Mario Dumont - Le changement qui nuit
Alexis Cossette-Trudel - Candidat à la maîtrise en science politique.
30 septembre 2002
Mario Dumont, l'homme qui se présentait, il y a quelques jours encore, comme un nationaliste au Québec, s'en est allé le 23 septembre dernier montrer patte blanche à Toronto. Le chef de l'ADQ a lancé que les «chicanes constitutionnelles» c'en était fini pour lui. Même Robert Bourassa ne s'était pas écrasé de la sorte dans ses rapports avec le reste du Canada. En fait, aucun premier ministre du Québec moderne ne s'est abaissé si bas, au point de se satisfaire du statu quo.
Pourquoi Mario Dumont n'a-t-il pas été plus limpide avec les Québécois avant sa visite en Ontario? Pourquoi cultiver d'un côté l'ambivalence sur ses positions constitutionnelles, et de l'autre, la clarté de ses intentions fédéralistes? Il n'est pas dans l'intérêt du Québec qu'on lui conte des histoires. Les Québécois ont droit à la franchise de la part de leurs politiciens!
Plusieurs d'entre nous, souverainistes dans l'âme, ont été bernés par le chef adéquiste. En remisant unilatéralement le chapitre le plus intéressant de son programme, celui traitant d'une nouvelle offre de partenariat au Canada, le chef adéquiste à fait la démonstration, primo que le processus de construction d'un programme politique ne sert qu'à occuper les militants entre les élections et secundo, que l'ADQ n'a à voir avec le changement que sa volonté de réduire le Québec au stade d'une administration régionale, à l'instar des autres provinces.
Avec ce discours aligné sur la position de Jean Chrétien en matière de constitution, Mario Dumont annonce l'abdication complète et totale des revendications traditionnelles du Québec : la fermeture à double tour du «magasin général» constitutionnel. Advenant malgré tout une ultime offre de partenariat avec reste du Canada, le ROC n'aura plus aucun incitatif à faire des concessions majeures au Québec dès lors que M. Dumont aura balancé par dessus bord notre seul rapport de force collectif face à la majorité canadienne : la carte souverainiste -nationaliste.
Doit-on y voir le manque d'expérience du chef adéquiste? Une grossière erreur de calcul de Mario Dumont? Ou ce dernier vient-il de nous révéler ses vraies couleurs : celles d'un politicien prêt à signer à rabais le registre de nos aspirations politiques?
Les nationalistes et les souverainistes, dont j'étais, qui ont cru en l'ADQ se doivent de réévaluer sérieusement leurs appuis à cette formation politique désormais ouvertement fédéraliste. Passe encore les politiques controversées pour un moment tant que cela fait avancer la question nationale. Mais la destruction ouvertement proposée de l'État québécois, garant du «nous» collectif, jumelée à la mise au rancart à perpétuité de nos aspirations nationales constituent, les deux ensemble, la menace la plus concrète du Québec en devenir que nous chérissons.
L'effet sera d'amputer irrémédiablement le Québec de sa capacité de mettre en oeuvre des politiques vigoureuses conçues pour répondre à la spécificité de la société québécoise. Le Québec deviendra rapidement une unité administrative comme les autres, sans panache, docile et dont le «cas» aura été «réglé» par M. Dumont et ses collègues canadiens. Depuis le rapatriement de la constitution en 1982, jamais le Québec n'a été aussi près d'une catastrophe politique de cette ampleur.
Nous avions placé nos espoirs en lui, parce que le chef adéquiste offrait, avec sa proposition de paix constitutionnelle, de nous sortir de l'impasse politique dans laquelle nous nous trouvions plongés depuis la demi-victoire du OUI en 1995. Nos espoirs se sont si rapidement évaporés que nous en sommes encore bouche bée. D'autant plus que celui en qui nous les avions placés adopte désormais la position méprisante et réductrice de Jean Chrétien sur les «chicanes constitutionnelles».
Encore un autre ballon dégonflé pour les souverainistes et nationalistes du Québec. En se présentant comme le nouveau super porte-étendard du statu quo canadien, le chef de l'ADQ peut-il encore réellement espérer incarner le changement?
Pourquoi Mario Dumont n'a-t-il pas été plus limpide avec les Québécois avant sa visite en Ontario? Pourquoi cultiver d'un côté l'ambivalence sur ses positions constitutionnelles, et de l'autre, la clarté de ses intentions fédéralistes? Il n'est pas dans l'intérêt du Québec qu'on lui conte des histoires. Les Québécois ont droit à la franchise de la part de leurs politiciens!
Plusieurs d'entre nous, souverainistes dans l'âme, ont été bernés par le chef adéquiste. En remisant unilatéralement le chapitre le plus intéressant de son programme, celui traitant d'une nouvelle offre de partenariat au Canada, le chef adéquiste à fait la démonstration, primo que le processus de construction d'un programme politique ne sert qu'à occuper les militants entre les élections et secundo, que l'ADQ n'a à voir avec le changement que sa volonté de réduire le Québec au stade d'une administration régionale, à l'instar des autres provinces.
Avec ce discours aligné sur la position de Jean Chrétien en matière de constitution, Mario Dumont annonce l'abdication complète et totale des revendications traditionnelles du Québec : la fermeture à double tour du «magasin général» constitutionnel. Advenant malgré tout une ultime offre de partenariat avec reste du Canada, le ROC n'aura plus aucun incitatif à faire des concessions majeures au Québec dès lors que M. Dumont aura balancé par dessus bord notre seul rapport de force collectif face à la majorité canadienne : la carte souverainiste -nationaliste.
Doit-on y voir le manque d'expérience du chef adéquiste? Une grossière erreur de calcul de Mario Dumont? Ou ce dernier vient-il de nous révéler ses vraies couleurs : celles d'un politicien prêt à signer à rabais le registre de nos aspirations politiques?
Les nationalistes et les souverainistes, dont j'étais, qui ont cru en l'ADQ se doivent de réévaluer sérieusement leurs appuis à cette formation politique désormais ouvertement fédéraliste. Passe encore les politiques controversées pour un moment tant que cela fait avancer la question nationale. Mais la destruction ouvertement proposée de l'État québécois, garant du «nous» collectif, jumelée à la mise au rancart à perpétuité de nos aspirations nationales constituent, les deux ensemble, la menace la plus concrète du Québec en devenir que nous chérissons.
L'effet sera d'amputer irrémédiablement le Québec de sa capacité de mettre en oeuvre des politiques vigoureuses conçues pour répondre à la spécificité de la société québécoise. Le Québec deviendra rapidement une unité administrative comme les autres, sans panache, docile et dont le «cas» aura été «réglé» par M. Dumont et ses collègues canadiens. Depuis le rapatriement de la constitution en 1982, jamais le Québec n'a été aussi près d'une catastrophe politique de cette ampleur.
Nous avions placé nos espoirs en lui, parce que le chef adéquiste offrait, avec sa proposition de paix constitutionnelle, de nous sortir de l'impasse politique dans laquelle nous nous trouvions plongés depuis la demi-victoire du OUI en 1995. Nos espoirs se sont si rapidement évaporés que nous en sommes encore bouche bée. D'autant plus que celui en qui nous les avions placés adopte désormais la position méprisante et réductrice de Jean Chrétien sur les «chicanes constitutionnelles».
Encore un autre ballon dégonflé pour les souverainistes et nationalistes du Québec. En se présentant comme le nouveau super porte-étendard du statu quo canadien, le chef de l'ADQ peut-il encore réellement espérer incarner le changement?
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