vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 22h09
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Obésité: le monde de la publicité montré du doigt

Fabien Deglise   30 janvier 2006 
Les grands groupes médiatiques et les agences de publicité doivent reconnaître très vite leur contribution au développement inquiétant de l'obésité et de l'embonpoint au Québec. Avant de se faire policer par le gouvernement, ces acteurs sociaux gagneraient d'ailleurs à «mettre en place des gestes correctifs significatifs». Comment? En adoptant des codes de pratiques responsables en matière de publicité destinée aux enfants et des codes de déontologie pour façonner positivement les attitudes et comportements en ce qui a trait à l'alimentation, aux menus des grandes chaînes de restauration ou encore aux régimes alimentaires miracle, estime le Groupe de travail provincial sur la problématique du poids (GTPPP).

Après cinq ans de réflexion, ce groupe, qui va présenter ce matin à Montréal son plan d'attaque pour contrer l'obésité dans la société québécoise, est catégorique: «Le milieu socioculturel [qui, selon lui, se compose entre autres de Quebecor et de ses filiales, de Groupe Transcontinental, de Gesca, de Cossette Communication ou encore de BBDO Montréal] constitue un maillon important, mais souvent insoupçonné dans la problématique du poids», en raison des messages publicitaires souvent néfastes fabriqués par les uns et diffusés par les autres. Et «une reforme importante dans ce domaine s'impose», peut-on lire dans le rapport du GTPPP dont Le Devoir a obtenu copie.

Intitulé Les Problèmes reliés au poids au Québec, un appel à l'action, ce document dresse sur près de 60 pages la liste des gestes à effectuer afin de briser les courbes ascendantes de la surcharge pondérale. Avec en trame de fond un but: changer «les environnements et les modes de vie de la population» pour mieux s'attaquer à une «situation grave» dont les «conséquences en coût de santé et en réduction de la productivité hypothéqueront l'avenir de la société», indiquent les auteurs.

Le programme est chargé. Et pour ce groupe mis en place en l'an 2000 par l'Association pour la santé publique du Québec (ASPQ), il doit désormais s'appuyer sur cinq mesures «proposées comme point de départ» de cette guerre: implantation de politiques alimentaires en milieu scolaire, modification des environnements physiques pour encourager l'activité physique, révision des réglementations sur la publicité destinée aux enfants, réglementation des «produits, services et moyens amaigrissants» et développement de la recherche sur les problèmes liés au poids, peut-on lire.

Pousser à la roue

Cette «vision de l'action» pour «déclencher un grand mouvement social de remise en question du mode de vie» vise d'ailleurs tous les secteurs de la société appelés par le groupe à apporter leur contribution, seuls ou en collaboration.

Le gouvernement devrait d'ailleurs donner le ton, selon le GTPPP en allouant «5 % de son budget à la prévention [...] plutôt que les 2 % actuels», mais aussi en posant les jalons d'une «politique nutritionnelle nationale et de programmes d'éducation en nutrition», soulignent les onze membres de ce groupe de réflexion. Québec pourrait aussi «prévoir des incitatifs financiers afin de promouvoir l'accessibilité des fruits et légumes locaux ainsi que la production et la commercialisation d'aliments préparés contenant moins de sel, de gras et de sucre», poursuivent-ils.

Cette production alimentaire mériterait d'ailleurs d'être davantage réglementée par les autorités sanitaires pour limiter la présence d'ingrédients délétères dans les produits, accroître les choix santé et réduire ceux qui le sont moins, poursuit le GTPPP. L'industrie doit également être forcée de «revoir [ses] pratiques de marketing, de mise en marché et de publicité», car, en la matière, le «volontariat, notent les auteurs du rapport, est une avenue où les résultats sont plus aléatoires et plus lents».

Refaire le monde

Au-delà de l'alimentation — et forcément de la malbouffe —, les gardiens de la santé publique exhortent les services de garde et les écoles à faire leurs devoirs avec l'aménagement d'aires de jeux, l'augmentation du temps alloué à l'activité physique, mais aussi l'adoption de mesures pour inciter les enfants à venir en vélo à l'école. À ce titre, les municipalités sont aussi interpellées par le GTPPP. Motif? Avec leur «plan d'aménagement», elles possèdent le «premier outil pouvant amener le Québec à se couvrir de voies cyclables et piétonnières, récréatives et utilitaires, visant à favoriser les déplacements actifs chez les jeunes et les adultes», peut-on dans ce document.

Véritable guide de survie dans un monde de plus en plus «obésogène», le plan d'action qui s'apprête à être dévoilé ce matin par ce regroupement de professionnels de la santé publique témoigne aussi de l'urgence d'agir après des années passées à réfléchir sur les problèmes de poids grandissants dans les sociétés occidentales.

C'est qu'avec 57 % de la population composant avec un excès de poids, le Québec est loin, sur la scène internationale, d'être une société distincte. Pis, notre coin de globe vit maintenant avec une «menace sociosanitaire», peut-on lire, qui pourrait lui coûter cher en faisant grimper «les coûts de santé, déjà jugés élevés (42 % du budget de l'État québécois)» qui deviendront alors «tout simplement ingérables», avertissent sans détour les membres de ce groupe dont l'appel devrait certainement faire beaucoup de bruit.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Recherche complète sur le même sujet


Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012