Les États-Unis évitent une nouvelle paralysie budgétaire

<p>Le texte devrait mettre un terme à une saga budgétaire qui dure depuis quatre mois.</p>
Photo: Brendan Smialowski Agence France-Presse

Le texte devrait mettre un terme à une saga budgétaire qui dure depuis quatre mois.

Après un « shutdown » de plus de huit heures, le Congrès américain est enfin arrivé à un accord budgétaire crucial, même si démocrates et républicains restent frustrés par les compromis consentis par leur camp et que le sort de centaines de milliers de jeunes immigrés reste en suspens.

 

Ce texte, ratifié par Donald Trump vendredi matin, prolonge jusqu’au 23 mars le financement de l’administration fédérale, pour que le budget tant attendu soit enfin mis sur les rails et que les élus transforment cet accord budgétaire ponctuel en proposition de loi pérenne.

 

Grâce à cet accord, le président a maintenant la possibilité de tenir une de ses promesses de campagne, le gonflement du budget militaire, en augmentant le plafond de la dette jusqu’en mars 2019.

 

« Je viens de signer le Texte. Notre Armée sera maintenant plus forte que jamais », a ainsi tweeté le milliardaire à 8 h 39, mettant ainsi fin à la fermeture partielle de l’administration, en cours depuis minuit. Très tôt dans la matinée, la Chambre des représentants a approuvé la proposition de loi (240 voix contre 186) votée plus tôt dans la nuit par le Sénat (71 voix contre 28).

   

« Sans plus de républicains au Congrès, nous avons été obligés d’augmenter nos dépenses pour des choses que nous ne voulons pas ou n’aimons pas pour enfin, après de nombreuses années de dégradation, prendre soin de notre Armée. Malheureusement, nous avons eu besoin de votes démocrates. Nous devons élire plus de républicains lors de l’élection [législative] de 2018 ! » a-t-il également écrit sur le réseau social.

   

Certains républicains voient cependant d’un mauvais œil cette hausse globale du budget, qui pourrait atteindre 300 milliards de dollars sur les deux prochaines années, estimant qu’elle va considérablement augmenter la dette du pays, alors qu’une loi sur une baisse massive des impôts vient d’être votée. Le libertarien Rand Paul a ainsi bloqué pendant plusieurs heures le scrutin jeudi soir pour s’opposer au relèvement du plafond de la dette.

 

« Je ne peux pas en toute honnêteté et en toute bonne foi regarder ailleurs, car mon parti est maintenant complice des déficits », avait lancé M. Paul, dénonçant « l’hypocrisie » de ses collègues républicains qui avaient refusé le relèvement du plafond de la dette demandé par Barack Obama.

 

Une victoire partielle pour les démocrates

 

Les démocrates ont pour leur part obtenu une hausse comparable pour les dépenses non militaires comme la lutte contre la drogue, la couverture maladie des enfants pauvres, les investissements dans les infrastructures, ou une aide de 90 milliards de dollars pour les États ravagés par les ouragans et incendies en 2017.

 

« Ce budget fait les deux, financer notre armée et la classe moyenne, [qui a] depuis des décennies soufferte d’une austérité inutile que le Congrès s’est lui-même imposée », avait affirmé jeudi Chuck Schumer, le chef des démocrates au Sénat.

 

Mais l’opposition a échoué sur un sujet pourtant crucial à ses yeux : la régularisation à terme des centaines de milliers de clandestins, les « Dreamers » (rêveurs), dont l’avenir est au cœur de la balance politique depuis plusieurs semaines.

 

Barack Obama avait permis à quelque 690 000 d’entre eux d’obtenir des papiers temporaires leur permettant d’étudier et de travailler en toute légalité aux États-Unis.

 

Il y a trois semaines, les démocrates avaient déjà essayé de lier le sort de ces jeunes, entrés illégalement dans le pays alors qu’ils étaient enfants, à un accord budgétaire. Peine perdue, cela avait (déjà) conduit à un « shutdown » de trois jours.

 

Session de rattrapage

 

Au terme d’une journée à rebondissements, les sénateurs ont dû convoquer une session de rattrapage jeudi soir après avoir passé minuit, l’heure à partir de laquelle le gouvernement ne disposait plus des crédits pour fonctionner.

 

La présidence du Sénat a dû suspendre la séance à minuit, pour en ouvrir une nouvelle une minute plus tard et convoquer un vote. La Chambre des représentants a voté le même texte peu après 5 h 30.

 

Jeudi dans l’après-midi, la direction du budget de la Maison-Blanche avait présagé d’un échec et demandé aux différentes agences gouvernementales de « se préparer à une interruption des crédits », selon un haut responsable.

 

Le chef de la majorité sénatoriale, le républicain Mitch McConnell, et son homologue démocrate, Chuck Schumer, avaient pourtant trouvé mercredi un terrain d’entente sur les montants des budgets 2018 et 2019, permettant au gouvernement de planifier à long terme ses dépenses et investissements.