Bush peine
Serge Truffaut
3 octobre 2002
La gaffe du porte-parole de la Maison-Blanche, Ari Fleisher, qui a affirmé qu'une balle, et une seule, réduirait les coûts afférents à une intervention militaire à trois fois rien est en soi un enseignement.
Cette phrase formulée en guise de réponse à une question portant sur l'aspect financier du dossier révèle l'impatience de l'exécutif américain. Le président Bush n'a pas obtenu ce qu'il désirait dans le temps qu'il souhaitait. Pour tout ce qui a trait au calendrier de l'évolution juridique du sujet, il a perdu. Lui qui voulait notamment que le Congrès entérine sa résolution irakienne cette semaine au plus tard devra patienter plusieurs jours encore.
Après une énième ronde de négociations avec le leader des démocrates à la Chambre des représentants, Bush a concédé un certain nombre de choses. La forte pression exercée par les chefs de file de l'opposition va obliger le président Bush à un respect plus strict de la War Powers Resolution. Ainsi, advenant un conflit, le chef de l'exécutif devra répondre de ses actes devant les membres du Congrès à tous les 60 jours. À ce propos, il est bon de souligner que les démocrates ont imposé l'option la plus courte, donc la plus contraignante pour Bush, plutôt que la longue, qui accorde un délai de 90 jours.
Au Sénat, les démocrates ont indiqué par la voix de leur leader, Tom Daschle, que la résolution qui sera débattue la semaine prochaine devra préciser que toute action militaire éventuelle sera assujettie au soutien ou à l'approbation de l'ONU. En deux mots, l'arrimage juridique entre, d'une part, la Maison-Blanche et, d'autre part, la Chambre des représentants et le Sénat n'est pas encore accompli.
Sur le front extérieur, l'horizon doit paraître bien embrouillé aux yeux de la Maison-Blanche. L'hostilité manifestée par la France, la Chine et la Russie après lecture du projet de résolution soumis par les Britanniques et les Américains a été si vive que ces derniers ont estimé qu'il valait mieux reporter le dépôt officiel de leur proposition. D'autant que les trois pays nommés jugent satisfaisants les engagements pris par l'Irak à la faveur des négociations avec l'inspecteur en chef de l'ONU. Certes, il y aurait encore des points à discuter, mais pas suffisamment pour faire entendre le canon.
L'entêtement affiché par Bush a quelque peu entamé sa crédibilité.
Cette phrase formulée en guise de réponse à une question portant sur l'aspect financier du dossier révèle l'impatience de l'exécutif américain. Le président Bush n'a pas obtenu ce qu'il désirait dans le temps qu'il souhaitait. Pour tout ce qui a trait au calendrier de l'évolution juridique du sujet, il a perdu. Lui qui voulait notamment que le Congrès entérine sa résolution irakienne cette semaine au plus tard devra patienter plusieurs jours encore.
Après une énième ronde de négociations avec le leader des démocrates à la Chambre des représentants, Bush a concédé un certain nombre de choses. La forte pression exercée par les chefs de file de l'opposition va obliger le président Bush à un respect plus strict de la War Powers Resolution. Ainsi, advenant un conflit, le chef de l'exécutif devra répondre de ses actes devant les membres du Congrès à tous les 60 jours. À ce propos, il est bon de souligner que les démocrates ont imposé l'option la plus courte, donc la plus contraignante pour Bush, plutôt que la longue, qui accorde un délai de 90 jours.
Au Sénat, les démocrates ont indiqué par la voix de leur leader, Tom Daschle, que la résolution qui sera débattue la semaine prochaine devra préciser que toute action militaire éventuelle sera assujettie au soutien ou à l'approbation de l'ONU. En deux mots, l'arrimage juridique entre, d'une part, la Maison-Blanche et, d'autre part, la Chambre des représentants et le Sénat n'est pas encore accompli.
Sur le front extérieur, l'horizon doit paraître bien embrouillé aux yeux de la Maison-Blanche. L'hostilité manifestée par la France, la Chine et la Russie après lecture du projet de résolution soumis par les Britanniques et les Américains a été si vive que ces derniers ont estimé qu'il valait mieux reporter le dépôt officiel de leur proposition. D'autant que les trois pays nommés jugent satisfaisants les engagements pris par l'Irak à la faveur des négociations avec l'inspecteur en chef de l'ONU. Certes, il y aurait encore des points à discuter, mais pas suffisamment pour faire entendre le canon.
L'entêtement affiché par Bush a quelque peu entamé sa crédibilité.
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