Après la santé, la dette
Au terme du conseil général des libéraux d'où se dégageaient des effluves préélectoraux, le premier ministre Jean Charest a proposé de prendre à bras-le-corps le problème de la dette publique dès le prochain budget.
Ce changement de cible, qui ne doit pas se faire au détriment des baisses d'impôt promises, a dit M. Charest avec insistance, est rendu possible grâce aux «nouvelles assises» sur lesquelles peut tabler le Québec après trois ans d'un gouvernement libéral. Gonflé à bloc par l'accueil favorable de la mise en place d'une nouvelle garantie d'accès des soins de santé (la réponse au jugement Chaoulli), M. Charest a souligné qu'il fallait y voir non pas la ligne d'arrivée mais plutôt la ligne de départ pour construire l'avenir du Québec. «Fierté, courage, détermination», affichait-on comme slogan sur les murs de l'hôtel de Laval où étaient réunis les militants libéraux.
«Comme on l'a fait pour la santé, il faut adopter une approche graduelle, méthodique. On va se mettre à l'écoute de toutes les idées. On ne cherchera pas à agir avec des solutions radicales, mais plutôt des solutions de bon sens qui vont nous permettre d'agir sur la question de la dette», a expliqué le premier ministre en conférence de presse.
Ce dernier n'a pas précisé comment son gouvernement s'y prendrait pour s'attaquer à la dette qui atteint 117 milliards de dollars. Cela pourrait prendre la forme d'une loi forçant le gouvernement à un remboursement annuel. Il a aussi rappelé les propositions adoptées par le conseil général de son parti: constitution d'une réserve pour éventualités, endettement limité au financement des immobilisations ou à l'acquisition d'actifs et participation des Québécois au capital des sociétés d'État pour mettre en place un fonds de remboursement de la dette.
Jean Charest a refusé d'aller plus avant sur ce dernier élément, se bornant à marteler que l'approche serait «globale». Une chose est sûre, c'est que le paiement annuel des intérêts sur la dette atteint sept milliards cette année. «C'est plus de sept fois le métro de Laval, plus de deux fois le nouveau CHUM, le nouveau Centre hospitalier de l'Université McGill et le nouveau Centre hospitalier universitaire mère-enfant de l'hôpital Sainte-Justine réunis. C'est à peu près quatre stades olympiques par année. Pas pour réduire la dette, rien que pour la financer», a lancé le premier ministre lors de son discours de clôture, soulignant ainsi la vulnérabilité du Québec.
Samedi, des experts sont venus entretenir les délégués libéraux sur les conséquences de l'inaction. Ils ont également proposé des voies de solution, dont la hausse des tarifs d'électricité ou la vente d'actifs. La Commission-Jeunesse a été particulièrement active dans ce dossier au cours des derniers mois, participant à une coalition d'organismes jeunesse (dont les jeunes péquistes) partageant la même préoccupation.
Devant ses militants, M. Charest en a profité pour rappeler à quel point le paysage politique avait changé avec l'élection de Stephen Harper. «Le fait marquant de cette élection, c'est l'érosion du vote du Bloc québécois et, par le fait même, la croissance du vote fédéraliste au Québec. Ça veut dire une chose. Quand le Canada s'ouvre aux aspirations du Québec, les Québécois se reconnaissent dans le Canada», a affirmé le premier ministre.
M. Charest n'a pas manqué l'occasion d'asséner quelques coups à son adversaire péquiste. Il a souligné sa radicalisation. «Il est barricadé derrière des dogmes», a-t-il fait valoir avant de saluer la contribution au débat du nouveau parti de gauche, Québec solidaire.
Visiblement à la recherche d'un nouveau mandat, Jean Charest a terminé son allocution en rappelant que le choix qui s'offre aux Québécois était celui d'un programme d'un gouvernement contre un référendum sur la souveraineté. Si ce discours n'a rien de nouveau chez le chef du PLQ, il permet surtout de mettre l'accent sur le fait que le PQ doit s'engager dans les prochaines élections avec un programme de pays tel que cela a été décidé lors de son congrès de juin dernier.
«Pour l'échéancier électoral, on verra comment les choses se présentent mais on a encore deux ans», a rappelé M. Charest aux journalistes.
Tous ces éléments semblaient contribuer à la bonne humeur du premier ministre qui affichait un large sourire. Devant les questions qui ont surgi quant à un possible remaniement ministériel en tout début de semaine, il a choisi de faire des blagues pour détourner l'attention. Dans les couloirs, les rumeurs allaient bon train. Tout semblait se diriger vers des changements ponctuels plutôt qu'un grand brassage des cartes. Il s'agirait en fait de faire entrer au cabinet le nouveau député d'Outremont, Raymond Bachand, un souverainiste repenti. Un portefeuille économique lui serait destiné. S'ensuivra inévitablement un jeu de dominos.
Ce changement de cible, qui ne doit pas se faire au détriment des baisses d'impôt promises, a dit M. Charest avec insistance, est rendu possible grâce aux «nouvelles assises» sur lesquelles peut tabler le Québec après trois ans d'un gouvernement libéral. Gonflé à bloc par l'accueil favorable de la mise en place d'une nouvelle garantie d'accès des soins de santé (la réponse au jugement Chaoulli), M. Charest a souligné qu'il fallait y voir non pas la ligne d'arrivée mais plutôt la ligne de départ pour construire l'avenir du Québec. «Fierté, courage, détermination», affichait-on comme slogan sur les murs de l'hôtel de Laval où étaient réunis les militants libéraux.
«Comme on l'a fait pour la santé, il faut adopter une approche graduelle, méthodique. On va se mettre à l'écoute de toutes les idées. On ne cherchera pas à agir avec des solutions radicales, mais plutôt des solutions de bon sens qui vont nous permettre d'agir sur la question de la dette», a expliqué le premier ministre en conférence de presse.
Ce dernier n'a pas précisé comment son gouvernement s'y prendrait pour s'attaquer à la dette qui atteint 117 milliards de dollars. Cela pourrait prendre la forme d'une loi forçant le gouvernement à un remboursement annuel. Il a aussi rappelé les propositions adoptées par le conseil général de son parti: constitution d'une réserve pour éventualités, endettement limité au financement des immobilisations ou à l'acquisition d'actifs et participation des Québécois au capital des sociétés d'État pour mettre en place un fonds de remboursement de la dette.
Jean Charest a refusé d'aller plus avant sur ce dernier élément, se bornant à marteler que l'approche serait «globale». Une chose est sûre, c'est que le paiement annuel des intérêts sur la dette atteint sept milliards cette année. «C'est plus de sept fois le métro de Laval, plus de deux fois le nouveau CHUM, le nouveau Centre hospitalier de l'Université McGill et le nouveau Centre hospitalier universitaire mère-enfant de l'hôpital Sainte-Justine réunis. C'est à peu près quatre stades olympiques par année. Pas pour réduire la dette, rien que pour la financer», a lancé le premier ministre lors de son discours de clôture, soulignant ainsi la vulnérabilité du Québec.
Samedi, des experts sont venus entretenir les délégués libéraux sur les conséquences de l'inaction. Ils ont également proposé des voies de solution, dont la hausse des tarifs d'électricité ou la vente d'actifs. La Commission-Jeunesse a été particulièrement active dans ce dossier au cours des derniers mois, participant à une coalition d'organismes jeunesse (dont les jeunes péquistes) partageant la même préoccupation.
Devant ses militants, M. Charest en a profité pour rappeler à quel point le paysage politique avait changé avec l'élection de Stephen Harper. «Le fait marquant de cette élection, c'est l'érosion du vote du Bloc québécois et, par le fait même, la croissance du vote fédéraliste au Québec. Ça veut dire une chose. Quand le Canada s'ouvre aux aspirations du Québec, les Québécois se reconnaissent dans le Canada», a affirmé le premier ministre.
M. Charest n'a pas manqué l'occasion d'asséner quelques coups à son adversaire péquiste. Il a souligné sa radicalisation. «Il est barricadé derrière des dogmes», a-t-il fait valoir avant de saluer la contribution au débat du nouveau parti de gauche, Québec solidaire.
Visiblement à la recherche d'un nouveau mandat, Jean Charest a terminé son allocution en rappelant que le choix qui s'offre aux Québécois était celui d'un programme d'un gouvernement contre un référendum sur la souveraineté. Si ce discours n'a rien de nouveau chez le chef du PLQ, il permet surtout de mettre l'accent sur le fait que le PQ doit s'engager dans les prochaines élections avec un programme de pays tel que cela a été décidé lors de son congrès de juin dernier.
«Pour l'échéancier électoral, on verra comment les choses se présentent mais on a encore deux ans», a rappelé M. Charest aux journalistes.
Tous ces éléments semblaient contribuer à la bonne humeur du premier ministre qui affichait un large sourire. Devant les questions qui ont surgi quant à un possible remaniement ministériel en tout début de semaine, il a choisi de faire des blagues pour détourner l'attention. Dans les couloirs, les rumeurs allaient bon train. Tout semblait se diriger vers des changements ponctuels plutôt qu'un grand brassage des cartes. Il s'agirait en fait de faire entrer au cabinet le nouveau député d'Outremont, Raymond Bachand, un souverainiste repenti. Un portefeuille économique lui serait destiné. S'ensuivra inévitablement un jeu de dominos.
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