Madrid alerte l’Europe de «manipulations russes» dans la crise catalane

«Un grand nombre de ces actions [de désinformation] venaient du territoire russe», a affirmé la ministre espagnole de la Défense, María Dolores de Cospedal. 
Photo: John Thys Archives Agence France-Presse «Un grand nombre de ces actions [de désinformation] venaient du territoire russe», a affirmé la ministre espagnole de la Défense, María Dolores de Cospedal. 

Les ministres espagnols des Affaires étrangères et de la Défense ont alerté lundi, lors d’une réunion avec leurs homologues de l’UE, sur des « désinformations » sur Internet concernant la crise catalane, originaires selon eux du « territoire russe ».

 

« J’aborderai la question de [...] comment des désinformations et manipulations se sont développées autour du référendum et des évènements qui ont suivi en Catalogne », a expliqué le ministre des Affaires étrangères, Alfonso Dastis, en arrivant à la réunion à Bruxelles.

 

Les chefs de la diplomatie des 28, qui déjeunent avec leurs homologues de la Défense, doivent notamment débattre des efforts de l’Union européenne pour contrer la « désinformation » venant de Russie, mais également à l’oeuvre selon eux dans les pays arabes ou dans les Balkans.

 

Il y a certaines entités [...] qui essaient d’interférer dans les politiques nationales, qui essaient d’affecter et de créer des situations instables en Europe, nous avons l’obligation de le dire clairement.

 

« Il a été prouvé » que la Russie a tenté d’interférer dans la crise catalane sur les réseaux sociaux, a assuré M. Dastis.

 

« Un grand nombre de ces actions venaient du territoire russe », a abondé la ministre espagnole de la Défense, María Dolores de Cospedal. « Nous sommes dans une phase d’analyse et de prospective » et donc « il ne peut être affirmé avec une certitude totale que c’est le gouvernement russe. Mais elles viennent du territoire russe » et certaines actions ont été « répliquées depuis le territoire vénézuélien », a-t-elle insisté.

 

« Il y a certaines entités, qui peuvent être publiques ou privées, qui essaient d’interférer dans les politiques nationales, qui essaient d’affecter et de créer des situations instables en Europe, nous avons l’obligation de le dire clairement, pour que l’opinion publique le sache, et de lutter contre cela », a-t-elle estimé.

 

« Ces situations de désinformation et de manipulation se posent dans d’autres zones, pas seulement sur notre flanc oriental », a indiqué M. Dastis.

 

Jusqu’ici, les inquiétudes en la matière provenaient surtout de pays de l’est de l’Europe. Mais depuis les révélations sur la campagne électorale américaine de 2016, que la Russie est accusée d’avoir voulu influencer en faveur de Donald Trump, et après des incidents en Allemagne et lors de la présidentielle française, cette question préoccupe l’ensemble des pays de l’UE.

 

Les éditions hispanophones de médias russes réputés proches du Kremlin, RT et Sputnik, ont été accusées notamment par le quotidien El Pais d’avoir fait « campagne » pour « l’indépendantisme catalan ».

 

La Haute Représentante de l’UE, Federica Mogherini, a expliqué lundi tabler sur un soutien des 28 « pour augmenter le budget pour la communication stratégique, particulièrement pour les groupes de travail ». Ces deux unités en langue russe et arabe débusquent les fausses nouvelles et répondent aux assertions fausses concernant l’UE sur les réseaux sociaux et dans les médias.

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 13 novembre 2017 10 h 39

    Franchement...

    Je dirais que le Québec aussi est intervenu dans la crise espagnole par les interventions spontanées de nombreux citoyennes et citoyens, scandalisés par la rudesse, la brutalité et l'absence complète et totale de respect envers ses concitoyens catalans et leur gouvernement régional démocratiquement élu.

    Tant mieux si d'autres citoyens de la planète ressentent aussi cette injustice et cet impérialisme du gouvernement espagnol, évocateur de la période franquiste d'une partie importante du vingtième siècle.

    L'Europe aurait dû s'exprimer pour modérer les transports de Rajoy et tempérer l'extrémisme de ses actions unilatérales, mais elle garde un silence complice.

    Décidément, les gouvernements de la Terre semblent voguer vers un melting pot où la diversité culturelle, politique et sociale sera anathème.

    Un jour pas loin, l'industrie touristique devra se réajuster et ne compter que sur des facteurs climatiques. Tout le reste ne sera que folklore quétainisé et mise en scène virtuelle.

    • Donald Bordeleau - Abonné 14 novembre 2017 23 h 15

      Couler sur le dos du canard.

      Un air connu comme ici au Québec pour des pertes de 4 milliards par ans sur les contrats publics du gouvernement et des villes du Québec sous le règne du PLQ. On ne parle pas aussi des commandites pour gaspiller plus 1.2 milliards de fond public.

      De 2003 à 2012, la proximité des entrepreneurs avec les fonctionnaires des villes et des ministères ont souvent faits gonflés les coûts de 30 % pour payer la cote de 3% Trépanier et etc ... Ici il faut voir l'image ou à Laval et à MTL il a fallu plusieurs coffres forts pour ranger les millions pour la caisse Occulte.

      L'ancien intendant et trésorier du parti, Luis Barcenas, un proche de Rajoy, a déjà reconnu l'existence d'une «caisse noire» permettant de verser des compléments de salaires aux principaux dirigeants du parti. Un peu comme la caisse occulte du PLQ, dont l'argent de la corruption payait un salaire supplémentaire à Monsieur Charest pour 10 ans, soit 750,000$.

      Luis Barcenas, l’ancien trésorier du PP, le gardien d’une comptabilité parallèle présumée nourrie de pots-de-vin obtenus en échange de contrats publics. En 2013, quelques jours après que la presse publie que près de 50 millions d’euros auraient transité sur ses comptes en Suisse, Mariano Rajoy lui avait envoyé un SMS court mais éloquent : « Luis, soit fort ».

      Cette phrase a poursuivi Mariano Rajoy ces dernières années. Comme une certaine enquête Mâchurer


      En savoir plus sur

      http://www.lefigaro.fr/international/2017/07/27/01

  • Jacinthe Lafrenaye - Abonnée 13 novembre 2017 11 h 05

    L'ingérence vient aussi des États-Unis.

    Comment ne pas qualifier d'ingérence les États-Unis qui prônaient l'unité du Canada en période référendaire de 1995?

    Comment ne pas qualifier d'ingérence le président Obama qui disait de voter pour Macron?

    Comment ne pas qualifier d'ingérence Nicolas Sarkozy qui est venu décorer Paul Desmarais en se disant contre l'indépendance du Québec?

    Et il y en a sûrement d'autres... comme Justin Trudeau qui a dit préférer une Espagne unie.

  • Sylvain Lévesque - Abonné 13 novembre 2017 12 h 06

    désinformation ?

    Tenter de camoufler la turpitude du gouvernement espagnol envers la poussée indépendantiste de la Catalogne, en invoquant l'influence russe... on aura tout vu ! La désinformation la plus sérieuse émane de l'état espagnol et de ses organes de presse. Si on trouve quelques groupuscules sympathiques à la cause catalane à travers le monde, c'est insignifiant en comparaison de l'immense silence qui s'est fait entendre dans les capitales d'Europe et d'ailleurs face aux excès autoritaristes de l'Espagne.

    • Donald Bordeleau - Abonné 14 novembre 2017 23 h 19

      Une belle diversion de Rajoy pour faire oublier les abus de corruption?

      Rappelons que le budget annuel de la Catalogne est de 29,7 milliards d’euros, pratiquement la moitié du volume global de la corruption liée au pouvoir de Madrid.

      Ce niveau record de corruption, alors que les infrastructures manquent en Catalogne, est l’un des motifs du mouvement indépendantiste. Les Catalans pensent qu’ils peuvent s’administrer mieux que ne le fait le gouvernement central.

      Ces problèmes de corruption peuvent aussi expliquer les actions actuelles de Madrid contre la Catalogne : lorsqu’on parle de la Catalogne, on ne parle plus de la corruption à Madrid. Un joli contre-feu en quelque sorte pour Mariano Rajoy.


      Si les Catalans décidaient de sortir le parti politique le plus corrompu de l'Europe du pouvoir en Catalogne !

      https://www.lasemaineduroussillon.com/2017/09/22/plus-de-45-milliards-de-de-corruption-annuelle-rajoy-a-tete-parti-politique-plus-corrompu-deurope/

  • François Beaulne - Abonné 13 novembre 2017 13 h 11

    Franchement!

    Elle nous prend pour des valises cette dame!

  • René Bourgouin - Inscrit 13 novembre 2017 13 h 50

    La nouvelle mode

    Voilà la nouvelle mode pour les "élites" paranoïaques pour qui les choses ne vont pas dans le sens où elles le voudraient: c'est à cause des Russes.