Valerie Amos est sur place - Syrie : Homs est totalement dévastée

Damas — La responsable des opérations humanitaires de l'ONU est arrivée hier en Syrie où elle a pu visiter des quartiers de Homs «totalement dévastés» alors que les violences se sont poursuivies à travers le pays, plusieurs morts ayant été signalés dans la province d'Idleb (nord-ouest).

Précédant de trois jours l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan, Valerie Amos a rencontré des responsables syriens et s'est rendue dans la ville de Homs. Elle a pu entrer brièvement dans le quartier de Bab Amor, assiégé et pilonné par l'artillerie pendant un mois avant que les forces gouvernementales ne le reprennent le 1er mars. La responsable de l'ONU a tenté de se rendre dans des quartiers tenus par l'opposition armée mais «n'a pas été en mesure de le faire» pour des raisons de sécurité, selon sa porte-parole Amanda Pitt.

Le ministre des Affaires étrangères, Walid Mouallem, lui avait pourtant «confirmé qu'elle pourrait se rendre là où elle voudrait», a souligné la porte-parole de Mme Amos, venue en Syrie pour obtenir un accès humanitaire «sans entrave» aux populations touchées par les violences.

Symbole de la contestation jusqu'à sa chute, Bab Amor était quasi désert, ses habitants ayant fui les combats, a constaté le Croissant-Rouge, qui accompagnait Mme Amos.

Les bombardements y ont fait quelque 700 morts et des milliers de blessés, selon l'ONG Human Rights Watch. Des tirs de roquettes ont été signalés dans d'autres quartiers de Homs hier par l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Entre-temps, la répression a fait hier de nouvelles victimes, à Homs même et dans sa province, dans les provinces d'Alep, d'Idleb et de Deraa. Au moins 19 personnes, dont 13 civils et 6 déserteurs, ont été tuées par l'armée syrienne, a rapporté l'OSDH. Et selon le Conseil national syrien (CNS), -la plus importante coalition de l'opposition-, qui redoute une «réédition du massacre» de Bab Amor, «42 chars et 131 véhicules de transport de troupes» se dirigent vers Saraqeb, dans la province d'Idleb, et «des colonnes militaires se dirigeaient vers la ville d'Idleb» hier.

Selon un nouveau bilan de l'OSDH, les violences ont fait 8458 morts, en majorité des civils, depuis le début de la révolte il y a près d'un an.

Alors que de plus en plus de militants réclament au moins une zone d'exclusion aérienne, le président américain, Barack Obama, a exclu «de lancer, comme certains l'ont suggéré, une action militaire unilatérale ou de croire qu'existe une solution simple».

«Ce qui se passe en Syrie est bouleversant et scandaleux», a-t-il jugé.
2 commentaires
  • SusanK - Inscrit 8 mars 2012 10 h 26

    D'accord avec Joseph Louis

    Qui sommes-nous pour décider de la direction d'un pays alors que les rebelles ne forment que 50% de la population et l'autre moitié veut garder Assad.

    De plus, ce dont personne ne parle, est le début des massacres des Chrétiens par ces mêmes rebelles. Le mois passé, plus de 230 Chrétiens furent massacrés et la semaine passé, un monastère fut attaqué. Vous n'avez qu'à regarder les vidéos qui sortent de la Syrie et à examiner attentivement les rebelles. Ce ne sont pas des enfants de choeur.

    On a fait l'erreur de bombarder la Yougoslavie sans en connaître les conséquences: le Kosovo sera bientôt islamique et les quelques Chrétiens restants sont terrorisés quotidiennement et fuient pour leur vie.

    La même histoire pour tous les pays nord-africains.

    Il faut donc les laisser aller.

  • Gilbert Talbot - Abonné 8 mars 2012 10 h 31

    La sagesse d'Obama et le martyr d'un peuple.

    Un peuple qui veut la paix et la démocratie sur son territoire. Un peuple qui en a marre du tyran qui le torture depuis des années. Un peuple qui veut rejoindre la communauté internationale des nations démocratiques. C'est un peuple qui meurt sous le feu de sa propre armée.

    Obama a les mains liées, cette fois-ci par la Chine et l'URSS. Obama veut jouer la carte du multilatéralisme dans les relations internationales. Il ne veut plus être le seul gendarme mondial. Obama ne veut pas non plus envenimer le conflit du Moyen Orient en l'étendant aux portes de l'Iran. Et pour cela, il a refusé à nouveau de bombarder l'Iran. La Turquie de son côté demande l'ouverture de corridors humanitaires pour permettre aux civils femmes et enfants de se réfugier en Turquie. la Croix-Rouge et le Croissant Rouge demandent l'accès aux quartiers bombardés, une trève pour aller soigner les blessés.

    Bachar-El-Assad dit non à toutes ses demandes. Il a l'appui de deux colosses, la Chine et la Russie, pour faire le ménage, pas seulement en nettoyant la maison de ses «terroristes», mais en tuant tout le monde, femmes et enfants inclus et en détruisant la maison elle-même. Jusqu'à quand va -t-on tolérer cela ?