Syrie: le régime bombarde la Ghouta sans relâche

Un secouriste se tenait mardi à proximité d’un immeuble détruit par des bombardements du régime de Bachar al-Assad, dans la ville rebelle d’Arbin en Syrie.
Photo: Abdulmonam Eassa Agence France-Presse Un secouriste se tenait mardi à proximité d’un immeuble détruit par des bombardements du régime de Bachar al-Assad, dans la ville rebelle d’Arbin en Syrie.

Au moins 70 civils, dont des enfants, ont péri mardi dans de nouvelles frappes de l’armée de l’air syrienne contre une enclave rebelle, malgré l’accroissement des pressions internationales sur le régime, accusé d’avoir perpétré des attaques chimiques.

Craignant une « aggravation de la crise humanitaire », l’ONU a appelé à une trêve humanitaire d’au moins un mois dans toute la Syrie, pays ravagé par une guerre dévastatrice qui a fait plus de 340 000 morts et jeté à la rue des millions de personnes depuis mars 2011.

Au lendemain de la mort de 31 personnes dans des raids sur la Ghouta orientale, les avions du régime ont bombardé mardi plusieurs localités de cette enclave, tuant au moins 70 civils, dont 18 enfants, et en blessant une centaine, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Il s’agit des raids les plus meurtriers depuis le lancement il y a six semaines d’une opération du régime à la périphérie de la Ghouta orientale, une région proche de la capitale Damas, a précisé l’ONG.

À Saqba, l’une des localités de la Ghouta orientale assiégée depuis 2013, les Casques blancs, ces secouristes dans les régions rebelles, ont réussi à sortir des décombres une petite fille au visage ensanglanté.

La Ghouta orientale est la cible quasi quotidienne de bombardements du régime, et ses quelque 400 000 habitants vivent une grave crise humanitaire, avec des pénuries de nourriture et de médicaments.

En représailles, les rebelles ont tiré des roquettes sur Damas, bastion du régime, où trois civils ont été tués mardi, selon l’agence officielle Sana. Plusieurs écoles ont annoncé la suspension des cours sine die à cause des violences.

Outre les frappes sur la Ghouta, le régime a intensifié ces dernières semaines ses bombardements contre la province d’Idleb (nord-ouest), contrôlée par les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (ex-branche syrienne d’al-Qaïda) et où sont présents plusieurs groupes rebelles syriens.

La veille, 16 personnes ont péri dans les raids à Idleb.

La Ghouta orientale et la province d’Idleb font partie des quatre zones de désescalade mises en place en Syrie en vue de parvenir à un cessez-le-feu global.

Attaques chimiques

Des violences « qui tournent en dérision ces soi-disant zones de désescalade », a dénoncé une commission de l’ONU chargée d’enquêter sur les crimes de guerre en Syrie. « Ces 48 dernières heures, l’ampleur et la férocité des attaques ont considérablement augmenté. »

Cette même commission a annoncé qu’elle enquêtait sur des attaques chimiques présumées du régime à Saraqeb, une localité de la province d’Idleb, où 11 cas de suffocation ont été rapportés, mais aussi dans la Ghouta orientale.

Le 22 janvier, l’OSDH a rapporté 21 cas de suffocation dans la Ghouta, des habitants et des sources médicales évoquant alors une attaque au chlore. Le régime de Bachar al-Assad a nié avoir utilisé ces armes.