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Lettre: Lacs et bateaux à moteur

2 octobre 2002 
Réponse à la lettre de Michel Ferland, publiée le 9 septembre dernier.

Interdire les bateaux à moteur sur nos lacs, quelle belle et ingénieuse idée! Il est grand temps que nos élus mettent de côté leurs visées électoralistes afin d'assurer la protection de nos lacs. Toutefois, n'en déplaise aux environnementalistes, votre idée relève de l'utopie. Car vous savez, celui ou celle qui voudra un jour interdire les bateaux à moteur se fracassera le nez sur le travail acharné des lobbies concernés. Imaginez-vous la réaction des associations de pêcheurs, des plaisanciers, de l'industrie touristique, des promoteurs, des industries de bateaux et de motomarines, des boutiques de chasse et pêche, voire des différents ministères du Québec. Ça fait beaucoup de monde à mettre au pas!

D'autre part, la quantité de bateaux à moteur sur nos lacs ne cesse d'augmenter. Étant canoteur depuis des années, j'ai pu constater que plusieurs lacs autrefois dénudés d'embarcations motorisées sont désormais envahis par les chaloupes de pêcheurs. Plusieurs phénomènes expliquent cette constatation: prolifération des pourvoiries, engouement pour les sports de plein air, diminution des coûts relatifs aux embarcations, etc.

Par contre, la déforestation constitue la principale cause de la croissance du nombre de bateaux sur nos lacs. En effet, l'industrie forestière, en plus de ravager nos forêts, facilite, par la construction de nombreuses routes, l'accès à plusieurs plans d'eau inaccessibles auparavant. Le nombre de chemins forestiers augmente de façon considérable, et ce, à l'insu de la population qui ne peut avoir un véritable portrait de l'ensemble de la problématique. Partout où il y a des coupes forestières, il est facile de se perdre dans les méandres de ces chemins dédiés principalement au transport de bois, mais largement utilisés par les pêcheurs. Par exemple, il n'est pas rare de compter des dizaines de bateaux à moteur sur des lacs très éloignés de toute forme de civilisation. Force est de constater que nos lacs sont victimes de l'industrie forestière. Cependant, l'utopie ne doit pas entraîner le découragement. Nous devons tout de même agir.






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