbole laissant croire à un genre de ras-le-bol que nous avons beaucoup de difficulté à saisir.
Qu'a-t-on contre les «condos?» Nous ne le savons pas. Les «condos» ont-ils rendu des personnes malades ou ruiné du monde? Pas à ce qu'on sache.
Les «condos» ont-ils métamorphosé les gens qui y vivent? Ces habitants de «condos» adhèrent-ils à un culte nouveau? Font-ils du pâté chinois «patates-viande-blé d'Inde» au lieu du classique «viande-blé d'Inde-patates»? Franchement, nous qui sommes là et vivons avec tous ces gens depuis 30 ans l'ignorons.
On ne pousse pas un cri de détresse comme «Pas encore ces maudits condos!» sans qu'il y ait quelque chose derrière. Nous avons beau chercher, nous ne trouvons pas!
De locataires à propriétaires
Pourtant, c'est grâce à ces fameux «condos» que le Vieux-Montréal, le Vieux-Trois-Rivières et le Vieux-Québec se sont revitalisés.
C'est aussi grâce à ces misérables «condos» que notre bon peuple québécois cesse lentement d'être les champions locataires de l'Amérique du Nord pour devenir des occupants propriétaires comme tous les autres.
Les «condos» ont permis l'accès à la propriété à des milliers de familles. Ils ont permis à des milliers de retraités d'avoir une propriété bien à eux, leur permettant, grâce à la gestion par le groupe, de s'évader sans souci à leur gré. Ils permettent aux villes de rentabiliser leurs infrastructures. Et quoi d'autre?
C'est grâce aux «condos», plus abordables que l'équivalent unifamilial, que plusieurs Québécois se créent une richesse collective en investissant dans l'immobilier.
Nous, en tant qu'association regroupant quelques milliers de syndicats de copropriétaires, aimerions voir tous les Québécois dits pauvres sortir de leur misère en s'achetant un «condo». Nous aimerions voir tous les pauvres du Québec s'enrichir en se bâtissant lentement mais sûrement un bon capital grâce aux «maudits condos», ce capital pouvant être transmis aux générations futures.
Bref, nous croyons que le «condo» pourrait être un instrument très utile pour contribuer à éliminer la pauvreté ou, du moins, à l'atténuer.
Non, nous ne comprenons pas! Sauf (peut-être) pour conclure qu'au fond, Mme DesRochers n'en veut peut-être pas aux «condos» eux-mêmes mais que ce mot était dans son «chemin» au moment où elle s'est exclamée, comme nous disons «maudit hiver!» lorsque nous avons à pelleter ou à sortir l'auto du banc de neige.
Au nom de toute la communauté de la copropriété du Québec, de Rouyn-Noranda à Gaspé, de Sept-Îles à Valleyfield, d'Aylmer à Sherbrooke (sans oublier Orford) en passant par tout ce qu'il y a de villes et de villages ayant au moins un immeuble en copropriété sur son territoire, nous disons: «vive les condos»!
* Le mot «condo» est un générique accepté par l'Office de la langue française pour désigner un appartement détenu en copropriété, généralement divise. La loi québécoise utilise le mot «copropriété» pour désigner la détention par plusieurs personnes d'un immeuble divisé en fractions. Le reste du Canada emploie dans ses lois le mot «condominium». Dans plusieurs États américains, c'est plutôt l'expression «community association» qui apparaît aux lois. En Europe, le mot «condo» est inconnu.
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