Dumont stimule Charest
Photo : Jacques Nadeau
Jean Charest s’est exprimé avec un mordant auquel il n’avait pas habitué ses troupes, hier, lors de la clôture du conseil général du Parti libéral à Montréal.
Piqué à vif par le passage remarqué de Mario Dumont devant la haute finance torontoise la semaine dernière, Jean Charest a accusé hier son adversaire d’y avoir sacrifié les intérêts du Québec.
Aux yeux du chef du Parti libéral du Québec, Mario Dumont a failli à ses responsabilités envers la population du Québec en ne revendiquant rien pour la province et en refusant même d’aborder la question du déséquilibre fiscal sur la très sélecte tribune du Canadian Club. Jean Charest dit avoir vu dans ce «spectacle», une «provocation».
«Il était allé faire un discours à Toronto pour recevoir des applaudissements et il a sacrifié les intérêts du Québec», s’est scandalisé hier M. Charest à la clôture du conseil général de son parti.
À la suite du discours de M. Dumont à Toronto, qui a mené les grands journaux du Canada anglais à classer la vision du jeune politicien plus à droite que les ultraconservateurs Ralph Klein et Mike Harris, l’ADQ a vraisemblablement reçu une certaine reconnaissance du monde financier.
Au Québec, le p.-d.g. de Canam Manac, Marcel Dutil, jusqu’à tout récemment libéral, a confirmé qu’il présiderait la campagne de financement de M. Dumont et de son équipe.
Devant les journalistes, le chef libéral affirme s’être enflammé davantage lorsqu’il a lu une entrevue de M. Dumont qui disait vendredi, qu’avec l’ADQ «on va se faire respecter en défendant nos points de vue sur toutes les tribunes». «C’est aller trop loin, a lancé Jean Charest, poings serrés. [...] C’est devenu urgent pour la population d’avoir les plans et les chiffres de tous les partis.»
Et Jean Charest de rappeler que, lui, n’a jamais adapté son discours à l’extérieur des frontières du Québec. Son attitude lui a d’ailleurs valu une cuisante défaite lors des élections fédérales de 1997 après avoir fait, alors à titre de chef du Parti conservateur, la promotion du statut de société distincte pour le Québec. «J’en ai payé le prix parce qu’il n’y a pas de prix pour la défense des intérêts du Québec», a-t-il assuré dans son discours mettant fin aux travaux du conseil général qui réunissait à Montréal plus de mille militants.
C’est au cours de cette allocution que M. Charest a dénoncé ce qu’il appelle le «dumontisme», ou l’absence de valeurs de Mario Dumont. Mordant, Jean Charest a démontré la valse-hésitation du chef de l’Action démocratique du Québec dans différents dossiers.
«Le dumontisme, c’est parler de la classe moyenne et proposer le “flat tax” pour diminuer les impôts des riches. [...] C’est être souverainiste à Baie-Comeau et fédéraliste à Toronto. C’est voter en faveur de la Loi sur l’union civile de personnes du même sexe et ensuite dire qu’il est contre. C’est voter avec le gouvernement en faveur de la loi sur la conscription des médecins et critiquer le gouvernement d’appliquer la loi», a laissé tomber M. Charest avec une vigueur à laquelle il n’avait pas habitué ses militants au cours des dernières années.
Fréquemment interrompu par des applaudissements nourris, le chef libéral s’est également moqué de la médecine à deux vitesses que propose Mario Dumont. Vendredi, Le Devoir rapportait les propos d’un homme d’affaires péquiste récemment converti à l’ADQ, Carmand Normand. «Pourquoi j’ai le droit de m’acheter trois Mercedes, mais que je n’aurais pas le droit de prendre l’argent d’une Mercedes pour m’occuper de ma santé et de celle de ma famille?», s’interrogeait M. Normand, justifiant ainsi son appui au chef de l’ADQ.
Jean Charest a saisi la balle au bond et l’a renvoyée dans le camp adversaire au grand plaisir de la salle. «Fallait y penser! Dans le programme de l’ADQ, c’est clair comme de l’eau de roche. Ils proposent à chaque famille du Québec de vendre leur troisième Mercedes», a-t-il affirmé, déclenchant, du coup, les rires. Puis en élevant encore le ton, il a ajouté: «Qu’ils se promènent en Mercedes! Qu’ils les vendent leurs Mercedes! Il y a un train qui s’en vient à bord duquel on convie tous les citoyens du Québec. C’est celui de la justice sociale, des valeurs libérales et d’un système de santé accessible, peu importe votre revenu.»
Déjà vendredi, en ouverture du conseil général, Jean Charest avait sonné la charge à l’endroit de Mario Dumont. Tout au long de la fin de semaine, les militants soulignaient le nouvel enthousiasme de leur chef. «A-t-il mangé de la vache enragée?», s’est même demandé une militante tout sourire. Chose certaine, ce changement de ton a soulevé ses troupes: lors de son arrivée hier dans la salle, M. Charest a eu droit à une ovation pendant près de cinq minutes.
Aux yeux du chef du Parti libéral du Québec, Mario Dumont a failli à ses responsabilités envers la population du Québec en ne revendiquant rien pour la province et en refusant même d’aborder la question du déséquilibre fiscal sur la très sélecte tribune du Canadian Club. Jean Charest dit avoir vu dans ce «spectacle», une «provocation».
«Il était allé faire un discours à Toronto pour recevoir des applaudissements et il a sacrifié les intérêts du Québec», s’est scandalisé hier M. Charest à la clôture du conseil général de son parti.
À la suite du discours de M. Dumont à Toronto, qui a mené les grands journaux du Canada anglais à classer la vision du jeune politicien plus à droite que les ultraconservateurs Ralph Klein et Mike Harris, l’ADQ a vraisemblablement reçu une certaine reconnaissance du monde financier.
Au Québec, le p.-d.g. de Canam Manac, Marcel Dutil, jusqu’à tout récemment libéral, a confirmé qu’il présiderait la campagne de financement de M. Dumont et de son équipe.
Devant les journalistes, le chef libéral affirme s’être enflammé davantage lorsqu’il a lu une entrevue de M. Dumont qui disait vendredi, qu’avec l’ADQ «on va se faire respecter en défendant nos points de vue sur toutes les tribunes». «C’est aller trop loin, a lancé Jean Charest, poings serrés. [...] C’est devenu urgent pour la population d’avoir les plans et les chiffres de tous les partis.»
Et Jean Charest de rappeler que, lui, n’a jamais adapté son discours à l’extérieur des frontières du Québec. Son attitude lui a d’ailleurs valu une cuisante défaite lors des élections fédérales de 1997 après avoir fait, alors à titre de chef du Parti conservateur, la promotion du statut de société distincte pour le Québec. «J’en ai payé le prix parce qu’il n’y a pas de prix pour la défense des intérêts du Québec», a-t-il assuré dans son discours mettant fin aux travaux du conseil général qui réunissait à Montréal plus de mille militants.
C’est au cours de cette allocution que M. Charest a dénoncé ce qu’il appelle le «dumontisme», ou l’absence de valeurs de Mario Dumont. Mordant, Jean Charest a démontré la valse-hésitation du chef de l’Action démocratique du Québec dans différents dossiers.
«Le dumontisme, c’est parler de la classe moyenne et proposer le “flat tax” pour diminuer les impôts des riches. [...] C’est être souverainiste à Baie-Comeau et fédéraliste à Toronto. C’est voter en faveur de la Loi sur l’union civile de personnes du même sexe et ensuite dire qu’il est contre. C’est voter avec le gouvernement en faveur de la loi sur la conscription des médecins et critiquer le gouvernement d’appliquer la loi», a laissé tomber M. Charest avec une vigueur à laquelle il n’avait pas habitué ses militants au cours des dernières années.
Fréquemment interrompu par des applaudissements nourris, le chef libéral s’est également moqué de la médecine à deux vitesses que propose Mario Dumont. Vendredi, Le Devoir rapportait les propos d’un homme d’affaires péquiste récemment converti à l’ADQ, Carmand Normand. «Pourquoi j’ai le droit de m’acheter trois Mercedes, mais que je n’aurais pas le droit de prendre l’argent d’une Mercedes pour m’occuper de ma santé et de celle de ma famille?», s’interrogeait M. Normand, justifiant ainsi son appui au chef de l’ADQ.
Jean Charest a saisi la balle au bond et l’a renvoyée dans le camp adversaire au grand plaisir de la salle. «Fallait y penser! Dans le programme de l’ADQ, c’est clair comme de l’eau de roche. Ils proposent à chaque famille du Québec de vendre leur troisième Mercedes», a-t-il affirmé, déclenchant, du coup, les rires. Puis en élevant encore le ton, il a ajouté: «Qu’ils se promènent en Mercedes! Qu’ils les vendent leurs Mercedes! Il y a un train qui s’en vient à bord duquel on convie tous les citoyens du Québec. C’est celui de la justice sociale, des valeurs libérales et d’un système de santé accessible, peu importe votre revenu.»
Déjà vendredi, en ouverture du conseil général, Jean Charest avait sonné la charge à l’endroit de Mario Dumont. Tout au long de la fin de semaine, les militants soulignaient le nouvel enthousiasme de leur chef. «A-t-il mangé de la vache enragée?», s’est même demandé une militante tout sourire. Chose certaine, ce changement de ton a soulevé ses troupes: lors de son arrivée hier dans la salle, M. Charest a eu droit à une ovation pendant près de cinq minutes.
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