Manifestations contre l’incarcération de deux dirigeants indépendantistes catalans

Des manifestations brandissent des pancartes en faveur de la «liberté» lors d'un rassemblement éclairé à la chandelle, mardi soir, à Barcelone.
Photo: Lluis Gene Agence France-Presse Des manifestations brandissent des pancartes en faveur de la «liberté» lors d'un rassemblement éclairé à la chandelle, mardi soir, à Barcelone.

Barcelone et Madrid — Des milliers de Catalans sont descendus dans la rue mardi pour protester contre la mise en détention de deux importants responsables indépendantistes inculpés de sédition, alors que la crise entre Madrid et les séparatistes est de plus en plus aiguë.

 

En début de soirée, des dizaines de milliers de personnes s’étaient rassemblées sur l’une des plus grandes intersections de la ville armées de bougies et criant « Llibertat, Llibertat, Llibertat ». Elles étaient 200 000 selon la police municipale.

 

« Les corrompus sont toujours libres et des personnes qui organisent des manifestations civilisées, pacifiques, on les met en prison », s’indignait Maria Miracle, une manifestante de 77 ans. « Ils veulent nous effrayer pour que l’on arrête de penser à l’indépendance, mais ils obtiennent tout le contraire », disait aussi Elias Houariz, un pâtissier de 22 ans.

 

À midi, des milliers d’employés avaient déjà quitté sous un ciel bleu leur poste de travail pour observer quelques minutes de silence et réclamer « la libération des prisonniers politiques ». Le président séparatiste catalan Carles Puigdemont et la maire de Barcelone Ada Colau ont fait de même.

 

Ces manifestations surviennent alors que le délai accordé par Madrid à Carles Puigdemont pour qu’il renonce officiellement à ses desseins séparatistes s’épuise : il a jusqu’à jeudi à 10 h (8 h GMT). S’il ne recule pas, le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy pourrait suspendre totalement ou partiellement l’autonomie de la Catalogne, au risque d’agiter encore la rue.

 

Les deux responsables indépendantistes incarcérés lundi soir sont Jordi Cuixart et Jordi Sanchez. Ils dirigent les deux principales associations indépendantistes de Catalogne, Omnium Cultural et l’Assemblée nationale catalane (ANC), à l’énorme capacité de mobilisation.

 

Toujours sur le front judiciaire, la Cour constitutionnelle espagnole a définitivement annulé, a posteriori, la loi catalane organisant le référendum. Dans son arrêt, elle souligne qu’il n’existe pas un « droit à l’autodétermination » pour les « peuples d’Espagne ». Carles Puigdemont laisse toujours planer la possibilité d’une déclaration unilatérale d’indépendance, alors que M. Rajoy refuse tout dialogue tant que les séparatistes ne lèveront pas cette menace.

 

Les événements secouent même la planète foot. Mardi, un important appel d’offres sur les droits de télédiffusion du Championnat d’Espagne à l’international a été différé d’environ deux semaines en raison de l’inquiétude suscitée par une possible exclusion du FC Barcelone en cas de déclaration d’indépendance.

Photo: Gabriel Bouys Agence France-Presse Jordi Sanchez et Jordi Cuixart dirigent respectivement l’Assemblée nationale catalane (ANC) et Omnium Cultural.

La Cour constitutionnelle espagnole invalide le référendum catalan

Le plus haut tribunal d’Espagne a tranché mardi que le référendum sur l’indépendance de la Catalogne était illégal, puisque la loi qui en a permis l’organisation était inconstitutionnelle.

 

Le parlement régional de la Catalogne avait adopté au début du mois de septembre cette « loi référendaire sur l’autodétermination ». Un référendum sur l’indépendance de la région a ensuite été organisé le 1er octobre. Le « oui » l’aurait emporté, et les dirigeants catalans affirment que cela leur donne le mandat de se séparer du reste de l’Espagne.

 

La Cour constitutionnelle d’Espagne avait précédemment temporairement suspendu la loi pendant qu’elle étudiait les objections du gouvernement.

 

Dans la décision dévoilée mardi, le tribunal explique que la loi va à l’encontre de la souveraineté nationale et de « l’unité indissoluble de la nation espagnole ».

 

Le tribunal a ajouté que la session parlementaire pendant laquelle la loi a été adoptée était elle aussi illégale.

 

Un porte-parole du gouvernement catalan a dit ne pas être surpris par cette décision. Jordi Turull a accusé Madrid d’utiliser le pouvoir judiciaire pour interférer avec le pouvoir législatif.

Aritz Parra et Ciaran Giles
1 commentaire
  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 18 octobre 2017 12 h 57

    Les "supposés grands de ce Monde"

    entendons par là : politichiens...banqueroutiers..et autres bandes-dits de haute voltige et du monde escronomique....sont d'une petitesse si basse qu'ils font concurrence aux vers de terre.

    Refuser à un peuple de se prononcer librement sur son destin...c'est baffouer la libre expression , renier l'égalité qu'ont eu les peuples, les autres nations du Monde de faire de même un jour et, agir en lâche vis à vis une fraternité d'hommes et de femmes qui veulent se prendre en main et réussir leur destin.

    Visca Catalunya lliure !