Trois ans de prison pour un ex-ministre

L’ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac à été condamné pour fraude fiscale et blanchiment.
Photo: Philippe Lopez Agence France-Presse L’ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac à été condamné pour fraude fiscale et blanchiment.

La justice française a condamné jeudi l’ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac à trois ans de prison pour fraude fiscale et blanchiment dans le cadre du scandale le plus retentissant du mandat présidentiel de François Hollande.

 

L’ancien héraut de la lutte contre l’évasion fiscale, qui a notamment détenu un compte secret en Suisse, s’est également vu infliger une peine de cinq ans d’inéligibilité et son ex-épouse Patricia a été condamnée à deux ans de prison, conformément aux réquisitions lors du procès en septembre.

 

À l’énoncé de la peine, l’ex-ministre, 64 ans, est resté immobile, comme écrasé par la sévérité du jugement. Son avocat, Jean Veil, a annoncé peu après qu’il faisait appel, jugeant que la prison n’est pas une « sanction véritablement adaptée ».

 

Le tribunal a sanctionné une « faute pénale d’une exceptionnelle gravité » d’un homme qui « incarnait la politique fiscale de la France » et s’est « enraciné dans la fraude », a expliqué le juge, Peimane Ghaleh-Marzban.

 

Relevant « l’automaticité et la fluidité avec lesquelles les choses se mettent en place » quand Jérôme Cahuzac demande plus de discrétion et un transfert de ses avoirs de Suisse vers Singapour, le tribunal a sanctionné la banque genevoise Reyl, son patron, François Reyl, et un ex-avocat chargé du montage financier, Philippe Houman.

 

L’établissement a été condamné à l’amende maximale pour blanchiment, 1,875 million d’euros, mais a échappé à une interdiction d’exercer toute activité bancaire en France, requise par le parquet. François Reyl et Philippe Houman ont été condamnés à un an de prison avec sursis et 375 000 euros d’amende.

 

Ce scandale est le pire accroc à la « République exemplaire » promise par M. Hollande pendant sa campagne pour se démarquer de Nicolas Sarkozy, dont le nom est cité dans plusieurs affaires judiciaires.