La pénurie s'aggrave
Jean-Robert Sansfaçon
30 septembre 2002
Comme nous l'apprenait la manchette du Devoir, vendredi, les cliniques médicales privées ferment les unes après les autres dans la région de Montréal. Des milliers de citoyens se retrouvent ainsi sans médecin de famille. La pénurie de médecins ne touche pas seulement les régions éloignées, et elle est loin de s'atténuer. Décidément, ce système qui nous coûte de plus en plus cher devient de moins en moins accessible!
On le dit depuis longtemps, le Québec manque d'infirmières et de médecins. Les habitants des régions éloignées ont été les premiers à souffrir de cette pénurie, mais à mesure que le temps passe, le phénomène atteint les grands centres urbains comme Montréal. Selon les données de la Régie régionale publiées dans nos pages, 65 des 215 cliniques privées qui existaient en 1996 avaient fermé leurs portes quatre ans plus tard. Un phénomène qui s'est poursuivi depuis. Encore récemment, des centres de médecine générale aussi importants que la clinique Laënnec dans le nord de la ville, ont mis fin à leurs activités, reléguant les quelque 59 000 dossiers accumulés au statut d'archives.
Déjà, il y a quelques mois, Le Devoir révélait qu'il devenait de plus en plus difficile, voire impossible, de trouver un médecin de famille disponible. Pour les gens en bonne santé, l'inconvénient est mineur, mais pour les personnes âgées et les jeunes familles, cela devient un réel inconvénient. Il y a bien le «sans rendez-vous», mais là n'est certainement pas la solution.
Si autant de cliniques ferment leurs portes, c'est qu'il y a pénurie de jeunes médecins disponibles partout sur le territoire québécois, mais aussi des effets pervers générés par certaines mesures mises en place pour régler d'autres problèmes jugés plus criants, tels que le manque de médecins en région et dans les salles d'urgence. Ce qui démontre ce que nous savions déjà: il ne suffira pas de déplacer des médecins, il faudra aussi en former davantage.
Au début des années soixante, le Québec comptait le double de médecins comparativement à aujourd'hui, par tranche de 100 000 habitants. Présentement, il manque environ 1000 médecins. Ce qui explique un tel retournement des choses, c'est qu'on a cru pouvoir contrôler la hausse des coûts en limitant le nombre de ceux qui font passer des tests et qui prescrivent les médicaments. Il y a quelques années seulement, après avoir réduit le nombre d'étudiants admis dans les quatre facultés de médecine du Québec, on a même envisagé la fermeture complète de l'une d'elles.
La pénurie de médecins n'est pas un phénomène exclusif au Québec, mais elle semble plus grave ici qu'ailleurs. Nos médecins sont de plus en plus souvent des femmes qui font moins d'heures que leurs collègues masculins et dont 1000 d'entre elles travaillent en CLSC où l'on soigne proportionnellement moins de patients qu'en cliniques privées. De plus, les médecins québécois prennent leur retraite plus tôt que leurs homologues canadiens, ce qui ne fait qu'aggraver la pénurie... surtout quand un gouvernement choisit de verser des dizaines de milliers de dollars à des praticiens actifs pour qu'ils abandonnent la profession, ce qui fut fait il y a quelques années afin de réduire les dépenses de l'État.
Récemment, le premier ministre Landry prenait l'engagement de fournir un médecin de famille à chaque Québécois d'ici à trois ans. Malheureusement, à cause de cette pénurie qui ne fera que s'aggraver avec l'accélération prévue des départs pour la retraite, à cause aussi des coûts élevés du financement de telles organisations, il y a lieu d'être très sceptique devant une telle promesse faite en même temps que l'annonce d'élections générales.
On le dit depuis longtemps, le Québec manque d'infirmières et de médecins. Les habitants des régions éloignées ont été les premiers à souffrir de cette pénurie, mais à mesure que le temps passe, le phénomène atteint les grands centres urbains comme Montréal. Selon les données de la Régie régionale publiées dans nos pages, 65 des 215 cliniques privées qui existaient en 1996 avaient fermé leurs portes quatre ans plus tard. Un phénomène qui s'est poursuivi depuis. Encore récemment, des centres de médecine générale aussi importants que la clinique Laënnec dans le nord de la ville, ont mis fin à leurs activités, reléguant les quelque 59 000 dossiers accumulés au statut d'archives.
Déjà, il y a quelques mois, Le Devoir révélait qu'il devenait de plus en plus difficile, voire impossible, de trouver un médecin de famille disponible. Pour les gens en bonne santé, l'inconvénient est mineur, mais pour les personnes âgées et les jeunes familles, cela devient un réel inconvénient. Il y a bien le «sans rendez-vous», mais là n'est certainement pas la solution.
Si autant de cliniques ferment leurs portes, c'est qu'il y a pénurie de jeunes médecins disponibles partout sur le territoire québécois, mais aussi des effets pervers générés par certaines mesures mises en place pour régler d'autres problèmes jugés plus criants, tels que le manque de médecins en région et dans les salles d'urgence. Ce qui démontre ce que nous savions déjà: il ne suffira pas de déplacer des médecins, il faudra aussi en former davantage.
Au début des années soixante, le Québec comptait le double de médecins comparativement à aujourd'hui, par tranche de 100 000 habitants. Présentement, il manque environ 1000 médecins. Ce qui explique un tel retournement des choses, c'est qu'on a cru pouvoir contrôler la hausse des coûts en limitant le nombre de ceux qui font passer des tests et qui prescrivent les médicaments. Il y a quelques années seulement, après avoir réduit le nombre d'étudiants admis dans les quatre facultés de médecine du Québec, on a même envisagé la fermeture complète de l'une d'elles.
La pénurie de médecins n'est pas un phénomène exclusif au Québec, mais elle semble plus grave ici qu'ailleurs. Nos médecins sont de plus en plus souvent des femmes qui font moins d'heures que leurs collègues masculins et dont 1000 d'entre elles travaillent en CLSC où l'on soigne proportionnellement moins de patients qu'en cliniques privées. De plus, les médecins québécois prennent leur retraite plus tôt que leurs homologues canadiens, ce qui ne fait qu'aggraver la pénurie... surtout quand un gouvernement choisit de verser des dizaines de milliers de dollars à des praticiens actifs pour qu'ils abandonnent la profession, ce qui fut fait il y a quelques années afin de réduire les dépenses de l'État.
Récemment, le premier ministre Landry prenait l'engagement de fournir un médecin de famille à chaque Québécois d'ici à trois ans. Malheureusement, à cause de cette pénurie qui ne fera que s'aggraver avec l'accélération prévue des départs pour la retraite, à cause aussi des coûts élevés du financement de telles organisations, il y a lieu d'être très sceptique devant une telle promesse faite en même temps que l'annonce d'élections générales.
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