L’horreur frappe Londres à nouveau

La police londonienne a rapidement été dépêchée sur les lieux de l’incident.
Photo: Daniel Leal-Olivas Agence France-Presse La police londonienne a rapidement été dépêchée sur les lieux de l’incident.

Londres a été le théâtre d’un nouveau drame dans la nuit de dimanche à lundi alors qu’un véhicule est entré en collision avec des piétons dans le nord-est de la capitale britannique, faisant un mort et huit blessés, selon les autorités locales qui ont confirmé avoir arrêté un homme sur les lieux.


La police a chargé son unité antiterroriste de l’enquête, ont indiqué les autorités en milieu de nuit. 
 

« La police a été appelée juste après 00 h 20 après le signalement qu’un véhicule était entré en collision avec des piétons », a précisé la police métropolitaine de Londres dans un communiqué.


Une douzaine d'ambulances ont rapidement été envoyées sur le chemin Seven Sisters, près du parc Finsbury, où l’incident qualifié de « majeur » a eu lieu. Un périmètre de sécurité a été érigé tout autour du parc et la rue a été complètement fermée à la circulation.

 


Mosquée visée ?
 

L’incident se serait déroulé près d’une mosquée, ont indiqué plusieurs associations musulmanes dont le Conseil musulman du Royaume-Uni (MCB). « Nous avons été informés qu’une camionnette avait percuté des fidèles alors qu’ils quittaient la mosquée de Finsbury Park. Nos prières vont aux victimes », a précisé le MCB sur son compte Twitter.
 

Harun Khan, à la tête de l'organisation, a ensuite affirmé sur son compte Twitter que le véhicule avait « intentionnellement » foncé sur les fidèles qui quittaient la mosquée.
 

L’association musulmane de défense des droits de l’homme Cage a quant à elle dénoncé « la hausse rampante de l’islamophobie » et appelé « au calme ».


En pleine période de ramadan, les musulmans pratiquants se rendent à la mosquée après l’Iftar, la rupture du jeûne à la tombée de la nuit. Une prière a lieu aux alentours de minuit.

 

La mosquée de Finsbury Park était connue, au début des années 2000, pour être un haut lieu des militants islamistes de Londres qui venaient écouter les prêches enflammés d’Abou Hamza. Ce dernier a été condamné à la prison à perpétuité en janvier 2015 aux États-Unis pour onze chefs d’inculpations liés à une prise d’otages et pour terrorisme.

Même si la direction de la mosquée a changé depuis, plusieurs lettres de menaces ont été reçues après les attentats à Paris en novembre 2015.

 
Une scène «horrible»
 

David Robinson, 41 ans, a raconté à l’Agence France-Presse avoir vu « de nombreuses personnes crier et beaucoup de blessés » lorsqu’il est arrivé devant la mosquée, qui aurait été, selon lui, la principale cible.

 

Un autre témoin de 19 ans, qui n’a pas voulu décliner son nom, a dit avoir vu une « camionnette blanche avec trois hommes à bord ».

 
Les autorités n’ont pas indiqué le nombre exact de blessés, mais selon plusieurs témoins sur place ils seraient entre trois et dix. Certains se sont vite tournés vers les réseaux sociaux pour décrire la scène « horrible » qui se déroulait devant leurs yeux. « Horrible de voir des policiers faire des massages cardiaques à des gens allongés par terre en espérant désespérément les sauver », a écrit sur Twitter Cynthia Vanzella.
 

Une enquête a été ouverte pour déterminer si l'incident est de nature accidentelle ou volontaire. Il est « trop tôt pour dire » si la collision est une attaque terroriste, a précisé un policier sur les ondes de CNN. 

Évoquant « un événement terrible », la première ministre Theresa May a dit que « ses pensées étaient avec les blessés, leurs proches et les secours sur place ». Le chef de l’opposition travailliste, Jeremy Corbyn, s’est quant à lui dit « totalement choqué » par cet événement, sur Twitter.

 

Multiplication des attaques

 

Ce nouveau drame est survenu dans un climat déjà très tendu au Royaume-Uni, où trois attentats ont été commis ces trois derniers mois. Deux d’entre eux impliquaient des véhicules ayant foncé sur des piétons.

 

Le 22 mars, un Britannique de 52 ans, Khalid Masood, converti à l’islam et connu des services de police, avait blessé plusieurs personnes en lançant sa voiture de location sur le trottoir du pont de Westminster dans le centre de Londres, avant de poignarder à mort un policier devant le parlement. En tout, cinq personnes ont perdu la vie.

 

Exactement deux mois plus tard, le 22 mai, la ville de Manchester était la cible d’un attentat-suicide revendiqué par le groupe armé État islamique. L’attaque, qui s’est déroulée à la sortie d’un concert de la chanteuse américaine Ariana Grande, a fait 22 morts et une centaine de blessés. L’auteur, Salman Abadi, était un Britannique de 22 ans d’origine libyenne.

 

Loin d’être au bout de ses peines, le pays a subi une autre attaque sur le London Bridge dans la nuit du 3 au 4 juin. Trois assaillants à bord d’une camionnette ont foncé sur la foule et poignardé plusieurs personnes à Borough Market avant d’être abattus par la police. Huit personnes ont trouvé la mort, dont une Canadienne.

4 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 19 juin 2017 03 h 50

    le monde est-il en train de faire un retour en arrière

    les anglais ayant étés le foyer du libéralisme est-il en train de devenir le foyer de l'intolérance, bizarre ce retour de situation, serait-ce que plusieurs n'acceptent pas qu'ils deviennent maintenant anti européen,qui dans les faits est une positiond'extrème droite

    • Danièle Jeannotte - Abonnée 19 juin 2017 08 h 20

      Peut-être que le communautarisme pratiqué au R-U est une forme d'exclusion en dépit des apparences : on veut bien que les membres des communautés culturelles conservent leur culture et pratiquent leur religion pourvu qu'ils restent entre eux et qu'ils dérangent le moins possible. C'est une société fortement hiérarchisée où les écarts sont grands et ce n'est pas parce qu'on y autorise toutes les pratiques religieuses qu'on y est forcément plus accueillant. Comme en Amérique du Nord, ce faux libéralisme provoque des frustrations et des désirs de vengeance. L'épisode du Brexit en est la preuve : n'oublions pas qu'une députée a été tuée, ce qui montre bien la violence des sentiments anti-immigration. Les Britanniques veulent bien que les marchandises circulent librement mais les personnes, beaucoup moins.

    • Christian Labrie - Abonné 19 juin 2017 16 h 09

      Qu'est-ce qui est une position d'extrème droite? Être anti-europėen, ou ne pas accepter qu'ils deviennent anti-europėen?

  • Serge Lamarche - Abonné 19 juin 2017 18 h 09

    terroriste anti-terroriste

    Appeler toutes les attaques «terrorisme» devient mélangeant. Une attaque des musulmans comme celle-ci est une revanche des attaques par ISIS. Les attaques d'ISIS sont des revanches pour les bombardements. Les bombardements sont des revanches contre les abus d'ISIS. Les abus d'ISIS sont des revanches contre les autres musulmans qui les abusaient sous les dictateurs surtout en Iraq et ont été libéré par les bombardements par les USA en particulier. Ces dictateurs étaient certainement un revanche d'abus précédents mais là il faudrait un cours d'histoire pour y remonter. Mais on voit que si la situation dégénérerait assez, la solution serait une bonne dictature en angleterre. La boucle serait alors bouclée.
    Pour sortir de la boucle, il faudrait attaquer la source de tous les problèmes: la psychopathie!