Lettres: Acheter danois
Tibor Egervari - Gatineau, le 9 février 2006
16 février 2006
L'affaire des caricatures de Mahomet et la pléthore d'analyses et de bons conseils de la part des gens pondérés et sages m'ont fait penser à cet extrait du Mariage de Figaro de Beaumarchais, où Figaro, vers la fin de la pièce, fait une courte autobiographie ironique et quelque peu désabusée.
[...] «Il s'est établi dans Madrid un système de liberté sur la vente des productions, qui s'étend même à celles de la presse; et que, pourvu que je ne parle en mes écrits, ni de l'autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l'opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l'inspection de deux ou trois censeurs.»
La pièce, écrite en 1778, l'année de la mort de Voltaire, n'a pu être jouée que six ans plus tard à cause de la censure.
Aujourd'hui, les censeurs officiels sont remplacés par le boycottage, les drapeaux brûlés et l'incitation au meurtre. N'ayant ni le génie de Beaumarchais ni la sapience des experts, je vais tout simplement courir les magasins à la recherche de produits danois pour en garnir mon réfrigérateur, mes étagères et ma modeste garde-robe. Je dois bien ça aux Danois, nos amis et nos alliés. Je le leur devrais tout autant s'ils avaient défendu le droit de se moquer de mes principes et de mes croyances.
[...] «Il s'est établi dans Madrid un système de liberté sur la vente des productions, qui s'étend même à celles de la presse; et que, pourvu que je ne parle en mes écrits, ni de l'autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l'opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l'inspection de deux ou trois censeurs.»
La pièce, écrite en 1778, l'année de la mort de Voltaire, n'a pu être jouée que six ans plus tard à cause de la censure.
Aujourd'hui, les censeurs officiels sont remplacés par le boycottage, les drapeaux brûlés et l'incitation au meurtre. N'ayant ni le génie de Beaumarchais ni la sapience des experts, je vais tout simplement courir les magasins à la recherche de produits danois pour en garnir mon réfrigérateur, mes étagères et ma modeste garde-robe. Je dois bien ça aux Danois, nos amis et nos alliés. Je le leur devrais tout autant s'ils avaient défendu le droit de se moquer de mes principes et de mes croyances.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

