Lettres: Le dilemme du Bloc
Alain Vadeboncoeur - Longueuil, le 24 janvier 2006
25 janvier 2006
Malgré une victoire sans équivoque et un discours postélectoral énergique, Gilles Duceppe se retrouve dans une situation difficile. Un gouvernement conservateur minoritaire fragile obligera en effet Stephen Harper à modérer ses choix politiques et à réfréner ses députés trop à droite afin d'éviter un renversement rapide par une alliance entre le NPD et le Parti libéral. Le Canada demeurant au centre, près des «valeurs québécoises», le Bloc ne pourra pas faire mousser son option sur la base d'un hypothétique écart moral.
Les conservateurs viseront ensuite, en Ontario et au Québec, des gains qui pourront leur permettre de consolider éventuellement leur pouvoir lors de nouvelles élections qui ne sauraient attendre, seule voie possible pour vraiment réaliser leur programme. La meilleure façon d'y arriver est encore de régler le déséquilibre fiscal, retirant un autre atout à Gilles Duceppe et favorisant une appréciation des appuis ontariens. L'Ontario verra peut-être aussi d'un bon oeil s'atténuer la fronde souverainiste au prix d'une amélioration de la visibilité internationale québécoise?
N'oublions pas le virage de la région de Québec, qui pose des questions au sujet de l'avenir d'une capitale nationale et peut-être de la stabilité fondamentale de l'option souverainiste. Enfin, ce passage obligé du Parti libéral dans l'opposition l'obligera à se refaire une beauté, sinon une santé. Et le départ de Paul Martin l'obligera aussi à accueillir un nouveau chef. Ce Michael Ignatieff, par exemple, qui passe un peu vite pour un émule de Pierre Elliott Trudeau, «ignatieffomanie» étant plutôt ardu à prononcer. Qui sait où cela pourrait mener?
Les conservateurs viseront ensuite, en Ontario et au Québec, des gains qui pourront leur permettre de consolider éventuellement leur pouvoir lors de nouvelles élections qui ne sauraient attendre, seule voie possible pour vraiment réaliser leur programme. La meilleure façon d'y arriver est encore de régler le déséquilibre fiscal, retirant un autre atout à Gilles Duceppe et favorisant une appréciation des appuis ontariens. L'Ontario verra peut-être aussi d'un bon oeil s'atténuer la fronde souverainiste au prix d'une amélioration de la visibilité internationale québécoise?
N'oublions pas le virage de la région de Québec, qui pose des questions au sujet de l'avenir d'une capitale nationale et peut-être de la stabilité fondamentale de l'option souverainiste. Enfin, ce passage obligé du Parti libéral dans l'opposition l'obligera à se refaire une beauté, sinon une santé. Et le départ de Paul Martin l'obligera aussi à accueillir un nouveau chef. Ce Michael Ignatieff, par exemple, qui passe un peu vite pour un émule de Pierre Elliott Trudeau, «ignatieffomanie» étant plutôt ardu à prononcer. Qui sait où cela pourrait mener?
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