samedi 11 février 2012 Dernière mise à jour 01h05
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Libre opinion: Le sectarisme d'une étiquette verte

Guillaume Hébert - Étudiant à la maîtrise à l'Université du Québec à Montréal  20 février 2006 
On reconnaît le sectarisme par le refus de discuter, par les nécessaires affirmations erronées qui découleront de cette attitude et, au bout du compte, par l'effet contre-productif du résultat. C'est un exemple de cela que nous offre la lettre de Samuel Dupéré dans Le Devoir du 14 février 2006. Dans ce texte, au nom du Parti vert du Québec, l'auteur explique pourquoi il lui semble important de garder ses distances avec l'actuelle gauche en effervescence.

À écouter les Verts, on s'aperçoit qu'ils ne se sont pas contentés de prendre leurs distances avec la gauche, ils s'en sont complètement coupés. Comment expliquer alors qu'ils ignorent que la gauche du XXIe siècle fait de la démocratie participative l'un de ses chevaux de bataille? Pourquoi ne savent-ils pas qu'à Québec Solidaire un comité travaille exclusivement à développer un modèle plus démocratique qui, une fois appliqué au parti, pourrait en suite inspirer un nouveau modèle à notre société?

Les Verts s'égarent aussi complètement lorsqu'ils abordent le thème de l'État aux yeux de la gauche. Alors que M. Dupéré écrit vouloir se défaire des vieux réflexes, il n'a pas trouvé mieux que de faire une critique du modèle économique proposé par la gauche des années 70-80, le modèle d'économie centrale planifiée avec laquelle la gauche n'a plus rien à voir depuis belle lurette même si elle croit bel et bien pouvoir développer une solution de rechange solide et plausible au néolibéralisme ambiant, l'économie coopérative et participative étant certainement les pistes actuellement les plus stimulantes. Porte-parole femme de Québec Solidaire, Françoise David répondait ainsi aux allégations insensées: «Ce n'est pas vrai qu'on veut privatiser le dépanneur du coin!»

Manque de vision

Le Parti vert du Québec: manque de vision d'un petit groupe postmoderne capricieux qui crie bien haut tenir à son étiquette internationale afin d'en venir à des petits accords pragmatiques qui se montrent utiles pour redorer le blason de quelques pollueurs privés ou gouvernementaux, mais qui ne sert pas à grand-chose lorsqu'on veut défendre réellement notre environnement.

Les écologistes conséquents sont habituellement d'avis que la gravité de l'action l'humaine rend nécessaire une réforme profonde et même carrément structurelle. Lorsqu'on adopte cette position, on rejoint le camp des progressistes qui veulent évoluer vers quelque chose de meilleur, et pas se contenter de «patcher» un ordre socio-économique injuste, destructeur et qui pollue de façon abject. C'est ça la gauche, ce n'est pas seulement une couleur ou une étiquette, comme semble le croire M. Dupéré. Dans le système britannique archaïque qu'il nous faut toujours endurer au Québec et au Canada, les Verts sectaires ne sont voués qu'à faire de l'obstruction.

D'ailleurs, si ces même Verts s'étaient montrés plus ouverts à la discussion avec la gauche québécoise en unification (un très vaste éventail de gens, aurait dû noter M. Dupéré qui accuse on ne sait trop pourquoi la gauche de manquer d'ouverture), il y aurait maintenant une commission environnementale à Québec Solidaire (dont l'un des quatre grands principes est l'écologisme), proposition à laquelle il a manqué quelques votes seulement au congrès de fondation les 3, 4 et 5 février. C'est là aussi un exemple du pragmatisme des Verts? Le Parti vert ne s'est pas contenté de prendre ses distances: il a n'a même pas daigné répondre aux nombreuses invitations de la gauche en gestation.

Lorsque Françoise David en a eu assez des lettres de non-recevoir des gouvernements dirigés par des partis institutionnalisés, elle a décidé de passer à l'offensive dans l'arène électorale. Les mouvements sociaux (qui jadis appuyaient un jeune et prometteur Parti québécois) sont en voie de se joindre à la gauche dans la foulée d'une vague très forte. Les Verts ont jusqu'à maintenant décidé de regarder passer le défilé parce que, disent-ils, ils ont une étiquette internationale. Établissez vos priorités; l'environnement ou l'étiquette? Espérons seulement que les électeurs québécois, eux, ne seront pas bernés.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Idées
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012