jeudi 26 novembre 2009 Dernière mise à jour 19h21


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Harper satisfait Charest

Robert Dutrisac , Alec Castonguay   16 février 2006 
Le premier ministre Jean Charest est sorti encouragé d'une toute première rencontre avec Stephen Harper, signalant l'ouverture du premier ministre canadien à l'égard du rôle du Québec sur la scène internationale, la possibilité d'en arriver à une entente sur le financement des services de garde et même le respect par le gouvernement conservateur du protocole de Kyoto.

Au cours d'un point de presse à Québec, Jean Charest, tout juste revenu d'Ottawa, s'est réjoui du fait que M. Harper lui ait confirmé le maintien de ses engagements énoncés en campagne électorale. «Il a certainement réitéré sa volonté de régler le dossier du déséquilibre fiscal [et celui de] l'international. M. Harper n'a pas changé d'idée», a-t-il dit.

Les premiers ministres du Canada et du Québec se sont rencontrés en tête à tête hier, à l'occasion d'un dîner de travail au 24 Sussex qui a duré deux heures vingt minutes. Jean Charest est du coup devenu le tout premier dirigeant d'une province à rencontrer Stephen Harper depuis son élection le 23 janvier dernier.

À Ottawa, Stephen Harper a refusé de s'adresser aux médias pour expliquer l'avancement des dossiers avec le Québec, et ce, même s'il affirme en faire une priorité. Ce silence fut dénoncé avec force tant par le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, que par le chef du Parti québécois, André Boisclair.

Il aura ainsi fallu attendre le retour de M. Charest à Québec, en fin de journée, pour obtenir quelques informations sur cette importante rencontre. Une source proche du premier ministre canadien a par contre confirmé que les deux hommes avaient convenu de se rencontrer de nouveau avant le 3 avril prochain, mais cette fois à Québec.

Le premier ministre québécois a indiqué que cette première rencontre avait permis d'échanger sur les priorités du gouvernement du Québec: le déséquilibre fiscal, le financement des services de garde, le protocole de Kyoto, le financement fédéral de l'éducation postsecondaire et les relations internationales. Il est encore trop tôt pour parler d'échéancier, mais les équipes de travail respectives des deux gouvernements ont reçu le mandat d'amorcer des discussions, a mentionné M. Charest.

Au sujet du contentieux visant l'entente de financement des services de garde convenue avec le gouvernement libéral mais remise en question par M. Harper, Jean Charest a dit que les deux premiers ministres avaient eu «une très bonne discussion». Il a paru modérément optimiste. «De part et d'autre, nous croyons qu'une solution est possible», a-t-il dit.

Sur la question de la place du Québec sur la scène internationale, les deux hommes se rejoignent. «Dans le cas des relations internationales et de l'UNESCO, on est sur la même longueur d'onde», a dit M. Charest, soulignant qu'«il y a malheureusement encore de l'incompréhension, à l'extérieur du Québec surtout, mais des fois ici». Dans ses champs de compétence, «le Québec doit absolument participer à la mise en oeuvre de traités, sinon ça ne marche pas», a-t-il ajouté. «Et ce que j'ai trouvé d'encourageant, c'est que, du côté de M. Harper, c'est quelque chose que lui comprend très bien.»

Au chapitre du déséquilibre fiscal, Jean Charest se montre étapiste dans un premier temps. Le dossier prioritaire, c'est le rehaussement du financement fédéral de l'éducation postsecondaire, ce qui fera l'objet d'un sommet organisé le 24 février à Ottawa par le Conseil de la fédération. «Sur l'écran-radar, c'est celui-là qui est devant nous», a dit M. Charest. Le déséquilibre fiscal étant une question complexe, «on veut à chaque étape marquer un progrès», comme cela avait été le cas avec l'entente sur le financement de la santé de septembre 2004, a fait valoir M. Charest. Il existe tout de même entre les deux gouvernements «une volonté commune d'avoir une approche globale aussi», a-t-il avancé.

Eu égard à Kyoto, M. Charest a soutenu que le nouveau gouvernement conservateur appuie le protocole et que «le vrai défi, c'est la mise en oeuvre». Québec attend de voir ce que proposera le gouvernement Harper. «La balle est dans son camp», a dit le premier ministre québécois.

Jean Charest est arrivé vers midi hier à la résidence officielle du premier ministre canadien. Après une courte poignée de main destinée aux caméras de télévision, les deux hommes ont tourné les talons et se sont engouffrés à l'intérieur du 24 Sussex, sans même prononcer un mot. Traqué par les médias en fin de journée, Stephen Harper s'est contenté de deux petits mots pour décrire sa rencontre avec Jean Charest: «Vraiment bien.»

Aucun autre commentaire n'a été formulé malgré l'importance de la rencontre, qui a été présentée comme une réunion privée entre les deux dirigeants. Cette excuse pour ne pas témoigner des discussions a été rejetée du revers de la main par le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe. «Ce n'est pas une simple rencontre qui ne veut rien dire, a-t-il soutenu en point de presse hier à Ottawa. Ce sont deux citoyens qui occupent des postes publics majeurs. Quand on a pris des engagements aussi importants envers le Québec, comme M. Harper l'a fait, et qu'il rencontre le premier ministre du Québec pour la première fois, il me semble qu'il devrait expliquer sa démarche et l'état des dossiers. C'est un manque de transparence plutôt désolant et ça me déçoit. Il doit rendre des comptes à la population.»

Dans un point de presse à Montréal, André Boisclair, sans attendre d'entendre ce que M. Charest avait à dire de la rencontre, a jugé que le mutisme de M. Harper témoignait de «l'échec» de M. Charest. Selon le chef péquiste, M. Harper ne veut pas rendre de comptes sur ses engagements envers les Québécois. C'est «une immense mise en scène pour abrier un malaise qui est en train de se créer entre le gouvernement du Québec et celui de M. Harper», a soutenu M. Boisclair.

Par ailleurs, la présidente de la Tribune de la presse à Ottawa, Emmanuelle Latraverse, a dénoncé le manque de transparence du gouvernement Harper. Dans une lettre de plainte officielle au nom de tous les médias de la Tribune, Mme Latraverse juge «inacceptable» la culture du secret qui entoure les premiers jours de Stephen Harper à la tête du pays. En guise de réponse, l'entourage du premier ministre a soutenu que M. Harper sera disponible «quand il va avoir quelque chose à annoncer».

Avec la Presse canadienne






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009