La police sommée d’empêcher le référendum en Catalogne

Carles Puigdemont a pour sa part demandé lors d’un entretien à la radio catalane Rac1 qu’on laisse les Mossos d’Esquadra «tranquilles».
Photo: Lluis Gene Agence France-Presse Carles Puigdemont a pour sa part demandé lors d’un entretien à la radio catalane Rac1 qu’on laisse les Mossos d’Esquadra «tranquilles».

Barcelone — Le parquet de Catalogne a ordonné mardi à tous les corps de police de cette région espagnole d’empêcher le référendum d’autodétermination convoqué par le gouvernement régional indépendantiste et interdit par la justice.

 

Dans un document diffusé dans la matinée, le parquet (l’équivalent du bureau du procureur général) s’adresse à « toutes les unités de police », la Garde civile, la police nationale et les Mossos d’Esquadra, dépendant du gouvernement catalan, et leur ordonne d’agir contre les autorités, fonctionnaires ou particuliers « afin d’éviter la commission de délits ».

 

« Les fonctionnaires de police […] adopteront directement les mesures nécessaires pour saisir les moyens ou instruments destinés à préparer ou à organiser le référendum illégal », peut-on lire à propos du scrutin prévu le 1er octobre.

 

Parmi ces mesures, le parquet évoque la saisie des « urnes, enveloppes électorales, manuels d’instructions pour les assesseurs des bureaux de vote, formulaires électoraux, propagande électorale, éléments informatiques, ainsi que tout autre matériel de diffusion, de promotion ou d’exécution du référendum illégal ».

 

Le gouvernement régional présidé par le séparatiste Carles Puigdemont a convoqué le 6 septembre un référendum d’autodétermination et se montre déterminé à l’organiser en dépit de son interdiction par la Cour constitutionnelle et l’opposition du gouvernement central de Mariano Rajoy.

 

Le parquet a requis des poursuites contre M. Puigdemont et chaque membre de son gouvernement, les accusant de désobéissance, de prévarication et de malversation de fonds publics, ce dernier délit entraînant des peines allant jusqu’à huit ans de prison.

 

Il a également demandé la fermeture du site Internet faisant la promotion du référendum, et aux médias de ne pas diffuser de publicité institutionnelle liée au référendum.

 

Cela met notamment les Mossos d’Esquadra dans une situation compliquée, puisque le parquet leur ordonne d’agir contre le gouvernement régional dont ils dépendent directement.

 

« Les Mossos sont là pour servir tous les citoyens, pas quelques-uns », a déclaré dans la matinée le ministre espagnol de la Justice, Rafael Catala, à la télévision publique.

 

Carles Puigdemont a pour sa part demandé lors d’un entretien à la radio catalane Rac1 qu’on laisse les Mossos d’Esquadra « tranquilles ».

Bagdad hostile à la consultation kurde

Bagdad — Le Parlement irakien a exprimé mardi son opposition catégorique au référendum sur l’indépendance du Kurdistan, à moins de deux semaines de la tenue de cette consultation à l’origine de remous dans la région. De son côté, le Parlement du Kurdistan, qui n’a pas siégé depuis plus de deux ans, a annoncé qu’il se réunirait jeudi afin de voter pour le référendum annoncé en juin par le président de la région autonome, Massoud Barzani. La consultation est prévue le 25 septembre dans cette région du nord de l’Irak, qui bénéficie depuis 1991 d’une autonomie qui s’est élargie au fil des ans. Les responsables kurdes ont affirmé qu’une victoire du Oui n’entraînerait pas aussitôt l’annonce de l’indépendance, mais leur permettrait de lancer, en position de force, de nouvelles négociations avec le pouvoir à Bagdad. Les autorités fédérales n’ont cessé de répéter ces derniers mois que la consultation était contraire à la Constitution.
2 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 13 septembre 2017 05 h 37

    Le choix de Madrid

    La police, les tribunaux et l'armée sont les trois pouvoirs répressifs de l'Etat.

    Madrid a décidé de se servir de ses pouvoirs répressifs pour étouffer l'expression démocratique des Catalans. Apparemment, Madrid préfère l'insurrection armée. C'est son choix...

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 13 septembre 2017 09 h 20

    On se croirait...

    revenus aux temps de Franco ! Très déçue de la population espagnole, non catalane,
    qui ne réagit pas aux décisions, du gouvernement Rajoy, de reprendre les moyens de la dictature franquiste et, provoque ainsi un climat de tensions sans pareil.