La sécurité des centrales nucléaires mise en cause

La centrale nucléaire de Cruas-Meysse, située à proximité du Rhône
Photo: Philippe Desmazes Agence France-Presse La centrale nucléaire de Cruas-Meysse, située à proximité du Rhône

Paris — Un livre à paraître mercredi met en cause la sûreté des centrales nucléaires françaises, évoquant notamment des fissures sur les cuves de plusieurs réacteurs, ce que l’opérateur énergétique français EDF a démenti lundi en menaçant les auteurs de poursuites.

 

« L’accident grave devient, non plus possible, mais probable », écrivent les journalistes Thierry Gadault et Hugues Demeude dans leur livre Nucléaire : danger immédiat à paraître mercredi chez l’éditeur Flammarion.

 

Les auteurs indiquent que des fissures avaient été découvertes sur le réacteur numéro un de la centrale du Tricastin, dans le sud-est de la France, dès avant sa mise en service et que, « au cours de la troisième visite décennale, les études ont révélé trois fissures qui n’avaient pas été notées avant ».

 

Le Tricastin est ainsi qualifié de « pire centrale du pays » pour un ensemble de problèmes. La centrale avait été mise provisoirement à l’arrêt l’an dernier à la suite d’une demande de l’Autorité française de sûreté nucléaire (ASN) pour renforcer une digue jugée trop fragile au nord de l’installation.

 

L’ouvrage indique par ailleurs que « les autorités belges ont mis en évidence des milliers de fissures dans des endroits non inspectés en France », en raison de bulles d’hydrogène prisonnières du métal. En France, des analyses ont ensuite permis d’établir que « six cuves sont fragilisées par des fissures de même type que les défauts belges », écrivent les auteurs.

 

EDF réfute en bloc

 

EDF a aussitôt démenti en affirmant qu’aucun nouveau problème n’avait été détecté sur le parc nucléaire français, composé de 58 réacteurs.

 

« Un certain nombre de choses sont vraies et connues depuis longtemps », a indiqué Dominique Minière, directeur du parc nucléaire et thermique d’EDF, lors d’une conférence téléphonique. « Après il y a un certain nombre de faits qui sont présentés comme nouveaux et ceux-là […] sont faux », a-t-il affirmé.

 

Concernant le Tricastin 1, « rien de nouveau » n’y a ainsi été mis en évidence lors de la troisième visite décennale, selon lui.

 

EDF a par ailleurs publié un communiqué pour affirmer que « la sûreté nucléaire est sa priorité absolue ». L’opérateur énergétique indique qu’il se réserve le droit « d’entamer des poursuites, y compris en diffamation ».

 

Contactée par l’AFP, l’ASN n’a pas souhaité faire de commentaire dans l’immédiat. « L’ASN souhaite prendre connaissance du contenu de l’ouvrage avant toute prise de parole », indique le gendarme du nucléaire.

 

Son président, Pierre-Franck Chevet, avait jugé fin janvier que le contexte en matière de sûreté nucléaire en France « est en amélioration, moins préoccupant ».

 

Les députés français de la majorité ont par ailleurs récemment lancé une commission d’enquête « sur la sûreté et la sécurité » des installations nucléaires, qui doit se pencher aussi bien sur les risques d’accident que d’actes de malveillance.