Saoudiens et Emiratis tentent de calmer le jeu au Yémen

Les combats, qui ont fait au moins 38 morts, ont encore affaibli l'armée loyale au président Abd Rabbo Mansour Hadi. 
Photo: Saleh Al-Obeidi Agence France-Presse Les combats, qui ont fait au moins 38 morts, ont encore affaibli l'armée loyale au président Abd Rabbo Mansour Hadi. 

L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont mis jeudi tout leur poids pour tenter de rétablir le calme à Aden, la deuxième ville du Yémen, dont les séparatistes sudistes ont conquis une grande partie aux dépens du gouvernement à l’issue de combats meurtriers.

 

Précédemment alliées, les forces séparatistes et l’armée loyale au président Abd Rabbo Mansour Hadi se sont affrontées entre dimanche et mardi à Aden, mettant à mal la coalition arabe intervenue au Yémen en 2015 contre les rebelles Houthis.

 

Ces combats, qui ont fait au moins 38 morts, ont encore affaibli le camp pro-Hadi, qui a perdu la quasi-totalité de ses positions à Aden. La ville était devenue le siège provisoire du gouvernement, chassé en 2015 de la capitale, Sanaa, par les Houthis.

 

M. Hadi, lui-même réfugié en Arabie saoudite depuis près de trois ans, a dénoncé un « coup de force » séparatiste contre son gouvernement.

 

Cette crise a fait apparaître des divisions entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, piliers de la coalition arabe qui cherche à rétablir l’autorité du gouvernement et à chasser les Houthis, décrits comme des relais de « l’expansionnisme iranien ».

 

Riyad soutient toujours le président Hadi à bout de bras, tandis que les Émirats ont entraîné une force militaire yéménite appelée « Cordon de sécurité », qui est perçue comme favorable au puissant mouvement séparatiste du sud du Yémen.

 

Cessez-le-feu

 

Jeudi, l’agence officielle émiratie WAM a annoncé que de hauts responsables saoudiens et émiratis de la coalition étaient arrivés à Aden pour s’assurer du respect d’une trêve et oeuvrer à une réconciliation.

 

Cette délégation militaire a fait le tour de la cité portuaire et « rencontré toutes les parties concernées, soulignant la nécessité de respecter un cessez-le-feu […] et de recentrer les efforts sur les lignes de front contre les [rebelles] Houthis », a précisé l’agence.

 

Pendant les combats entre forces séparatistes et gouvernementales, la coalition avait multiplié les appels au cessez-le-feu. Mais ses troupes n’étaient pas intervenues, et Aden n’a retrouvé un semblant de calme que mercredi.

 

Selon des sources militaires, des unités de la force yéménite pro-séparatiste « Cordon de sécurité » ont établi des points de contrôle dans la quasi-totalité de la ville, où seul le palais présidentiel reste aux mains du gouvernement.

 

Des drapeaux séparatistes flottent désormais sur de nombreux bâtiments publics d’Aden.

 

Le ministère des Affaires étrangères a de son côté assuré dans un communiqué que le gouvernement du président Hadi demeurait pleinement opérationnel, qualifiant la prise de contrôle des séparatistes de coup avorté.

 

L’aéroport international d’Aden a rouvert jeudi avec un premier vol de la compagnie Yemenia vers Le Caire, selon l’agence gouvernementale Saba.

 

Les forces progouvernementales maintiennent une forte présence ailleurs dans cinq provinces du Sud. Elles contrôlent aussi quelques régions côtières de la mer Rouge, ainsi qu’une partie du centre.