La pilule d'Arcelor
L'OPA hostile que le numéro un de l'acier Mittal a lancée afin de mettre la main sur Arcelor, un de ses principaux concurrents, s'avère une histoire pleine d'enseignements sur la culture économique qui prévaut en Europe. Vu de ce côté-ci de l'Atlantique, on a l'impression que les acteurs du capitalisme européens viennent juste de découvrir certains des effets qu'a eus la mondialisation sur l'ingénierie financière.
Avant tout, précisons que Mittal est une entreprise dont le siège social est à Rotterdam et qui est inscrite aux Bourses de Londres et de New York. Au début des années 90, Mittal a fait l'acquisition de Sidbec-Dosco avant d'acheter l'an dernier Dofasco, le géant canadien du secteur. Contrairement à ce qui lui a été reproché lors de la foire d'empoigne qui a suivi l'amorce du raid, elle n'est en rien indienne. En fait, tout ce qu'elle a d'indien est l'origine de son fondateur Lakshmi Mittal qui vit à... Londres depuis des années. Quoi d'autre? Mittal n'a aucune usine en Inde.
Arcelor a son siège social au Luxembourg. Le profil financier qui est le sien est sain. Davantage en tout cas que celui de Mittal qui, au terme de son dernier exercice, affiche une piètre performance. Cette méforme de Mittal, son taux d'endettement explique en grande partie la ferme volonté de la direction d'Arcelor d'employer tous les moyens possibles et imaginables pour contrer l'OPA. Hélas pour elle, le capital d'Arcelor est largement réparti. Il n'y a pas un actionnaire majoritaire, mais une ribambelle de petits porteurs.
Toujours est-il que ce feuilleton financier a aiguisé la fibre nationaliste de certains, et notamment du ministère français des Finances. Au sein de ce dernier, on vient de découvrir l'existence et surtout l'usage qu'une entreprise peut faire de la poison pill (pilule empoisonnée) en cas d'attaque. Les autorités concernées vont proposer sous peu une loi permettant aux actionnaires de doter leur entreprise de cet outil financier qui oblige l'acquéreur à mettre beaucoup de dollars sur la table. Dans le cas qui nous occupe, Mittal propose d'acheter les titres d'Arcelor en échange de titres Mittal. En clair, il n'y a pas d'espèces sonnantes en jeu.
Cet aspect du dossier couplé au signe qui distingue Arcelor — capital largement réparti —, a fait prendre conscience de ceci: les fleurons de la Bourse de Paris pourraient être facilement les sujets d'OPA de la part des fonds d'investissement britanniques et américains. En effet, les Paribas, Carrefour, Danone et autres sont très fragiles à cet égard. Il y a de quoi être passablement étonné de constater que c'est seulement aujourd'hui qu'on s'est rendu compte en haut lieu de l'absence de moyens de défense.
En attendant de connaître l'issue de la bataille Mittal-Arcelor, le gouvernement indien a prévenu que si l'Union européenne contrecarrait les projets de Mittal, des mesures de rétorsion commerciale seraient prises. Cela causerait évidemment plus de dommages qu'une acquisition qui, pour l'instant, a été conduite dans les formes.
Avant tout, précisons que Mittal est une entreprise dont le siège social est à Rotterdam et qui est inscrite aux Bourses de Londres et de New York. Au début des années 90, Mittal a fait l'acquisition de Sidbec-Dosco avant d'acheter l'an dernier Dofasco, le géant canadien du secteur. Contrairement à ce qui lui a été reproché lors de la foire d'empoigne qui a suivi l'amorce du raid, elle n'est en rien indienne. En fait, tout ce qu'elle a d'indien est l'origine de son fondateur Lakshmi Mittal qui vit à... Londres depuis des années. Quoi d'autre? Mittal n'a aucune usine en Inde.
Arcelor a son siège social au Luxembourg. Le profil financier qui est le sien est sain. Davantage en tout cas que celui de Mittal qui, au terme de son dernier exercice, affiche une piètre performance. Cette méforme de Mittal, son taux d'endettement explique en grande partie la ferme volonté de la direction d'Arcelor d'employer tous les moyens possibles et imaginables pour contrer l'OPA. Hélas pour elle, le capital d'Arcelor est largement réparti. Il n'y a pas un actionnaire majoritaire, mais une ribambelle de petits porteurs.
Toujours est-il que ce feuilleton financier a aiguisé la fibre nationaliste de certains, et notamment du ministère français des Finances. Au sein de ce dernier, on vient de découvrir l'existence et surtout l'usage qu'une entreprise peut faire de la poison pill (pilule empoisonnée) en cas d'attaque. Les autorités concernées vont proposer sous peu une loi permettant aux actionnaires de doter leur entreprise de cet outil financier qui oblige l'acquéreur à mettre beaucoup de dollars sur la table. Dans le cas qui nous occupe, Mittal propose d'acheter les titres d'Arcelor en échange de titres Mittal. En clair, il n'y a pas d'espèces sonnantes en jeu.
Cet aspect du dossier couplé au signe qui distingue Arcelor — capital largement réparti —, a fait prendre conscience de ceci: les fleurons de la Bourse de Paris pourraient être facilement les sujets d'OPA de la part des fonds d'investissement britanniques et américains. En effet, les Paribas, Carrefour, Danone et autres sont très fragiles à cet égard. Il y a de quoi être passablement étonné de constater que c'est seulement aujourd'hui qu'on s'est rendu compte en haut lieu de l'absence de moyens de défense.
En attendant de connaître l'issue de la bataille Mittal-Arcelor, le gouvernement indien a prévenu que si l'Union européenne contrecarrait les projets de Mittal, des mesures de rétorsion commerciale seraient prises. Cela causerait évidemment plus de dommages qu'une acquisition qui, pour l'instant, a été conduite dans les formes.
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